Prieuré fontevriste de Foicy

Foicy

Com. St-Parres-aux-Tertres

Cant. et Arr. Troyes

Aube, 10

Diocèse de Troyes

Fondé sous Pétronille de Chemillé

 

 

I – Sources manuscrites

 

 A.D. du Maine-et-Loire

 

145 H –

145 H 1 Administration intérieure du prieuré                       1503 (copie)-1740

145 H 2 Droits divers                                                                  XVIe s.-1726

145 H 3 Domaines, procédures, comptes                              XIIIe s.-1646

 

A.D. Aube (Troyes)

Série H

Plan, procès-verbal, chartes

26 H, 27 H 1, 27 H 2, 27 H 3…

27 H 17, 21, 23 : procédures entre les dames de Foicy et les flotteurs depuis 1646 à 1651

H (027) 0001 Cartulaire, 1599.

Sous-série 27 H : Inventaire sigillographique du chartrier du prieuré de Foicy

 

Série G, Evêché de Troyes

G 864 (1365-1760) : 1729, Déclarations des biens du prieuré de Foicy

 

B.N.

Ms. Lat., 9437 : Missel du prieuré de Foicy, XIIe siècle (Leroquais abbé V, Les Sacramentaires et les missels manuscrits des bibliothèques publiques de France, tome I, 1924, pp. 294-296,  n° 146).

 

II – Bibliographie

 Almanach de la Champagne et la Brie, Faits et Accidents météorologiques avant 1790, 1853, p. 53. (Bnf gallica)

Almanach de la Champagne et la Brie, Ephémérides Troyennes, 1888, p. 78. (Bnf gallica)

BALAN Anne, Le temporel du prieuré de Longueau, ordre de Fontevraud, XIIe– XIVe siècles, Mémoire de maîtrise, Reims, 1987.

BIENVENU (Jean-Marc), Les premiers temps de Fontevraud (1101-1189). Naissance et évolution d’un Ordre religieux, Thèse pour le doctorat Es Lettres, Faculté des Lettres de l’Université de Paris-Sorbonne, Paris, 1980, pp. 244, 256 (338), 263, 322, 345, 382, 431, 432, 433, 434, 486 (152), 523 (12), 601 (286), 602.

BRUNDALBANE M. LE, Le trésor de la cathédrale de Troyes, Mémoire de la Soc. d’agriculture, sciences et arts du département de l’Aube, Imprimerie de Sainton, Troyes, 1864, SER 3, T. 1, pp. 27-77. (Bnf, gallica)

CHEVALIER Pierre, Un précédent au XVIIe siècle d’une affaire de flottage des bois. Les démêlés, 1633-1651, de Louis Berthault et consorts avec le chapitre de Saint-Pierre (de Troyes) et les dames du prieuré de Foicy (Aube), Mémoires de la Société académique de l’Aube, 1991-1992, tome 116, pp. 61-81.

CORRARD de BREBAN Antoine-Henri-François, Les rues de Troyes anciennes et modernes, Ed. Bouquot, Troyes, 1857, pp. 47, 68. (Bnf gallica)

ETIENNE Geoges, Une excursion à l’ancien prieuré de Foicy, Annuaire du département de l’Aube, 1873, pp. 75-80.

HAMON André Jean Marie, Notre-Dame de France ou histoire du culte de la Sainte-Vierge en France depuis l’origine du christianisme jusqu’à nos jours, Ed. Plon, Paris, 1861-1866, p. 477. (Bnf gallica)

LALORE abbé, Notre-Dame de Foicy, Revue catholique du diocèse de Troyes, n° 51, 1884, p. 750.

LALORE Charles, Erection canonique de la confrérie du Rosaire au prieuré de Foicy, 1577-1580, Revue catholique, 1882, pp. 535-536 LARDIER Jean, Volume III de la Saincte Famille, 1650, pp. 532, 555, 560, 581, 596, 599, 640, 676, 679, 682.

Le CLERT Louis, Carrelages vernissés, incrustés, historiés et faïencés : catalogue de la collection du musée de Troyes, 1892, p. 76, n° 222. (Bnf, gallica)

LE CLERT Louis, Catalogue de la collection sigillographique du Musée de Troyes, Mémoire de la Société d’Agriculture, Sciences et Arts du département, 1900 (T 46, SER 3), p. 131.

PAVILLON Balthazar, La vie du Bien-Heureux Robert d’Arbrissel, Paris-Saumur, 1666, p. 474, preuve 81-82.

POULAIN Jean, Dictionnaire de l’Ordre Fontevriste, C.C.O, Abbaye de Fontevraud, Janvier 2000, pp. 63-64.

ROSEROT A, Notice sur le prieuré de Foicy, Troyes, 1886.

SIMIZ Stéfano, Confréries urbaines et dévotion en Champagne, 1450-1830, Histoire Septentrion, Presses Universitaires, 2001.

SOCART Emile, Chartes inédites des cartulaires de Molême, Mémoire de la Soc. d’agriculture, sciences et arts du département de l’Aube, Imprimerie de Sainton, Troyes, 1864, SER 3, T. 1, pp. 163-365. (BNF, gallica)

SOCART Emile, Essai d’histoire généalogique de la famille Mesgrigny, Mémoire de la Soc. d’agriculture, sciences et arts du département de l’Aube, Imprimerie de Sainton, Troyes, 1866, SER 3, T. 3, pp. 41-71. (Bnf, gallica)

X, Les grandes heures de Foicy et de Saint-Parres-aux-Tertres, s. d.

X, Article sur Foicy, CCO, ss date.

X, Quelques seigneuries de l’ancien comté de Brienne, Mémoire de la Soc. d’agriculture, sciences et arts du département de l’Aube, Imprimerie de Sainton, Troyes, 1904, SER 3, T. 41, pp. 422, 423. (Bnf, gallica)

 

Foicy

Dans une garenne qui s’étend près de Troyes, sur la rive gauche de la Seine, entre la porte Saint-Jacques et le confluent de la Barse, s’élèvent une chapelle et un ermitage. L’eau abonde, les inondations sont fréquentes.

La garenne appartint, avant 1130, à Thibaud IV de Blois, appelé habituellement Thibaud II de Champagne. Il a succédé à son oncle Hugues entré en religion en 1125 dans l’Ordre des Templiers. Dans sa jeunesse, il a entendu parler de Robert d’Arbrissel qui a fait sur lui et les siens une très forte impression et c’est d’autre part le fait de sa femme Mathilde de Carinthie qui tient à mourir dans l’habit des religieuses de l’Ordre et que trois de ses filles la suivirent[1].

1129 : Renaud d’Epagne, chevalier, et Colin de Ramerupt sont témoins d’une charte de donation faite au prieuré de Foicy, par Guy du Mesnil consistant en 4 setiers de grains à prendre sur le four de Précy. Renaud d’Epagne est l’oncle d’Agnès prieure de Foicy et Colin de Ramerupt son cousin[2].

1134 : Thibaud II et avec le consentement de Mathilde, sa femme, donne aux religieuses deux fours à Troyes avec les maisons adjacentes[3]

1136 : le prieuré de Foicy est cité dans le privilège de 1136 comme devant son origine à Alix, dame de Chappes et au comte de Champagne, Thibaud II, qui, en tant que comte de Blois, quatrième du nom, avait aussi favorisé le prieuré de L’Epine-aux-Autels au diocèse de Chartres. L’abbesse Pétronille vient visiter ce prieuré accompagné d’Hugue du désert récemment rallié à Fontevraud avec ses frères de la Chaise-Dieu ; ce fut en leur présence et celle de Guy, frère de Saint-Bernard, qu’au chapitre de Saint-Martin-ès-Aires, Guillaume, abbé de cette abbaye augustine de Troyes, céda aux moniales de Foicy des terres, bois et prés à Jully-sur-Sarce[4].

1139 : sous le sceau de Geoffroi de Rochetaillé, évêque de Langres, qui constate une donation de Gauthier de Maleterre pour la dot de sa fille quand elle entra en religion à Foicy, Il promet de servir tous les ans, sa vie durant, une rente de 3000 oignons à la communauté[5]

On le trouve mentionné dans le privilège papal de 1136. Il est fondé par Alix, dame de Chappes et Thibaud II, comte de Champagne qui fondent aussi le prieuré de l’Espine-aux-Autels[6].

Mentionné dans la bulle papale d’Eugène III, du 16 septembre 1145

1159 : Henri, comte de Troyes, confirme la donation faite par son père à Foicy, des usages dans le bois d’Isles[7].

1165 : Henri le Libéral, fils et successeur du comte Thibaud II de Champagne : « Mon père donna aux moniales de Foissy sa garenne, au milieu de laquelle est une chapelle et un ermitage ; c’est là qu’elles habitèrent. Puis poussé par sa piété et son zèle, il leur construisit un monastère et une église en l’honneur de la bienheureuse marie. Pour l’entretien de ses religieuses, qui se consacraient là au service de Dieu, il leur donna des vignes et d’autres terres »

1184 : Mathilde d’Anjou (1149-1155) fait confirmer par la papauté qu’elle est indiscutablement le chef de l’Ordre tout entier, la même bulle a compensé la dépendance de l’abbesse à l’égard de l’évêque de Poitiers pour sa bénédiction. Réitérée sous Gilette (1180-1189) par Lucius III en 1184 cette dernière est respectée puisque l’évêque de Troyes, Manassès, le jour de la Saint-Thomas (21 décembre) vient bénir les vierges du prieuré de Foicy[8] : de la reine-mère de France Adèle de Champagne- fille de Thibaut II – de la « reine d’Angleterre » Marguerite de France[9] et de la demi-sœur de cette dernière, la comtesse régente de Champagne, Marie[10], qui fait à cette occasion, don de ses droits  de pécher à volonté dans l’eau de la seine jusqu’à Payns[11].

1220 : Haya, sœur de Geoffroy de Villehardouin, et damerons, sa fille, toutes deux religieuses à Foicy, abandonnent leurs droits de la dîme de Chesley en faveur des religieux de Molême. Acte ratifié en 1229 par Hugues, évêque de Langres[12].

1360 : Eléonore de Parthenay, fille de Jean de Parthenay, âgée de 27 ans rentre en religion de Saint-Benoît au Bourg de Saint-Jean à l’âge de 5 ans, y porte le voile jusqu’à l’âge de 15 ans et est reçue en religion à Fontevraud en 1451. En 1360, elle devient prieure de Foicy[13].

1453 : le 2 mars Marie de Montmorency, 24ème abbesse (1451-1457), demande à la prieure et au prieur de Foicy d’aller recevoir sœur Catherine de Saint-Amand avec le congé de son abbesse, à la requête de madame la comtesse de Vendôme et d’Harcourt[14].

 

Réformation

En 1460, Marie de Bretagne, pour réformer tout l’ordre, donne au père Guillaume Bailleul, grand prieur de Fontevraud l’ordre de visiter tout l’ordre et de rapporter un compte exact du nombre de personnes religieuses qu’il trouvera dans chaque prieuré, l’état des maisons tant pour le spirituel que pour le temporel. La ruine des bâtiments, la perte des revenus à cause des guerres avec les Anglais provoque un grand désordre dans l’ordre[15]. Nous voyons dans quel abandon se trouve la grande majorité des prieurés[16]. Le prieuré de Foicy est habité par une prieure et 8 religieuses et un prieur avec un revenu de 1800 livres[17].

Depuis un siècle, la prépondérance de Fontevraud a été accrue par le pouvoir royal, qui a décidé d’étendre à presque toute la France la réforme de Fontevraud instauré par Marie de Bretagne[18].

Foicy est réformé sous Anne d’Orléans (1477-1491)

1499 : Renée de Bourbon  (1491-1534) confirme l’élection à Foicy en la personne de Sœur Françoise du Pont[19].

 

XVIe siècle

1577-1580 : les catholiques bénéficient au XVIe siècle d’une possibilité d’enrôlement dans la Confrérie du Rosaire dressée entre 1577 et 1580 dans le prieuré de Foicy? C’est Louise de Bourbon (1534-1575) qui en fait la demande à Séraphin Caballi, général des dominicains. Au cours de la démarche apparait le nom de Jean Millet, prêtre natif de Troyes et résidant à Rome où il tient la signature des brefs apostoliques. Dés 1577, la prieure de Foicy met en place une chapelle du Rosaire. Il faut orner les murs d’une Représentation des 15 Mystères de la Vierge et fait peindre un tableau sur lequel Saint-Dominique reçoit à genoux le Rosaire de la Vierge[20] . Les Troyens peuvent s’y inscrire pour manifester à un culte contre-réformateur[21]

1542 le 18 octobre : Incendie entre 10 H et 11 H du soir, le feu pris par accident à la ramée de l’église de Foicy. Le clocher, la moitié des dortoirs et une grande quantité de joyaux et d’ornements servant à l’église sont brûlés, les cloches fondues. Mais les habitants des villages voisins sauvent les provisions du monastère[22].

En 1544, les bâtiments, incendiés avec la plupart des titres, furent rétablis avec l’aide des aumônes d’un jubilé ordonné à cet effet par le Souverain Pontife.

 

XVIIe siècle

1609 : 60 religieuses qui font jusqu’en 1793 l’édification de Saint-Parres-aux-Tertres[23].

1647 : 70 religieuses

En 1688, Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de Fontevrault, envoie une partie des reliques de Sainte-Radegonde, reine de France. Les populations environnantes venaient en foule les vénérer le lundi de Pâques. C’était une des fêtes chrétiennes les plus populaires des alentours de Troyes.

1697 le mercredi 19 juin vers 3-4 H du soir, grande pluie qui dura 3 jours et 3 nuits. Le dimanche la pluie recommence à 4 H du matin et avec violence le soir qu’il en résulte une inondation qui causa de grands ravages. Le prieuré de Foicy est submergé et 15 maisons sont ruinées[24].

 

XVIIIe siècle

1729 : dans la déclaration des biens du prieuré on apprend que le prieuré est habité par 38 religieuses (28 religieuses de chœur et 10 converses), le revenu dépasse 8000 livres[25]

1760 : plan reproduit dans la notice d’Alphonse Roserot ; il reste un pigeonnier du XVe siècle d’environ 1000 pots ; une belle grille qui remplace la porterie démolie en 1776 (inondation de 1697 et PV de 1698).

1792 :  22 religieuses vivent dans le prieuré et le revenu est de 11000 livres

 

 

XIXe siècle

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Dessin de la porte de l’ancien prieuré de Foicy, ROYER Dieudonné, fin XIXe s.. Musée des Beaux-Arts, Troyes, 088

En 1873, l’abbé Etienne Georges de Troyes, membre de plusieurs sociétés visite Foicy, « Je me reposais un jour de promenade, au bas de la colline de Saint-Parres, près du superbe pont de pierre sur lequel passe la route nationale de Troyes à Bar-sur-Aube, lorsqu’il me prit la fantaisie de visiter les ruines de l’ancien prieuré de Foissy. Je m’acheminai le long de la rive gauche de la Seine et j’arrivai dans l’allée de l’ancien prieuré de Foissy, à quelques pas de la grille d’entrée. Cette magnifique porte, que surmonte un bel écusson aux armes de la maison prieurale était ouverte à deux battants. J’avançai dans la cour où les granges, les écuries, les étables, tous les bâtiments d’une exploitation agricole, ingénieusement combinée et symétriquement distribuée, annonçaient une culture intelligente et considérable »[26].

 

Ville de Troyes :

Rue Notre-Dame ; les marchands d’Arras avaient leur comptoir dans une maison, en face des Changes, appartenant à Foicy. Ils payaient 25 sols de loyer à chaque foire[27].

Rue du Donjon : a pris son nom d’une vaste maison de pierre faisant l’angle de la rue et retour sur la place. Dès 1260 elle était succursale, en ville, du prieuré de Foicy[28]

 

 

Iconographie

 Foicy

Détruit : il y a une vingtaine d’années, il restait un bâtiment occupé par une colonie de vacances. A l’emplacement du prieuré se trouve actuellement un complexe sportif nommé « Foicy ».

foicy

Ancien prieuré de Foicy, XIXe s.

 

Musée des Beaux-Arts, Troyes

1 – Porte de l’ancienne abbaye de Foicy

Dessin,  ROYER Dieudonné, Troyes, 1836, Troyes, 1920. Mine de Pb, lavis brun, avec rehauts de gouache blanc,  H : 9,5 ; L : 15,7. Troyes, Musée des Beaux-Arts, ref.0. 88

2 – Miniatures entourant les vœux de Françoise Chavautier, religieuse du monastère de Foicy

Dessin,  Anonyme,  1788, H : 33 ; L : 25,3. Inscription  « Françoise Chavautier conversion de mes mœurs selon les statuts de la réformation de l’ordre de Fontevrault ordonnée en ce lieu de Foicy en votre présence Notre Mère Elisabeth Hator prieure ». Sujet représenté               Figures bibliques (Calvaire). Troyes, Musée des Beaux-Arts. N° inventaire : 883.4;1. Date d’acquisition                  1883. Ancienne appartenance          Ray Jules

3 – C. v. fragment de. Armoiries

D : 0,21. Ep. : 0,03

  1. Don de M. Antoine, 1869.

Ecu en forme de cœur posé sur une crosse entre deux palmes. Il porte de France en bâton péri en bande, de gueules. Nous croyons que ces armes sont celles de Jeanne-Baptiste de Bourbon, légitimée de France, abbesse de Fontevrault.

Le prieuré de Foicy-les-Troyes (commune de Saint-Parres-aux-Tertres) relevait de l’abbaye de Fontevrault. Mme de Bourbon vient dans ce prieuré à deux reprises en 1644 et 1656. Il n’y aurait rien d’étonnant que les religieuses de Foicy aient fait des carreaux aux armes de leur abbesse. Le portrait de cette même abbesse, ayant près d’elle un écu armorié semblable à celui qui figure sur notre carreau, se trouve sur une verrière de l’église de Saint-Nizier à Troyes[29]

4 – Cachet de Jeanne-Baptiste de Bourbon

Don d’un anonyme. D 18 mm/ 21 mm

Dans un cordon perlé, écu en forme de losange portant 3 fleurs de lys et un bâton raccourci péri en bande. Cet écu est placé sur une cartouche à volute surmonté d’une couronne princière traversée par la hampe d’une crosse abbatiale, en pal derrière l’écu. Dans le haut du champ est la légende « Foicy »[30]

 

Eglise de Saint-Nizier à Troyes

Verrière Jeanne-Baptiste de Bourbon avec ses armes[31].

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Cathédrale de Troyes St-Pierre, St-Paul

 Reliquaire renfermant une dent de Saint-Pierre : il est d’argent doré en forme de petit édicule surmonté d’un toit à deux pentes, couronné d’un acrotère ogival. Il provient de l’ancien prieuré de Foicy, près de Troyes, et remplace aujourd’hui la dent de Saint-Pierre, qui faisait partie du reliquaire appelé « le chef de Saint-Philippe » ainsi qu’il résulte de l’inventaire du mois de juin 1429. Il parait que le trésor de la cathédrale détenait cette précieuse relique de la munificence du comte Henri qui l’avait rapportée de Rome, et qui avait, sans doute à cette occasion, fait don d’un splendide reliquaire à Saint-Philippe (reliquaire brisé à la révolution)[32].

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Reliquaire de la dent de Saint-Pierre. Provenance du prieuré de Foicy. Cathédrale de Troyes. Photo JGE (2014)

« La dent de Saint-Pierre aurait été offerte par le pape Alexandre VII (1655-1667) à Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de Fontevraud, laquelle l’aurait donné en 1622 à Anne de Mesgrigny, prieure de Foicy. A la Révolution, la relique est sauvée par une moniale qui l’apporta au Vicaire Général de l’évêché de Troyes, Mr Arvisenet qui l’authentifia en 1827 »[33].

 

Eglise paroissiale de Saint-Parres-aux-Tertres

Deux châsses remarquables par leur matière renfermant les reliques de Saint-Eugène et de Sainte-Euphémie, donnée par Anne de Mesgrigny, prieure de Foicy en 1639[34]. Châsses en chêne, XVIIe siècle, en forme d’église gothique, bois peint, doré.

Châsse -1-, h=93 ; la=105 ; pr=54 cm, XVIIe s.

 

Châsse -2-, h=82 ; la=97 ; pr=43, iconographie : Saint-Parres, Saint-Pierre, Vierge à l’Enfant, Sainte-Madeleine, Saint-Jacques.

 

Saint-Parre (sans s à l’origine) : On pense que c’est un noble citoyen de Troyes du nom de Patrocle qui fut décapité en bas du tertre vers 275 sur l’ordre d’Aurélien. La légende veut qu’après sa décapitation, il porta sa tête sur un évangéliaire jusqu’en haut de la colline où il fut enterré.

B.N. Paris

Missel fontevriste de Foicy, XIIe siècle

 


 

[1] LALORE abbé, Notre-Dame de Foicy, Revue catholique du diocèse de Troyes, n° 51, 1884, p. 750.

[2] X, Quelques seigneuries de l’ancien comté de Brienne, Mémoire de la Soc. d’agriculture, sciences et arts du département de l’Aube, Imprimerie de Sainton, Troyes, 1904, SER 3, T. 41, pp. 422, 423.

[3] LALORE abbé, op. cit., p. 750.

[4] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 322.

[5] LALORE abbé, op. cit., p. 750.

[6] POULAIN Jean, Dictionnaire de l’Ordre Fontevriste, pp. 63-64.

[7] A.D. Aube, Foicy, 27 H 3.

[8] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 244.

[9] Veuve d’Henri le jeune depuis l’année précédente.

[10] Née en 1145 du mariage de Louis VII et d’Aliénor d’Aquitaine.

[11] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 322.

[12] SOCART Emile, Chartes inédites des cartulaires de Molême, p. 178.

[13] LARDIER Jean, Volume III de la Saincte Famille, p. 532

[14] LARDIER Jean, Volume III de la Saincte Famille, p. 555.

[15] LARDIER Jean, op. cit., p.560.

[16] LARDIER Jean, op. cit., p. 560.

[17] LARDIER Jean, op. cit., p. 560.

[18] CHAUSSY, Bénédictins anglais, p. 37.

[19] LARDIER Jean, Volume III de la Saincte Famille, p. 581.

[20] A.D. Reims, carton 27 H 2

[21] SIMIZ Stéfano, Confréries urbaines et dévotion en Champagne, 1450-1830, Histoire Septentrion, Presses Universitaires, 2001.

[22] Almanach de la Champagne et la Brie, Ephémérides Troyennes, 1888, p. 78.

[23] HAMON André Jean Marie, Notre-Dame de France ou histoire du culte de la Sainte-Vierge en France depuis l’origine du christianisme jusqu’à nos jours, p. 477.

[24] Almanach de la Champagne et la Brie, Faits et Accidents météorologiques avant 1790, 1853, p. 53.

[25] G 864 (1365-1760) : 1729, Déclarations des biens du prieuré de Foicy

[26] GEORGES Etienne, Une excursion à l’ancien prieuré de Foicy, pp. 75-80.

[27] CORRARD de BREBAN Antoine-Henri-François, Les rues de Troyes anciennes et modernes, p. 47.

[28] CORRARD de BREBAN Antoine-Henri-François, Les rues de Troyes anciennes et modernes, p. 68.

 

[29] Le Clert Louis, Carrelages vernissés, incrustés, historiés et faïencés : catalogue de la collection du musée de Troyes, 1892, p. 76, n° 222.

[30] LE CLERT Louis, Catalogue de la collection sigillographique du Musée de Troyes, Mémoire de la Société d’Agriculture, Sciences et Arts du département, 1900 (T 46, SER 3), p ; 131.

[31] Le Clert Louis, Carrelages vernissés, incrustés, historiés et faïencés : catalogue de la collection du musée de Troyes, 1892, p. 76, n° 222.

[32] BRUNDALBANE M. LE, Le trésor de la cathédrale de Troyes, pp. 27-77.

[33] Texte à la cathédrale de Troyes.

[34] SOCART Emile, Essai d’histoire généalogique de la famille Mesgrigny, p. 50.

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