Prieuré fontevriste d’Acquigny

Prieuré d’ Acquigny

Acquigny

Canton Louviers

Arrondissement Evreux

Eure

Diocèse d’ Evreux

Fondé sous Pétronille de Chemillé

 

 

 

Dans La Sainte Famille de Lardier : charte du cartulaire, pp. 290, 292

Dans la table alphabétique des lieux dépendants de Fontevraud du thresor de l’Ordre de Font-Evraud de Lardier, volume I : rien sur Acquigny

Acquigny n’apparaît pas dans la liste des prieurés, extraits du nécrologe de Fontevraud, BN, Ms lat 5480, Extrait des titres originaux de l’abbaye de Fontevraud en Anjou du diocèse de Poitiers, 1699

Le 27 janvier 1791 : aucune indication d’ Acquigny, ni dans les prieurés, ni dans les fermes ou seigneuries.

A.D.M.L : rien

Pavillon, p. 518 : Élisabeth de Montfort, sœur de Bertrade de Montfort, prend l’habit religieux dans le prieuré fontevriste de Hautes-Bruyères. « Elle ne finit pas ces jours au couvent de Hautes-Bruyères, car le seigneur de Conches et de Tosny son fils tout joyeux de sa conversion érigea un monastère de cet ordre en sa faveur dans le chasteau d’Aquiny sur les confins de la Normandie, où elle alla passer le reste de sa vie ».

II – Bibliographie

 

BIENVENU Jean-Marc, L’Ordre de Fontevraud et la Normandie au XIIe siècle, Annales de Normandie, Caen, 1985.

BIENVENU Jean-Marc, Les premiers temps de Fontevraud (1101-1189). Naissance et évolution d’un Ordre Religieux, thèse pour le Doctorat d’État, Faculté des Lettres, Paris Sorbonne, 1980, pp. 266 (n. 67), 303, 304 (n. 153), 321, 379 (n. 214), 381, 382, 389, 390 (n. 370), 402.

BIENVENU Jean-Marc, FAVREAU Robert, PON Georges, Le Grand Cartulaire de Fontevraud, Société des Antiquaires de l’Ouest, 2005, charte 635, 649, 654.

CARESME abbé Anatole, Note sur Acquigny, 364

CHARPILLON M, CARESME Anatole, Dictionnaire Historique de toutes les communes du département de l’Eure, Delcroix, Les Andelys, 1868.

EDOUARD (Abbé), Fontevrault et ses monuments ou histoire de cette royale abbaye depuis sa fondation jusqu’à sa suppression (1100-1793), Paris, Grande Imprimerie Catholique de France, 1873, p. 347.

LANNETTE Claude, Guide des archives de l’Eure, Evreux, 1982.

LARDIER Jean, La Saincte Famille de Font-Evraud, 1650, pp. 290, 291.

LEBEURIER Abbé, Notice sur la commune d’ Acquigny avant 1790, Evreux, Paris, Rouen, 1862.

PAVILLON B., La vie du Bien-Heureux Robert d’Arbrissel, patriarche des solitaires de la France, et instituteur de l’ordre de Font-Evraud, Saumur Paris, 1666, in 4°, pp. 439, 440, 473, 517, 518.

POULAIN Jean, Dictionnaire de l’Ordre Fontevriste, C.C.O, Abbaye de Fontevraud, Janvier 2000, p. 3.

RABOURDIN André-Nicolas, Le prieuré royal de Haute-Bruyère de l’Ordre de Fontevrault, Société Archéologique de Rambouillet, 1948.

Religieuses de Boulaur (Gers) exilées à Vera de Navarre (Espagne), Histoire de l’Ordre de Fontevrault (1100-1908), Imprimerie Cocharaux, Auch, 1911, tome I, p. 374.

 


Acquigny

Achineium, Achineum, Aquineia, Aquineium[1]

C’est en 1123 qu’Élisabeth, sœur d’Amaury IV et de Bertrade de Montfort et veuve de Raoul II de Conches-Tosny[2], prend l’habit à Hautes-Bruyères[3], afin d’expier ses nombreux péchés de jeunesse si l’on en croit Olderic Vital. A cette occasion, son fils Raoul III et son petit-fils Roger abandonnent aux moniales les revenus de la paroisse d’ Acquigny[4], sur l’Eure, près de Louviers, dont il est seigneur et pendant la vie de sa mère[5]. Cet acte, qui provient du cartulaire de Fontevraud, est signé par Eustache Bretot, Amaury de Melun, Mainier de Gazeran, Hugo de Gastine[6]. De son côté Eustache de Breteuil cède une rente de 100 livres sur un manoir anglais[7].

Raoul leur lègue, après sa mort, outre un homme libre de tout service extérieur, une rente de 100 sous annuels à la Saint-Rémi sur les cens de Raoul[8], 10 muids du meilleur blé de ses moulins et un droit de pêche des anguilles le tout annuellement et à perpétuité. Son fils Roger de Tosny ajoute une autre rente de 100 sous, 2 charruées de terre, un moulin à grain exempt de tout droit de mouture, un moulin à foulon, la disposition du bois mort pour le chauffage et la liberté pour les hommes d’ Acquigny, de donner à Fontevraud leurs biens, leurs personnes et celles de leurs filles[9].

Raoul meurt en 1102. Sa femme eut sans doute en douaire, ou au moins des revenus sur ce domaine puisqu‘elle donne au prieuré de Hautes-Bruyères 100 boisseaux de blé, 100 sous de rente et un gord à Acquigny[10].

1123 : Des religieux et religieuses fontevristes ne tardent pas à s’installer et reçoivent de Roger de Tosny, outre le lieu de leur établissement, un autre moulin, du bois mort pour leur chauffage, 10 muids de blé, 10 livres annuelles et 5000 anguilles[11].

Jean-Marc Bienvenu pense qu’il est le premier prieuré fondé en Normandie, prieuré issu de celui de Hautes-Bruyères mais « malheureusement ignoré de tous les historiens de l’ordre et de ceux de la commune d’ Acquigny ».

Toutefois, le lieu de « locus Aquinei ou Aquignerii » est confirmé par le pape Eugène III le 9 mai 1145 et par le pape Anastase IV le 20 janvier 1154.

 

Serait-il devenu un simple domaine à la suite de l’incendie du village d’ Acquigny par Galeran de Meulan, partisan d’ Étienne de Blois, en 1136[12] ? Les moniales de Fontevraud reçoivent 20 muids de blé des moulins d’ Acquigny donnés par Roger et Raoul de Tosny, ce qui confirmerait la thèse précédente[13].

En 1135, à la mort d’Henri I, Roger de Tosny prend le parti de Geoffroy d’Anjou contre le roi Étienne, son château lui servait de place d’armes. Il part en mai 1136 pour surprendre la forteresse du Vaudreuil qui est reprise trois jours après par Galeran de Meulan qui de Vaudreuil vient, le lundi de la Pentecôte, brûler entièrement le bourg d’ Acquigny[14].

 

Au lendemain de la mort d’Henri II Plantagenêt se termine l’implantation de Fontevraud en Normandie. En 1204, s’achève la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste. L’abbaye avait su s’assurer la sympathie du roi de France, ses biens et ses prieurés n’ont pas eu à pâtir de cette conquête française[15].

Marie de Léon, sœur de Jeanne de Léon et d’Hervé VIII, se marie deux fois : la deuxième avec Jean Mallet, seigneur de Grasville que l’on retrouve dans une transaction du 1 mars 1370 entre les Prémontrés d’ Abbecourt et les religieuses de Hautes-Bruyères. Le prieuré de Hautes-Bruyères prenait deux muids de blé chaque année sur les greniers des Prémontrés à Abbecourt et 33 setiers de grains sur leur dîme de Thiverval. Les terres sur lesquelles ces dernières rentes étaient assises ne produisaient plus rien par défaut de culture, et les religieuses voulaient être payées, sur les autres revenus de l’abbaye. Les Prémontrés donnent en échange de 12 livres parisis sur Acquigny et toute la dîme de Thiverval[16].

Edouard et les sœurs de Boulaur le signale comme prieuré, Acquigny n’apparaît pas dans la liste des prieurés établie par Nicquet (1642) dans la classe de Paris, p. 535.

Nous pensons qu’ Acquigny est un simple domaine géré par le prieuré de Hautes-Bruyères : à la Révolution nous retrouvons seulement la vente de rentes foncières sur la baronnie d’« Aquigny »[17].

 

Ne pas confondre avec le prieuré bénédiction créé par Roger de Conches, fils de Raoul, qui fonde ce prieuré, en 1035, sous le vocable de Saint-Pierre. Cette communauté, placée près de son château du Vieux-Conches, exista jusqu’à La Révolution.

[1] BIENVENU Jean-Marc, FAVREAU Robert, PON Georges, Le Grand Cartulaire de Fontevraud, index locorum, tome II.

[2] BIENVENU Jean-Marc Les premiers temps de Fontevraud (1101-1189). Naissance et évolution d’un Ordre Religieux, thèse pour le Doctorat D’État, Faculté des Lettres, Paris Sorbonne, p. 303.

[3] Prieuré fontevriste, commune de Saint-Rémy-L’Honoré, canton de Chevreuse, arrondissement de Rambouillet.

[4] Acquigny, cant. Louviers, arr. Evreux, Eure.

[5] RABOURDIN André-Nicolas, Le prieuré royal de Haute-Bruyère, p. 41.

[6] RABOURDIN André-Nicolas, op. cit., p. 41.

[7] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 303.

[8] BIENVENU Jean-Marc, FAVREAU Robert, PON Georges, op. cit., charte 654.

[9] BIENVENU Jean-Marc, FAVREAU Robert, PON Georges, op. cit., charte 635. LARDIER Jean, La Saincte Famille …, pp. 290-291.

[10] LEBEURIER Abbé, Notice sur la commune d’ Acquigny avant 1790, Evreux, Paris, Rouen, 1862.

[11] BIENVENU Jean-Marc, FAVREAU Robert, PON Georges, op. cit., charte 649.

[12] BIENVENU Jean-Marc, L’Ordre de Fontevraud et la Normandie au XIIe siècle, Annales de Normandie, Caen, 1985.

[13] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 381.

[14] LEBEURIER Abbé, op. cit., p. 14.

[15] BIENVENU Jean-Marc, L’Ordre de Fontevraud et la Normandie au XIIe siècle, Annales de Normandie, Caen, 1985.

[16] LEBEURIER Abbé, op. cit., pp. 28-29.

[17] RABOURDIN André-Nicolas, op. cit., p. 60.

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