Prieuré fontevriste de Guesnes

 

Guesnes

Commune et chef lieu

Vienne

Diocèse de Poitiers

Fondé sous Robert d’Arbrissel

I – Sources manuscrites

A.D. Maine-et-Loire.

Série H

151 H 1 : Administration intérieure du prieuré   1483 – 1741

151 H 2 : Droits féodaux                                           1427 – 1717

151 H 3 : Forêts du prieuré                                       1301 ? – 1728

151 H 4 : Procédure contre Jean Seguin                 1474 – 1541

151 H 5 : Comptes. Terriers. Etats des lieux         1486 – 1679

151 H 6 : Acquêts par les prieurs                             1481 – 1511

151 H 7 : Domaines                                                     1409 – 1711

151 H 8 : Contrats entre tenanciers                         1430 – 1655

 A. D. Vienne

 Série H

2 H 5/ 12 – 17 (1369 – 1790) ; répertoire consultable sous le n° 16

Liasse 12 :

1 – Titres inventoriés en 1749 sur toutes les possessions du prieuré dans les paroisses de Ranton, La Chaussée, St Jean-de-Sauves, Guesnes, Maulay, Rossay, St Vincent-de-l’Oratoire, Marçay (1385-1571)

2 – Procédures, baux à ferme et à rentes

3 – Lettres d’affaires, s.d.

Liasse 13 :

1 – Titres concernant les domaines du prieuré (XVIIe-XVIIIe s) – Pièces intéressant la seigneurie des Vouis en la paroisse de Maulay

Liasse 14 :

4- Contrats de religion (1689).

5 – Bordereau de « ce que se doit exiger » (1720).

6 – Acte de démission de la prieure de Guesnes (1758).

Liasse 15 :

1 – Titre concernant les domaines et droits du prieuré en la paroisse d’Aulnay dans la Vienne (XIVe-XVIIe s.)

Liasse 16 :

1 – Titre concernant les domaines et droits du prieuré en la paroisse d’Argenton-les- Eglises (Deux-Sèvres), moulin de Villegay, s.d. – Titres des XVIIe et XVIIIe siècles

Liasse 17 :

1 – Registres des comptes du prieuré1746-1749 – Inventaire des titres du prieuré, dressé en 1749, contenant l’analyse de nombreuses pièces aujourd’hui disparues.

1603 : Armoiries de Guesnes

3 septembre 1572 : Arrest du Conseil d’Etat- Charles IX

24/04/1711 : Grand Conseil

Fortification Charles V

20/11/1432 : Privilèges Charles d’Anjou

8/10/1641 : Conseil d’Etat (moines)

1/04/1675-10/02/1677 : Attestation du Pape

1671 : Chapelle

18/02/1698 : Droit d’armoiries

1676 : Partage de bois entre Guesnes et Varins

2 – dans le sac 132 pensions viagères des dames religieuses et sœurs de Guesnes :

3 – Pension de 100 livres, Augustine Naudin de la Ronde, 17 juillet 1669

4 – Pension de 40 livres, Jeanine Texier des Ousches, 1698

5 – Pension de 100 livres, Louise Aubineau d’Insay, 11 avril 1716

H- 32 : Gaine, plan 1734 (51×73), échelle de 50 perches de 22 pieds

 

Série H supp.

H supplément 4-8 ; répertoire consultable sous le n°17

4 – Entrée 327 : Prieuré de Guesnes et seigneurie de Varin (1204-1500)

7 – Entrée 335 : Prieuré de Guesnes suite et seigneurie de Varin (pièces diverses XVIIe siècle)

8 – Entrée 335 : Prieuré de Guesnes et seigneurie de Varin (XVIIIe siècle)

Série Q

Q231    n° 363,415,430,452,459,494,495,496,497,564,607,632,677 : domaine dépendant du prieuré de Guesnes dans les paroisses de La Chaussée, Ranton, Guesnes, Maulay

Q231    n° 564 Maison et enclôture de la ci-devant communauté de Guesnes

            n° 677 Une portion de la communauté de Guesnes et l’estimation (21-9-1791)

1 Q 268 argenterie de la Vienne, district de Loudun

1 Q 269 cloches, district de Loudun

Série L

L 251, L 223, L 258/2

Revue Mabillon, 1911-1912, pp. 205 (2H5), 215 (Bois ecclésiastiques ; B-232), 218 (série G-427 ; déclarations de l’archiprêtré de Faye, prieuré de Guesnes), 270 ; consultable sous le n° 15/1

A.D. Indre-et-Loire

 Série H

H 309 : 1665-1736

A.M. Guesnes

 Registres paroissiaux

1764 : Frère F. Varglenne – prêtre religieux et confesseur de la communauté des dames de Guesnes

1769 : Legant – desservant de Guesnes

1776 : Michel Christophe Viot – prêtre religieux de Fontevrault, confesseur des dames de Gaine

1777 : Michel Christophe Viot – prêtre religieux de Fontevrault, confesseur des dames de Gaine

1780 : idem

1781 : Lavigne – religieux, prêtre mineur conventuel

1789 : L. Chasteau – prêtre desservant de Guesnes

A. M. Loudun

Série GG 224 : Vêtures et décès de la communauté de Guesnes     1743-1789

II – Bibliographie

AUSSIBAL A. ; L’art fontevriste, Ed du Zodiaque, 1987.

BIENVENU (Jean-Marc), Les premiers temps de Fontevraud (1101-1189). Naissance et évolution d’un Ordre religieux, Thèse pour le doctorat Es Lettres, Faculté des Lettres de l’Université de Paris-Sorbonne, Paris, 1980, pp. 104 (277), 143 (321), 145 (348, 352), 148 (389), 149 (404), 150 (418, 421), 153-154, 156, 163, 294 (4), 295, 296, 304, 343, 375 (140), 377 (178), 379 (214, 215), 449, 542 (181), 549, 578. V. Garnier de-, Yves de-.

BIENVENU Jean-Marc, Abbaye royale de Fontevraud et ses divers prieurés, ss date.

BIENVENU Jean-Marc, L’étonnant fondateur Robert d’Arbrissel, Ed Latines, Paris, 1981.

BIENVENU Jean-Marc, FAVREAU Robert, PON Georges, Grand Cartulaire de Fontevraud, Société des Antiquaires de l’Ouest, Poitiers, t. 1, 2000 ; t. 2, 2005, ch. 48, 53, 60, 72, 73, 79, 88, 155, 237, 238, 248, 252, 378, 452, 524, 580, 647, 853, 878, 893 ; prieuré fontevriste, 371,446 ; Sainte-Marie, 243, 371.

BOISSONNADE P, Histoire de Poitou, Paris, Ancienne Librairie Furne Boivin, 1941.

BOUVARD Patrick, Inventaire des prieurés fontevristes dans le diocèse de Poitiers. Fondations sous Robert d’Arbrissel et Pétronille de Chemillé (1101-1149). Etude préalable à des recherches archéologiques sur l’architecture conventuelle, DEA Civilisation médiévale, Université de Poitiers, 2004.

BROQUEREAU Michel, Un guide des derniers moulins à vent de la Vienne, Bull. Soc. Ant. Ouest et des Musées de Poitiers, 1963/07-1963/09, p. 173. (Bnf gallica)

CROZET René, L’art roman en Poitou, Ed. Henri Laurens, Paris, 1948, pp. 97, 114, 120, 127, 133, 138, 173, 176, 271.

DECOUDIN Dominique, NELBELSZTEIN Virginie, Les églises du Loudunais aux XIe et XIIe siècles, Architecture et sculpture, Mémoire de D.E.A, Université de Poitiers, 1998.

DROUAULT Roger, Journal de Loudun des 21 décembre 1890 et du 18 janvier 1891.

DURAND (Philippe) et ANDRAULT (Jean-Pierre), Châteaux, Manoirs et Logis. La Vienne, Association Promotion Patrimoine, Ed. Patrimoine et médias, 1995, p. 76.

DUMONT Jacques, Le couvent de Guesnes, Le Picton, n° 69, mai-juin 1988, pp. 50-58.

EDOUARD (Abbé), Fontevrault et ses monuments ou histoire de cette royale abbaye depuis sa fondation jusqu’à sa suppression (1100-1793), Paris, Grande Imprimerie Catholique de France, 1873.

 EYGUN François, Sigillographie du Poitou jusqu’en 1515, Soc. Ant. Ouest, 1938 (A.D. Vienne) (Jeanne de Guesnes)

FAVREAU (Robert), Les débuts de la ville de Loudun, B.S.A.O, 1988, 3ème trimestre.

FAVREAU (Robert) (ss. la dir. de), Le diocèse de Poitiers, Paris, Beauchêne, 1988.

FLOHIC, Le Patrimoine des Communes de la Vienne (Poitou-Charentes), Ed. Flohic, 2002, tome 2, pp. 685-686.

GAUTIER-ERNOUL (Joëlle), Le temporel de l’abbaye de Fontevraud en Haut-Poitou : Le Nord Loudunais aux XVIIe et XVIIIe siècles, Mémoire de maîtrise, Université de Poitiers, U.F.R. Sciences Humaines, 1994.

GRELIER Françoise, Le temporel de l’abbaye de Fontevrault dans le Haut-Poitou des origines jusqu’à la réforme du XVe siècle, Thèse de l’Ecole des Chartes, Paris, 1960, exemplaire dactylographié.

 GUERIN Paul, Archives Historiques du Poitou, t. XIX, p. XXI, 1888

LABANDE, MAILFERT, FAVREAU, Histoire de Sainte-Croix de Poitiers, Mémoire de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1986, p. 443.

LARDIER (Jean), Volume III de La Sainte Famille de Font-Evraud, 1650, pp. 240, 257-258, 263, 282, 318, 426, 546, 555, 561, 578, 582, 599, 623-625, 640-642, 645, 646, 647, 665, 671, 677, 680.

NEBELSZTEIN Virginie, Catalogue de la collection Henri Aymard, Mémoire de maîtrise, Université de Poitiers, U.F.R Sciences Humaines, Département Histoire de l’Art, 1994/1995.

PAVILLON Baltazar, La vie du Bien-Heureux Robert d’Arbrissel…, Paris-Saumur, 1666, pp. 143, 144, preuve 45.

POULAIN Jean, Dictionnaire de l’Ordre fontevriste, CCO, Abbaye de Fontevraud, 2000, pp.74-75.

RELIGIEUSES DE STE MARIE DE FONTEVRAULT (de Boulaur exilées à Vera de Navarra en Espagne), Histoire de l’Ordre de Fontevrault, (1115-1792), Auch, Imprimerie Léonce Cocharaux, 1913, tome I, pp. 107-108.

ROBUCHON Jules, Paysages et monuments du Poitou, Tome IV, Paris-Imprimerie Motteroz, 1890.

ROUSSEL J. P., Les tabernacles classiques de la Vienne, Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, XVII, 1984, pp. 560,561. (Bnf Gallica)

SALVINI Joseph, Le diocèse de Poitiers à la fin du Moyen-Age, Poitiers, 1946, pp. 13, 40.

SALVINY J, Guesnes, communication à la séance du 17 février 1938, Bull. S.A.O, 3°S, t. XI, 1936/38.

SERGENT Jacques, THOMAS Thierry, Le Pays Loudunais, Ed. Alan Sutton, 2001, p. 26.

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SALVINI J., Procès-verbaux, Bull. SAO, 1943/10-1943/12, p. 245. (Bnf Gallica)

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TRINCANT Louis, Abrégé des Antiquitéz de Loudun et païs de Loudunois, Ed. Firmin Loudun, 1994, pp. 38-39.

XX, Guesnes, ancienne priorale Notre-Dame, Bulletin n° 2 du Pays du Loudunois, 1993.

Répertoire et dictionnaire

BEAUCHET-FILLEAU H, Dictionnaire historique, biographique et généalogique des familles de l’ancien Poitou, Poitiers, 1804-1854.

MONSABERT Père de, Etat sommaire des fonds concernant l’histoire monastique conservée dans la série H des Archives Départementales de la Vienne, Revue Mabillon, VIII, 1912.

REDET Louis, Dictionnaire topographique de la Vienne, comprenant les noms de lieux anciens et modernes, Imprimerie Nationale, Paris, 1881.

Pouillé

BEAUCHET-FILLEAU H, Pouillé du diocèse de Poitiers, Niort et Poitiers, 1868, 1 vol.

galerie prieuré

Galerie construite en 1862 devant un bâtiment des moniales (Guesnes). C.P. Ed.Véronique, Cravat, Niort.

 

GUESNES

 Guaina, 1108, Cartulaire de Fontevraud – Gaina, 1109, Clypeus t1, p.130 – Gayna, 1376 – Gueine, 1380 – Guesne, 1616 – Guesnes, 1720.[1]

Le prieuré fontevriste de Guesnes a donné naissance à un village qui existe encore aujourd’hui : GUESNES

p1000968

 « Le pays de Loudunois est une petite province située dans le diocèse de Poitiers quy a l’orient du costé de la Touraine, l’occident du costé du Poictou et le midy et le septentrion du costé de l’Anjou et contient unze lieüs de long et cinq lieüs de large au plus estroit ».[2]

 A partir de 1104, la réputation d’ascète et de prédicateur de Robert d’Arbrissel ne cesse de croître. Les évêques et les seigneurs lui donnent leur appui : Pierre II, évêque de Poitiers – Léger, évêque d’Angoulême – Léger, évêque de Bourges et la famille des Plantagenêt.

 Le rapide essor du temporel est dû aussi à l’engouement suscité par le nouvel institut. De nombreux dons sont consentis par des laïcs qui, voulant racheter leurs péchés et assurer leur salut, agissent souvent à l’instigation des évêques. C’est évidemment autour de Fontevraud, dans un triangle entre Angers, Tours et Poitiers, que les possessions sont les plus denses ; dans la forêt de Born, la forêt de Scévolles, dans les vallées de la Petite Maine et la Briande, dans la péninsule du Veron. Pierre II et son successeur Gilbert de La Porée[3] donnent tout pouvoir à Robert d’Arbrissel dans le diocèse de Poitiers. Dés avant 1108 sont crées les prieurés peu éloignés de la maison-mère.

Avant la fin du XIIe siècle, 33 prieurés fontevristes sont fondés sur les 123 créés à travers la France, l’Espagne et l’Angleterre[4].

 Diocèse d’Angers

-Les Loges, au milieu des bois, entre Bourgueil et Vernantes

Diocèse de Poitiers

-Raslay (Fundum Rairegium)

-Guesnes (Fontem Buldarium)

Diocèse de Tours

-Relay sur l’Indre entre Monbazon et Azay-le-Rideau

Un peu plus tardivement, entre 1108 et 1115 :

-Rives au confluent de La Claise et de la Creuse

-Lencloître-en-Chaufournois dans les bois au nord de Tours[5]

Lors de la promotion abbatiale de Pétronille de Chemillé, donc avant 1115, l’abbaye de Fontevraud, est déjà chef d’ordre de 18 prieurés dirigés chacun par une prieure et un prieur.

A la demande de Pierre II, évêque de Poitiers, Robert d’Arbrissel fonde les prieurés de la Puye, de Raslay et de Lencloître-en-Gironde, dans le diocèse de Poitiers. La fondation du prieuré de Guesnes, prieuré fontevriste poitevin situé entre Lencloître et Loudun, est attestée dès avril 1106, au lieu nommé Fondoire près de Guesnes « Fontem Buldarium », dans la confirmation par le pape Pascal II.

Guesnes est fondé, sur une terre donnée par Raoul de Saint-Jean-de-Sauves et d’Etienne de Messemé, au bord de la Briande et au cœur d’une forêt dont celle de Scévolle demeure le plus important vestige. Robert d’Arbrissel fonde ses couvents dans des vallées en raison du besoin d’eau, « dans une solitude écartée »[6].

De ce prieuré se détachent deux prieurés, celui de La Place (à 10 Kms au sud-est) et celui de Renoué (à 5 Kms au nord-est)[7]. Pour La Place, le prieur est mentionné dès 1124/1128 et abrite des moniales dès avant 1135[8].

 A l’occasion du synode du 19 juin 1109, Robert d’Arbrissel, sur le conseil de Pierre II, évêque de Poitiers, place « sous le bouclier de la protection » épiscopale tous les prieurés[9] et lieux détenus par l’abbaye de Fontevraud dans le diocèse de Poitiers[10].

 Robert d’Arbrissel visite ses filiales tantôt seul ou accompagné de l’évêque Pierre II comme à Guesnes.

Le temporel du prieuré de Guesnes va s’accroître progressivement grâce aux multiples donations de nature très différente qui vont permettre à la communauté naissante de disposer de ressources diversifiées et complémentaires (toute la gamme des productions naturelles, agricoles et pastorales). Les donations en vue de constituer ou d’accroître le temporel du prieuré sont le plus souvent faites aux moniales de Fontevraud et entre les mains de Robert d’Arbrissel. Ces donations sont souvent concédées par un membre de la famille, l’épouse ou le fils, mais aussi par le seigneur principal du fief.

 Foulque IV le Réchin, donne à la communauté de Fontevraud, entre les mains de Robert d’Arbrissel, tous les prés qu’il possède à Guesnes; ses fils Geoffroy Martel le Jeune et Foulque concèdent le don[11].

S’étant déplacé à Fontevraud et rendu compte des besoins des moniales, le comte d’Anjou Foulque V donne aux religieuses de Fontevraud les divers prés qu’il avait dans le fief de l’abbaye de Charroux lesquels ont été annexés à la maison de Guesnes. Il confirme en outre la donation du bois Rotard (aujourd’hui Bouretard) et de la terre circonvoisine faite aux fontevristes par son père Foulques IV et concédée par son frère Geoffroy Martel (le Jeune) (1109-1115)[12]. Un peu plus tard, entre 1124 et 1129, Pétronille de Tillé, ses cinq fils, sa fille renoncent à leurs prétentions sur des prés de Guesnes donnés aux moniales par le comte d’Anjou Foulque V[13].

Philippe de Saint-Cassien abandonne à Guesnes toute sa dîme de Niré[15].

Vaslin de Preuilly donne aux moniales de Fontevraud, entre les mains de Robert d’Arbrissel, une partie de sa terre de Guesnes dûment délimitée, son épouse et son fils concède ce don[16]

Raoul de Saint-Jean donne aux moniales de Fontevraud et entre les mains de Robert d’Arbrissel, la terre du Puy Dorin à Guesnes, un pré et le bief du moulin Constant (son épouse concède ce don) (1101-1108) [17].

Aimeri Flocel fait don de la terre de la vigne dite de Bertrand à Guesnes, à savoir une terre de huit bœufs et cinq « jugères » de près. Son épouse et son fils concèdent ce don (1103/1104-1108)[18].

Entre 1108 et 1115, Rainaud le Gros, en présence  de Pierre II, évêque de Poitiers, et de deux dignitaires de l’église, donne sa terre de Guesnes à Robert d’Arbrissel et aux moniales de Fontevraud ; son fils concède ce don. Foulque le Roux, prenant l’habit fontevriste, donne tout ce qu’il possède à Guesnes, -Aimeri de Signé et son épouse concède ce don (1101-1116)[19].

1101-1115 : Aimeri Rabasté fait don aux moniales de Fontevraud le droit de lever toute la dîme sur la terre qu’il a donné à Guesnes au lieu dit Fondoire et sur toutes les terres qu’elles pourront ensuite y acquérir, son épouse concède ce don[20]

1101-1116 : Foulque le Roux, prenant l’habit fontevriste, donne tout ce qu’il possède à Guesnes à Robert d’Arbrissel et aux moniales de Fontevraud. Aimeri de Signé et son épouse concèdent ce don[21].

Goslin, son épouse et douze autres personnes vendent sous forme de donation leur terre située outre Briande, les prés naturels exceptés. Ils reçoivent de l’abbesse Pétronille de Chemillé 10 livres de deniers et douze brebis gravides. Gilbert de Loudun, seigneur principal du fief concède le don (1115-1149)[22].

Pierre de Messemé, son fils et ses deux neveux donnent à la communauté de Fontevraud toute leur terre de Guesnes, la donation est faite en présence des abbés de Saint-Jouin-de Marnes et de Talmont, ce don est concédé par les trois seigneurs supérieurs de ce fief de Guesnes (1118/1119 ou 1124-1129)[23]. (Pierre de Messemé, Guillaume, son fils, Gautier et Bos, ses neveux, donnent à l’église de Fontevraud toute la terre qu’ils avaient à Guesnes, exceptés les édifices, de l’accord de Bochard et Guillaume de Messemé et d’Aimery de Faye, seigneur du fief, en présence de dom Raoul, abbé de Saint-Jouin de Marnes et de dom Guillaume, abbé de Talmond)[24].

Grimaud de Monts et ses quatre frères renoncent en faveur des moniales de Fontevraud, entre les mains de Pierre II, évêque de Poitiers, à leurs prétentions sur les écluses de Guesnes que les Fontevristes détiennent depuis 7 ans. Ils abandonnent, entre les mains de Robert d’Arbrissel, une terre arable, des prés et des marais de part et d’autre de l’écluse. Ils recevront un cens annuel de 4 sous. En outre, la prieure Hersende leur fait remise de 47 sous qu’ils avaient indûment perçus (1109-1112/1113)[25].

Goslin Rigaud a, entre les mains de Payen de Bernezay, frère de Fontevraud, vendu, sous forme de donation mais en recevant de Payen 70 sous, sa terre de l’Ebeaupin à la communauté fontevriste, son épouse et ses deux filles qui ont concédé cette vente ont reçu 24 deniers (1115-1149).

Etienne de Messemé donne à la communauté de Fontevraud toute la terre jouxtant celle de Gautier de Messemé qu’il possède à Guesnes (v.1144).

Les moines de Tournus renoncent à leur terre de Varin. En contre partie du renoncement Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevraud leur donne, avec deux mangons d’argent, dix « jugères » d’une terre sise à Loudun mais ils devront acquitter d’un cens annuel (1139).

Vaslin de Preuilly, son épouse, son fils, sa bru ainsi que Gaubert Bertrand donnent conjointement la terre qu’ils possèdent au lieu dit Les Vignes de Bertrand sur la route de Mongauguier (1108/1109 ou 1112/1113-1115)[26].

Joslin Boissel, son épouse et onze donateurs donnent à la communauté de Fontevraud toute la terre et bois qu’ils possèdent à Guesnes ; moyennement dédommagement collectif de 20 sous, ils renoncent à leurs prétentions sur des prés proches du gué du Carroir, donnés par le comte d’Anjou (1128)[27].

1127 : Le seigneur Valentin et ses fils Guillaume Gosbert et Jean donnent à Sainte-Marie de Guesnes la terre de Boisloel[28].

La générosité des seigneurs est toujours aussi intense dans le deuxième quart du XIIe siècle.

Un certain Isaac, son épouse, son fils et ses filles ainsi qu’Arnoul Luneau vendent, sous, forme de donation, des prés et une terre voisine au prieuré de Guesnes. Ils se réservent, pour eux-mêmes et pour leurs héritiers, de percevoir un cens annuel de 2 sous payable le jour des Rameaux. Pierre de Messemé et son frère Bouchard concèdent ce « don » et reçoivent 20 sous (deuxième quart du XIIe siècle)[29].

Jean Valentin et son frère Guillaume, ont vendu, sous forme de donation, à la communauté de Fontevraud la terre qu’ils avaient à La Place en recevant 65 sous et quatre moutons ; l’épouse et les enfants ont concédé ce don confirmé peu après dans les mains de l’abbesse Audeburge et de la prieure Gillette ; plusieurs autres personnes ont également fait abandon de leur terre de La Place en recevant 60 sous et deux moutons (1165-1180)[30].

Certains biens sont contestés par la famille. Le neveu d’Hugues Rigaud conteste la donation faite par ce dernier des moulins de Briande. Grimont de Monts et ses frères revendiquent des droits sur l’écluse de Guesnes[31].

Henri II Plantagenêt veille à ce que le nouvel évêque de Poitiers, Jean dit « aux Belles Mains » protège l’ordre fontevriste. Henri II lui adresse une lettre lui confirmant la vente aux moniales de terres et de prés à Guesnes par Guillaume de Lussay et lui recommande de veiller à ce qu’elles puissent en jouir paisiblement[32].

 Moulin de Bouretard

1101-1115/1116 : Donation par Geoffroi Planel de la moitié du moulin de Bouretard à Robert d’Arbrissel et aux moniales de Fontevraud. Son épouse et ses deux frères concèdent ce don[33].

A la même date, Geoffroi Planel, fils du précédent la concède. Hugues Rigaud du fief duquel elle mouvait fait de même[34].

1101-1115/1116 : Gilbert de Velort donne l’autre moitié de Bouretard à Robert d’Arbrissel et aux moniales de Fontevraud en désirant bénéficier des prières de celles-ci. Le don fait aussi par son épouse est concédé par son beau-frère, par Aimeri de Crouailles, son épouse et ses fils et par Guillaume Breton[35].

Gué de Crouailles (Hameau, cant. Monts/Guesnes)

1108-1115 : Jéroire « Grosses Lèvres » donne un emplacement pour édifier un moulin au Gué de Crouailles à Robert d’Arbrissel et aux moniales de Fontevraud, ainsi qu’un pré qu’il possède dans ce lieu[36].

1108-1115 : Lambert de Bonneuil, Etienne de Liguiers et leur fils donnent à Robert d’Arbrissel et aux moniales de Fontevraud la terre qu’ils possèdent au Gué de Crouailles. Pierre de Brizay du fief duquel cette terre relevait concède ce don en y ajoutant les prés au même lieu ainsi qu’une aire pour y édifier un moulin[37].

1136 : les moines de Cormery possédaient autrefois à Guesnes une terre inculte, ils en donnèrent une partie aux frères de Fontevraud à condition d’en payer une certaine dîme et un droit de terrage. La terre étant défrichée et cultivée, ils commencent à contester le droit de Fontevraud de sorte que Pétronille avec les religieux est contrainte de porter plainte devant le légat Geoffroy, évêque de Chartes. Elle n’obtient pas raison peut-être à cause de la mort de Geoffroy. Enfin le seigneur Imar de Tusculum, autre légat du saint siège apostolique, demande à l’abbé de Cormery et à ses moines de venir à Angers afin de régler le différent. Sont présents Hugues, archevêque de Tours ; Ulger, évêque d’Angers ; Jean, évêque de Saint-Malo ; Guillaume, évêque de Saintes ; l’évêque du Mans, etc, l’église de Fontevraud est entièrement remise en son droit[38].

 

XIIIe et XIVe siècles

Les rentes en nature continuent à présenter un intérêt qui intéresse les moniales. Hugues de Baussay cède 30 sextiers de froment et 30 deniers de cens, en 1240.

Les prieurés sont étroitement subordonnés à l’abbaye-mère.

En 1213, la visitation du prieuré de Guesnes est faite par le frère Durand, prieur de Saint-Michel de Fontevraud en présence de Jeanne de Brenne (de Dreux)[39], non encore abbesse, et Sénégonde prieure de Guesnes[40].

En 1301, Clément Boucheron, prieur de Guesnes de l’ordre de St Augustin[41], a aliéné « sans le consentement de sa supérieure » un bois de haute futaie pour le besoin des moniales. Le Pape lui accorde une bulle de pardon.

Guerre de Cent Ans (1337-1453)

Sous Jean Le Bon, le Prince Noir triomphe près de Poitiers. La France, affaiblie par les révoltes parisiennes d’Etienne Marcel, est obligée de signer le désastreux traité de Brétigny. Le 8 mai 1360, le traité conclu à Brétigny entre la France et l’Angleterre, donne aux Anglais

L’Aquitaine, le Poitou sans le Loudunais. Guesnes se trouve à quelques kilomètres de la frontière.

En août 1370, Sancerre, maréchal de France, surprend, au village de Purnon à une demi-lieue de Guesnes, le comte anglais de Pembroke, lieutenant du connétable Chandos. Celui-ci se retire dans le couvent de Guesnes où vivent une cinquantaine de religieuses. Pembroke est assiégé et, pendant deux jours, il essuie de nombreux assauts. Il est sur le point de se rendre, quand le connétable John Chandos, venant de Poitiers, oblige les Français à se retirer[42]. « Durant un tiers de siècle, gens de guerre et brigands avaient promené l’incendie, le viol, le massacre, le pillage dans les provinces de l’Ouest. Les champs sont en friche, les ruines des villages et une foule d’abbayes ou d’églises jonchent le sol. » [43]. Charles V et Du Guesclin redressent la situation et, en 1380, les Anglais n’occupent plus que Calais et la Guyenne.

 « Au couvent de Guesnes se retire le comte de Pennebrock, anglois, avec ce qui put rallier de ses gens, lorsque le sieur de Sancerre, mareschal de France, le surprit au village de Puyrenon quy n’en est qu’à demi-lieue, sans ceux quy furent tués au dict lieu de Gaisne où ils furent poursuivis avec leur comte quy, retiré dans ce couvent, fut assiégé et sans le secours quy vint de Poitiers, distant de sept à huict lieues de là, conduit par Mr Jehan Chandos, il eut esté forcé dans ceste place[44]. A Guesnes, les anglais se livrent au pillage : le couvent est partiellement détruit, les parchemins sont brûlés plusieurs religieuses sont violées ou tuées.

Un inventaire des titres de Guesnes de 1749 fait mention d’un privilège en forme de patente accordé par le roi Charles V, fils et frère des rois de Sicile, à la communauté. Afin d’éviter le retour de semblables désordres, il leur accorde la permission de fortifier le prieuré et de construire une enceinte afin de les protéger contre les incursions des ennemis et établit le sieur de Gravelle, en 1432, garde de la place et forteresse de Guesnes, accompagné d’hommes d’armes, à demeure, pour assurer leur sécurité[45]. Elles peuvent avoir juridiction de baronnie. Charles constate alors la présence de cinquante moniales[46]. C’est à cette époque que date le haut bâtiment qui subsiste de nos jours, englobant la salle capitulaire, le chauffoir, avec une tourelle d’angle à encorbellement.

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Un bâtiment fortifié du prieuré de Guesnes. Photo JGE

Au cas où le Loudunais deviendrait possession anglaise, les moniales de Guesnes, prévoyantes, obtiennent, du roi d’Angleterre Richard III, des lettres de sauvegarde, le 18 mars 1414[47].

Les malheurs de la Guerre de Cent Ans dépeuplent le Poitou et les communautés. L’abbaye de Fontevraud ne compte plus que 10 à 20 moniales. La pauvreté est générale, les rentes en argent et nature ne sont plus payées à cause de l’abandon de l’exploitation des terres. Les prieurés, les domaines, les locaux d’exploitation comme les granges, les moulins et les fours se retrouvent à la fin de la Guerre de Cent Ans dans un état lamentable. La quasi-totalité des prieurés de l’Ordre ont subit des destructions.

Réformation

A la pauvreté matérielle s’ajoutent l’absence de vocations et l’insubordination des religieux et des moniales. En 1460, la plupart des prieurés ne comptent plus que 2 à 5 religieuses et 1 à 2 religieux. Certains sont complètement abandonnés. 3 religieuses, 4 religieux subsistent à Guesnes dont le revenu n’est plus que de 1200 l.t.[48].

Il faudra attendre Marie de Bretagne (1457-1477) pour qu’un mouvement de réforme s’ébauche. Elle va se faire aider surtout par Guillaume de Bailleul, religieux vicaire général de l’abbesse puis prieur de Saint-Jean-de-l’Habit. Il est chargé de dresser un état du temporel de l’Ordre de Fontevraud. Le pape Pie II autorise Marie de Bretagne à « supprimer et esteindre quelques prieurés qui seroient hors espérence de se pouvoir remettre et tout ensemble permis d’appliquer le revenu à la Crosse de l’Abbesse et à la Mense du Grand Monastère »[49].

Abbatiat Anne d’Orléans (1477-1491)

Reconstruction du chauffoir et son échauguette, le logis à grandes fenêtres, la salle capitulaire et le dortoir (1485). Nous trouvons les armes d’Anne d’Orléans (fille de Charles d’Orléans, duc de Milan et comte de Valois et de Marie de Clèves) sur la clef de voûte du transept sud.

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Armes d’Anne d’Orléans, église des moniales, Guesnes. Photo JGE

  Louise de Bourbon (1534-1575)

En 1569, Louise de Bourbon ordonne que tous les officiers, fermiers de la région de Loudun fassent « aux lieux leur profession de foy »[50].

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Blason de Louise de Bourbon. Mur du chauffoir? Guesnes. Photo JGE

 

Calviniste

Un arrêt, du 3 septembre 1572, rendu par le Conseil d’Etat du Roi Charles IX, sur les présentations de Madame, signale que les papiers, titres, livres de Guesnes ont été brûlés, rompus, lacérés par les calvinistes, pendant les troubles. Les moniales seront rétablies dans tous leurs droits, cens, rentes…etc.[51].

XVIIe siècle

 Un papier terrier d’avril 1603 parle des droits et privilèges de Guesnes à la tête duquel sont les armoiries de Guesnes « une Dame qui porte d’or a une dame d’azur et de gueule, autour de laquelle est écrit notre dame de guesne, a costé celle de l’évesché de Poitiers, et en teste celle de fontevrault »[52]. Des droits d’armoiries, signalés le 18/02/1699, sont de 29 livres payées à Loudun avec un formulaire pour y faire mettre les armoiries[53].

1641 : Arrêt rendu par le Conseil d’Etat du 8/10/1641, sur le trouble apporté par les révérends pères religieux de l’ordre de Fontevrault qui prétendaient avoir le droit de supériorité dont ils ont été déboutés. L’abbesse et les prieures des communautés sont maintenues et gardées en la possession de supériorité et il est interdit aux dits religieux de les troubler[54].

26 février1649 : en présence de Jean Lardier prêtre, religieux professe de Fontevrault, vicaire général de Jeanne-Baptiste de Bourbon, visiteur des couvents de la province de d’Auvergne, député par Mme l’abbesse par une lettre de commission du 6 février pour faire élire une nouvelle prieure depuis la mort de sœur Françoise Pelletier décédée pendant son triennat, le 20 janvier. A l’issue de la messe du Saint-Esprit et après la Sainte Communion, se sont assemblées capitulairement en leur chœur, les rideaux de la grande grille ouverts, 11 professes qui vont procéder à l’élection de la nouvelle prieure. Après avoir fait lecture de la commission étant revêtu de surplis et étole ; élection par voix de scrutin suivant la forme prescrite par la Règle et Statuts de l’Ordre. Est élue sœur Françoise de Lezay, prieure antique et professe. Il faut attendre la confirmation de l’abbesse (signature du père Lardier)[55].

 

Marie-Madeleine-Gabrielle de Rochechouart de Mortemart (1670-1704)

1 février 1671 : Une transaction est faite entre la communauté de Guesnes et le curé de Dercé. La communauté donne la permission d’ouvrir la grande porte de Saint-Jean-de-l’Habit « en l’allée qui va au bourg » et d’y faire dire la messe et le service divin pour la commodité des habitants[56]. La chapelle dite de Saint-Jean-de-l’Habit est située dans l’enclos du dehors du monastère. Les habitants de Guesnes doivent en échange refaire à leurs frais la petite cloche « des deux qui sont dans la dite chapelle ». Aucune des charges n’a été respectée, Madame l’abbesse blâme et désapprouve « comme attentatoire aux privilèges de l’Ordre et préjudiciable au bien particulier de Guesnes et désire que la chapelle Saint-Jean soit employée uniquement à l’usage des religieux confesseurs et à celui des domestiques demeurant dans l’enclos[57] ».

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Porte de l’église Saint-Jean de l’Habit, Guesnes, 1671. Photo JGE

1675-1677 : Deux attestations du Pape du premier avril 1675 et du 10 février 1677 pour avoir les reliques de Saint-Cassien, Irénée, Constance et Claude auxquelles sont attachées trois attestations, celle de l’évêque de Poitiers, celle de Jeanne-Baptiste de Bourbon et la troisième du Grand Vicaire de Poitiers. Les reliques des Saints ont été mises dans le reliquaire de l’autel Notre-Dame au dedans du chœur[58].

1689 : Pension d’Augustine Naudin le 10 septembre 1689, acceptée au noviciat, pension viagère payable à partir du jour de la profession de foi, tous les ans 600 livres, les parents doivent fournir les meubles, les vêtements et un présent pur l’église. Signe 19 sœurs (pas préciser chœur et converses, je pense plutôt chœur) sous la prieure  Magdelaine Martineau et Marie Rousseau dépositaire. Nous trouvons pour cette même année plusieurs autres pensions dont celle de la Mère de la Ronde. Le 24 mai 1707, Françoise de la Vilarmois est acceptée comme pensionnaire pour être une religieuse, pension viagère de 440 livres[59].

1690 : Deux maximes sont peintes en 1690 sur les murs du chauffoir : « Que la distance est petite des plaisirs de la table aux larmes de l’éternité » et « Une vie sainte recherche et trouve l’immortalité dans la mort même » [60].

XVIIIe siècle

 18 janvier 1703 : le curé de Dercé demande le paiement des dîmes aux religieuses, la prieure demande conseil à l’intendant de Fontevraud.

 1705 : Dans un privilège daté du 10 septembre 1705, nous apprenons que les moniales obtiennent une exemption de tailles er de péages pour leurs domestiques[61].

1711 : Un arrêt du Grand Conseil daté du 24 avril 1711 : contre le seigneur marquis de la Frezellière sur les troubles que les officiers du marquis de Monts ont apporté dans la juridiction de Guesnes et vol et violence dans l’enclos de la communauté, prétendant y avoir droit de scellé, de juridiction sur les habitants du dit Guesnes. Lequel arrêt maintient la communauté dans la jouissance du droit de justice haute, moyenne et basse au dit lieu de Guesnes et dépendances[62] . Les religieuses veulent prouver que de « temps immémorial, elles ont eu sur la place publique du village de Guesnes un poteau avec carcan, lequel poteau était chargé des armoiries de mesdames les abbesses de Fontevrault et de la maison du roi de France »[63].

14 juin 1741 : contrat de dotation de Sr Anne Debrou, religieuse, de 3000 livres payables à trois fermes, en 3 ans, capitulairement rassemblées au son de la cloche dans le parloir ordinaire en personne de Claire Jacquette Vallette de Champfleury, prieure, dame Jeanne Texier des Ouches, prieure du cloître, Gabrielle Duplessis, dépositaire, Louise Rivière de la Fuye, sous maitresse, , Louise Moussier, sous dépositaire et Thérèse Montault et assister du Révérend Père Alexandre Le Saint, religieux de Fontevrault et visiteur de la province de Bretagne et du Rd père Jacques Tribier aussi religieux de l’Ordre de Fontevrault et confesseur de Tusson. Acceptation pour faire ses vœux et profession à Guesnes en la qualité de Mère et sœur de chœur conformément aux Règles et Statuts, les parents « ne voulant pas que leur fille soit à charge de la communauté, ils les ont humblement suppliées d’accepter la somme de 3000 livres d’aumônes dotales » sur trois ans, (payables en or et argent et non en billets) et encore à condition que les dames religieuses paient la somme de 30 livres à Anne Debrou de rente annuelle[64]

16 septembre 1741 : la prieure de Guesnes Mme de Champfleury réclame le secours à l’abbesse de Fontevraud car trente « gableurs » veulent briser les portes du couvent pour fouiller le dit couvent en « raison du sel ». Un mois plus tard, l’abbesse, très prudente « l’avis que vous avez reçu suppose que l’on vous soupçonne de quelque contravention, ce qui serait fâcheux pour votre communauté et peu honorable…. Je serais bien éloignée d’autoriser le moins du monde cette conduite ». L’abbesse lui conseille de refuser l’entrée de sa maison sans une autorisation du Roi ; « en un mot, il n’y aurait qu’une lettre de cachet qui pust vous obliger d’ouvrir vos portes »[65].

En 1758, Marie-Rose de La Ferre, religieuse professe de la communauté de Villesalem et prieure actuelle de Guesnes demande à Madame l’abbesse Thimbrune de Valence (1753-1765), de la déposer de sa charge de prieure. Elle se démet de sa charge purement et simplement entre les mains du père Cochard, religieux de l’ordre de Fontevraud et visiteur de la province de Bretagne. Sa demande est refusée puisque nous la retrouvons à sa charge de prieure lors d’un contrat de religion en 1759[66].

 

Pensionnaire

La communauté prend des pensionnaires des deux sexes, à vie, « pour y être nourris tant en santé que malade ». La pension s’élève à 1200 l.t. Chaque année, le pensionnaire paye 20 l.t de pension viagère pour l’entretien de ses vêtements, de son lit, serviette et linceul. Les pensionnaires qui peuvent s’entretenir, doivent s’occuper des malades et s’employer à des travaux non pénibles.

La communauté lui donne une chambre au dortoir qu’il conservera sa vie durante. A son décès, elle récupère tous les meubles qui sont dans sa cellule.

En 1777, le sieur Jacques, ancien menuisier, prend pension à Guesnes. Il travaille en tant que menuisier pour la communauté[67].

En 1757, la chapelle de Saint-Jean-de-l’Habit, « appartenance à la communauté des dames religieuses de Guayne, ordre de Fontevrault » sert, au XVIIIe siècle, d’église paroissiale, annexe de Dercé[68].

1758 : acte de démission de la prieure de Guesnes, Marie-Rose de la Ferre, professe de la communauté de Villesalem[69], prieure actuelle de Guesnes, membre dépendant de Fontevrault dans la province de Bretagne, le 26 avril 1758. Elle a demandé à l’abbesse Marie Louise de Thimbrone de Valence de pouvoir se démettre de sa charge de prieure, qui lui a permis de faire sa démission entre les mains du révérend père Cosnard, religieux de Fontevrault et visiteur de la province de Bretagne et ainsi de pouvoir procéder à l’élection d’une nouvelle prieure[70].

12 septembre 1777 : Effectifs de 12 moniales professes

Louise Molland, prieure

Sr Marguerite Vallette de Champfleury, sous-prieure

Sr Thérèse Montault, cellerière

Sr Bernier, boursière

Sr Marie Courault de Salvert, dépositaire

Sr Françoise Despagne

Sr Marie Renou, portière

Sr Marie Desaubiers

Sr Jeanne Boursault de Latour

Sr Madelaine Valette de Champfleury

Sr Marie Hervé

Sr Marie Gain de La Roche

 Révolution

1789 : un recensement daté du 24 août 1792 donne 20 noms : 9 dames de chœur, 7 sœurs converses et 4 affiliés dont un homme (L 251)

Projet de traitement du clergé séculier et régulier et des religieuses du district de Loudun du 24 janvier 1791

Nous apprenons que dans la communauté de Guesnes vivent 11 dames de chœur qui auront une pension de 700 livres et 7 sœurs converses qui recevront une pension de 350 livres et 4 affilié (e) s qui recevront la même somme que les converses :

Dames de chœur : Françoise Anne Despagne (52 ans)[71], Jeanne-Marie Boursault Latour (39 ans), Louise Rivière de la Fuye (78 ans), Agnès Thérèse Montault (71 ans), Marie Geneviève Hillaire de la Ribardière (69 ans), Marie Angélique Renou (41 ans), Marie Bodard des Aubiers (46 ans), Magdeleine Vallette de Champfleury (47 ans)[72], Marie Charlotte Antoine Gain de la Roche (33 ans), Marie Courault de Salvert, Marie Hervé (37 ans)[73]

Converses : Louise Gaudineau (82 ans) morte le 2/12/1792[74], Louise Marguerite de Mons de la Jaumeraye (55 ans), Anne Le Hou (57 ans), Anne-Charlotte Latu (60 ans) [75], Marguerite Gautier (46 ans), Françoise Chauveau (55 ans), Marie Marguerite Moulin (40 ans)

Affilié(e)s : Marie-Françoise Mignot (54 ans), Suzanne Radegonde Joly Duverger (56 ans)[76], Marie Jeanne Boulard (64 ans)[77], Jacques Rat (75 ans)

Le Père René Marie Pertué, religieux de Fontevrault, faisant partie de la communauté recevra une pension de 900 livres. Le frère lais de Guesnes François Pierre Despiez (50 ans et 2 mois) recevra une pension de 400 livres, ce religieux est perclus de goutte et ne peut s’aider de ses membres ; « Que l’humanité exigerait qu’on pût augmenter le traitement de 200 livres, afin d’avoir auprès de lui une personne qui lui est absolument nécessaire »[78]. Pour quitter Guesnes, ils demandent de pouvoir emporter « chambre garnie, hardes et linges ». Les religieuses qui n’ont pas un mobilier somptueux sont inquiètes et nous demandent si elles pourront avoir quelques effets. Pertué nous demande s’il pourra jouir de l’avantage du décret du 14 octobre (accorde aux religieux article 8 la faculté de disposer du mobilier de leurs chambres ou cellules[79].

Le prieuré et les possessions du couvent sont vendus comme biens nationaux

22 juin 1791, au district de Loudun, on procède à la vente des biens nationaux ayant appartenus aux religieuses de Guesnes. Un lot, sous l’article 459, est composé d’un moulin à eau et d’un moulin à vent de Pain-Perdu (à 500m à l’est du bourg), accompagnés de 83 boisselées de terre en 7 parcelles et de 14 boisselées de terre en deux prés. L’estimation de l’ensemble est de 7627 livres. Adjugé à Vincent Dumondé pour 6703 livres[80].

Le procès-verbal de visite du 20 septembre 1792 signale que la maison couvent de Guesnes est très anciennement bâtie. L’église est attenante à d’innombrables logements. Un corps de bâtiment servait anciennement de logement aux desservants et moines de la communauté. Les trois « enclôtures » de la communauté comprennent des cours, granges, écuries, toits, fuye, jardins, vignes, enclos, laverie couverte, canal à poisson, arbres de toutes espèces, ormeaux, peupliers, fruitiers, le tout sur 13 arpents. La « maison couvent », sans le logement des moines est estimée à 12 000 l.t.[81]. Elle est achetée par François Combredet de Champigny-sur-Veude le 27 octobre 1792 pour la somme de 28500 livres[82]. En janvier 1793, il demande la permission d’abattre « l’église, le logement et les cloîtres qu’occupaient les religieux ». Il achète l’autre portion du couvent les 4 décembre 1794 et 19 décembre 1794. Ensuite partage entre Louis Claude Bertucat et Louis Chasteau l’acquisition faite par indivis de Combredet le 10 décembre 1794. Claude Bertucat qui prendra les appartements près du puits, une chambre basse appelée « La boutique », une chambre à côté sans cheminée ayant une ouverture sur la clôture, une petite galerie qui donne accès à deux chambres hautes, avec cheminée, l’une à vue sur le cimetière. Louis Chasteau jouit des appartements connus sous le nom de noviciat, quatre chambres à feu, des appartements par-dessous, une buanderie, tous les appartements attenant au dit-noviciat. Le terrain de l’enclôture sera partagé en portion égale[83].

Le 24 septembre 1792 : la prieure est Françoise Anne Despagne, âgée de 50 ans, la municipalité de Guesnes lui fait prêter serment « Je jure de maintenir la liberté et l’égalité  et de mourir à mon poste ». Le 27 brumaire de l’An IV, Françoise Despagne prête un nouveau serment « Je jure haine à la royauté et à l’Anarchie, attachement et fidélité à la République Française et à la Constitution de l’An III ». Un certificat de séjour, de résidence et de vie est dressé signé par Louis Chasteau dont nous reparlerons[84].

1er octobre 1792 : les religieuses quittent Guesnes et deviennent pensionnaires de la nation, une pension de 700 livres est attribuée à chaque religieuse de chœur et de 350 livres à chaque converse

21 octobre 1792 : un troisième envoi d’argenterie fait le 21 octobre 1792 dont un soleil d’argent pesant 3 marcs 5 onces et 4 gros ; 6 chandeliers d’autel, un calice et sa paterne, un ciboire, un encensoir et sa navette pesant 29 marcs 5 onces et un demi-gros provenant de l’ancien couvent de Guesnes sont envoyés au directeur général des monnayes[85].

Les religieuses sont dispersées. Marie-Anne Couraud de Salvert (1740-1824), religieuse de Guesnes et résidant à Fontevraud de 1785 à 1790, trois religieuses de Civray, une du Ronceray d’Angers se joignent aux anciennes professes de l’abbaye de Sainte-Croix de Poitiers afin de restaurer l’ordre de Sainte Croix, en 1808[86].

 Le 14 frimaire An III (13/12/1794), l’ancien logis du prieur est estimée à 2450 l.t., avec un bâtiment propre à faire des écuries, une cour, un hangar, un jardin, un puits avec une margelle en pierre. Les commissaires pensent que cette maison pourrait servir à loger un prêtre en qualité de desservant vu l’éloignement de la paroisse voisine[87].

XIXe et XXe siècles

1922 : dépecé par l’entremise de maître Aymard, notaire à Loudun qui vend à un collectionneur américain, colonnes et chapiteaux de la nef[88]. Un document photographique, une carte postale de 1912, nous est parvenue, attestant l’existence de chapiteaux sculptés dans la nef de Guesnes

Iconographie

 Eglise des moniales

Eglise des moniales : Notre-Dame des Allégresses (A.M.Loudun GG 224)

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Nef de l’église des moniales, Guesnes. C.P. Ed. Thomasson, Angers (début XXe s.)

« Le chœur dont l’hémicycle est en appareil décoratif (losange, imbrication), chapelle latérale construite par Anne d’Orléans, sœur de Louis XII et abbesse de Fontevraud en 1478 clef de voûte à ses armes (écartelé d’Orléans, de Clèves de Milan et de La Marck)[89]. Le chœur est éclairé par 3 baies en plein cintre à colonnettes, deux subsistent. Leur voussure est ornée de claveaux découpés en forme de pointes de losanges qui s’égrènent les uns dans les autres. Entre chaque baie apparait un bel appareil en forme de peltes ou écailles de poissons. La voûte en cul de four repose sur une frise, orné d’un ruban, qui s’enroule en une succession de 8. Une frise à dents de loup court autour de l’abside, sous les fenêtres »[90].

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Choeur de l’église des moniales, Guesnes. Photo JGE

« L’église du prieuré des femmes est orientée Est-Sud-est. Les vestiges conservés en élévation sont le mur sud de la nef, l’abside du chevet et deux chapelles accolées au sud. L’une des chapelles occupent la même position qu’un bras du transept sud. L’autre se situe dans son prolongement à l’est, elle possède aux moins deux enfeus. Un bâtiment à l’ouest de l’église, bien que ruiné, présente des élévations encore suffisamment bien conservées pour dévoiler une organisation interne et divers aménagements. Cet édifice possède une série d’ouvertures défensives, vestiges de fortifications du prieuré. Il pourrait s’agir d’un bâtiment construit au début du XVe siècle pour la défense du couvent. L’église de Guesnes semble avoir eu des dimensions semblables à celles des églises de Villesalem et Lencloître (42 m x 16 m) »

 « Ce qui reste de Guesnes inspire de vifs regrets pour ce qui a disparu. Au fond d’une grange, on voit l’intérieur d’une abside en hémicycle dans laquelle s’ouvraient des fenêtres à colonnettes ; leur cintre est appareillé de deux rangs de claveaux taillés en pointe entre lesquels s’intercalent des losanges ; entre les fenêtres, le parement est appareillé en écailles de poisson. A la naissance de la voûte, courait un cordon orné de rubans noués, survivance de l’art pré-roman dont on trouve l’équivalent à la corniche de Lencloître. En avant le chœur est voûté en berceaux. Il ne semble pas qu’il y est eu un transept, mais un faux carré comme dans beaucoup d’église de l’Angoumois ; il en reste les piles sud faites de groupe de trois ou de cinq colonnes soudées ; l’une d’elles placée en biais par rapport aux autres, n’aurait-elle pas reçue la pointe inférieure d’un pendentif de coupole comme à Lencloître ou Fontevraud ? La même disposition se répétant sur la face occidentale de la pile sud-ouest ; on se demande si Guesnes n’aurait pas eu une nef à coupoles comme à Fontevraud »[91].

« Le sanctuaire simple sans transept a été aussi adopté dans certains prieurés fontevristes Guesnes et Montazay »[92].

« L’appareil réticulé persiste au début du XIIe siècle comme à Fontevraud et au prieuré de Guesnes »[93].

« La géométrie ornementale, du cube elle fait le damier ; le décor roman obtient l’effet par juxtaposition de rangées contrariées de cubes en saillie et en creux ? C’est un ornement aussi anciennement utilisé que les billettes ; il dure à travers toute la période romane ; on le trouve au début du XIIe siècle à Fontevraud et dans les prieurés fontevristes de Villesalem et de Guesnes »[94].

« De la corderie ou de la vannerie dérive la torsade qui appartient déjà à l’art pré-roman. A Fontevraud, elle devient une somptueuse cordelière harmonieusement nouée. Les rubans nattés ou noués de Fontevraud et ceux des églises fontevristes de Guesnes, Lencloître et Raslay ont, sans doute, la même origine »[95].

La travée qui s’intercale entre le sanctuaire et la nef est délimitée par quatre gros piliers engagés qui supportent le clocher.[96].

Nef

Il existe une carte postale datée de 1912 sur laquelle est visibles des chapiteaux romans dont nous avons constaté l’absence. En 1922, maître Henri Aymard a vendu les chapiteaux du portail de l’église et du cloître gothique à un collectionneur américain[97].

Actuellement au musée de l’art roman à Loudun, nous pouvons voir des chapiteaux provenant de Guesnes :

-chapiteau n° V, XIIe siècle : motif deux lions, un masque et un troisième animal.[98].

-chapiteau n° XIII ; XIIe siècle : Sirène à double queue tenant du feuillage[99].

-chapiteau n° XX, XIIe siècle : Dragons affrontés[100].

-chapiteau n° XXI, XIIe siècle : Oiseaux affrontés à tête renversée et queux de poissons[101].

-tailloir 3, XIIe siècle,

Tous ces chapiteaux ont été transférés entre 1922 et 1925.

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Sirène à double queue, chapiteau provenant de Guesnes. Musée de L’Art roman, Loudun (86)

Galerie à arcades

La galerie à arcades est édifiée en 1862 devant le logis des religieuses par le père Chasteau[102]. Elle remplace une galerie en bois. On accède à l’étage par un escalier extérieur. Les fenêtres du premier étage sont d’origine et donnent sur des chambres avec cheminées des XVIe et XVIIe siècles.

Chauffoir, salle capitulaire

Deux enfeus avec deux gisants, un chevalier et une damoiselle ont été découverts en 1998.

Deux maximes peintes en 1690 sont encore en place sur les murs du chauffoir : « Que la distance est petite des plaisirs de la table aux larmes de l’éternité » et « Une vie sainte recherche et trouve l’immortalité dans la mort même » [103].

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Maxime, 1690, chauffoir des moniales, Guesnes. Photo JGE

Nous trouvions les armes de Louise de Bourbon sur le mur séparant les deux pièces. Elles ont été déplacées et mises sous un appentis attenant à la galerie de 1862  en 2013.

Eglise de Saint-Jean-de-l’Habit

 « L’église paroissiale est l’ancienne chapelle du prieuré des moines. Le bâtiment est orienté sur un axe nord-sud. Les murs nord et ouest semblent être les seuls vestiges d’une construction médiévale »[104].

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Eglise des moines, aujourd’hui paroissiale de Guesnes. C.P. Jacquet, Chinon.

La grande porte « en l’allée qui va au bourg » est celle ouverte en février 1671 pour permettre aux habitants de Guesnes de suivre la messe. L’église de Saint-Jean-de-l’Habit devient église paroissiale, annexe de Dercé[105].

Le mobilier du couvent des religieuses est transporté dans l’église Saint-Jean-de-l’Habit, église des hommes, devenue église paroissiale en 1803.

Assomption de la Vierge

Tissu brodé et peint, fin XVIIIe. Cette Assomption pourrait provenir de la priorale.

Bannière de procession, aujourd’hui disparue

Deux panneaux de velours montés en bannière de procession, velours uni, brodé, XVIIe s., h=176; la=124; h=77; église de St-Jean, Guesnes. Figure biblique (Salvator mundi; Saint-Jean-Baptiste; IHS)[106].

Oeuvre disparue. Figure biblique (Salvator mundi; Saint-Jean-Baptiste; IHS)

Bannière de procession, église de Saint-Jean, Guesnes. Photo Inventaire sap83_86w00145

Tabernacle

Tabernacle, bois doré peint, XVIIe s., couleur blanche et or, la=220, église Saint-Jean-Baptiste, Guesnes. Ce tabernacle comprend cinq niches avec statuettes représentant : Saint-Joseph, « une religieuse ceinte d’une cordelette », Sainte-Madeleine, Saint-Pierre et un Evangéliste. La statuette de la porte a disparu.[107].

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Tabernacle, église Saint-Jean, Guesnes. Photo Inventaire sap83_86w00148

« Ce meuble est posé sur un gradin décoré d’un cartouche central à lambrequins flanqué de feuillages ; le soubassement est aussi orné de feuilles d’acanthes et de têtes d’angelots. Le corps central : porte et panneaux latéraux sont dotés de niches à statuettes, deux anges en relief d’applique, debout les mains jointes, supportent l’entablement qui, en façade, est surmonté d’un fronton en ailerons. Les dernières colonnes sont jumelées : il y en a au total huit. Les statuettes de gauche à droite Saint-Joseph accompagné de l’Enfant Jésus, puis une religieuse qui porte une cordelette, Sainte-Madeleine tenant un vase à parfum Saint-Pierre avec ses clefs et un apôtre tenant un livre. Le couronnement de ce tabernacle est constitué, comme à Bournand, par un vaste tambour polygonal sculpté, pourvu de deux galeries à balustres, flanqué d’ailerons et coiffé d’un toit à l’impériale surmonté d’un lanternon dominé par une statue du Christ »[108].

Viviers

Deux viviers existaient près de la clôture, celui de droite a été comblé. La Briande passe dans la clôture proche des viviers, une autre branche de la Briande passait à Baffolet et Pain Perdu deux moulins dépendant de Guesnes.

 

Enterrement dans le prieuré : DROGO Thomas

Droco, Drogo, Drogonus, Dreux (dans cartulaire de Bienvenu)

Les filiales fontevristes demeurent de simples prieurés devant obéissance à l’abbesse de Fontevraud qui a pleine autorité sur l’ensemble de l’ordre ainsi centralisé.

L’abbesse, chef et générale d’ordre, choisit parmi ses religieux des confesseurs pour le service de ses prieurés. Ils sont dispensés de l’approbation de l’ordinaire du diocèse, l’abbaye est sous la protection directe du Saint Siège. Chaque prieuré accueille dans son cimetière les corps des défunts autres que ceux de la communauté. Les serviteurs, les domestiques, les pensionnaires sont confessés et enterrés par les religieux choisis par l’abbesse. Aucune rétribution ne peut être exigée par les curés des paroisses.

En 1240, le chevalier Thomas Drogo fonde la chapelle « Gali », à l’intention de son âme et de celle de son fils qui y est enterré et désire que le prieur et « l’abbesse » de Guesnes ait un prêtre pour y célébrer la messe[109]. Françoise Grelier se pose la question au sujet de l’identification de cette chapelle « Est-ce ce une fondation dans l’église ou une chapelle indépendante[110] »?

Est-elle de la même famille que notre Drogon ? Sous Pétronille de Chemillé, une certaine Torcade, «  illustre veufve de feu Pierre de Drogon » se donne au service de Dieu. Ses enfants Guillaume et Simon de Drogon donnent « tant pour vostre respect que pour le salut de leurs ames, et de leur deffunt père, une borderie à La fontaine de deffunt Renaud, et le pré dans lequel est la fontaine, et l’erbaud de Logeboisseau »[111].

Pierre, fils de Drogon donne entre les mains de Pétronille de Chemillé, deux manses de terre à la Taconnière et le hauban de Lorgeboisseau[112]. Torcade, veuve de Pierre de Drogon, a pris l’habit de Fontevraud et que ses trois fils ont, à cette occasion, fait don d’une borderie et d’un hébergement. Non daté. Passé à Airvault sous le priorat d’Aléarde de Loudun, prieure de Fontevraud entre 1144 et 1150[113].

Jeanne de Dreux ou de Brenne rend visite à Guesnes en 1213 et sera abbesse de Fontevraud de 1265 à 1276. Est-elle de la même famille que Thomas Drogo ?

Cimetières

Au XVIIIe siècle et peut-être avant, Guesnes possède deux cimetières. Celui à l’intérieur de la clôture est réservé uniquement pour les moniales. Les domestiques, les serviteurs et les pensionnaires de la communauté sont enterrés dans le cimetière extérieur, soit remis par le frère confesseur des moniales à la porte extérieure du monastère, soit inhumé par lui.[114].

Un privilège, recherché par les donateurs, est d’être enterrés soit dans les cimetières des religieuses, soit dans l’église priorale. En échange, les revenus perçus pour les enterrements et les legs donnés aux moniales, sont une immense source de revenus. Le 9 février 1764, la tourière Simonie Boisser, veuve de Claude Liège, est inhumée dans la chapelle de Saint-Jean-de-l’Habit[115].

[1] REDET, Dictionnaire.

[2] TRINCANT Louis, Abrégé des antiquitez de Loudun et pais de Loudunois, p. 19.

[3] Guillaume Ier Gilbert (1117-1123) meurt à Fontevraud au cours d’une visite. Il est inhumé à gauche du maître-autel de l’abbatiale.

[4] AUSSIBAL (A), L’Art fontevriste, p. 18.

[5] BIENVENU, thèse, p. 150.

[6] GRELIER Françoise, Thèse, p. 252.

[7] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 295.

[8] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 296.

[9] La Puye, Raslay, Lencloître-en-Gironde, Guesnes.

[10] BIENVENU Jean-Marc, thèse, p. 163. Bienvenu J.M, Grand Cartulaire, ch. 79.

[11] BIENVENU Jean-Marc, Grand Cartulaire de Fontevraud, ch. 647.

[12] PAVILLON, La vie du bienheureux Robert d’Arbrissel…de Fontevrault, pp. 162, 164.

BIENVENU Jean-Marc, Grand Cartulaire de Fontevraud, ch. 155.

[13] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire…, pp. 236-237.

[15] GRELIER, Le temporel …..    à la réforme du XVe siècle, p. 239.

[16] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 88, p. 77.

[17] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 72.

[18] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 73.

[19] BIENVENU Jean-Marc, Grand Cartulaire, ch. 53.

[20] BIENVENU Jean-Marc, Grand Cartulaire, ch. 60, p. 51.

[21] BIENVENU Jean-Marc, Grand Cartulaire, ch. 53, p. 45.

[22] BIENVENU J.M, Grand Cartulaire, ch. 237.

[23] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 248.

[24] LARDIER Jean, La Saincte Famille, p. 282.

[25] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 252.

[26] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 580.

[27] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 452.

[28] LARDIER Jean, La Saincte Famille, p. 257.

[29] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 371.

[30] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 893.

[31] BIENVENU Jean Marc, thèse, p. 148.

[32] BIENVENU Jean Marc, thèse, p. 548.

[33] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 31, p. 24.

[34] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 32, p. 25.

[35] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 33, p. 26.

[36] [36] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 4, p. 5.

[37] BIENVENU Jean Marc, Grand Cartulaire, ch. 37, p. 45.

[38] LARDIER Jean, La Saincte Famille, p. 263.

[39] Jeanne de Dreux ou de Brenne, abbesse de 1265 à 1276.

[40] LARDIER Jean, op.cit., p. 426.

[41] A.D.M&L, 151 H 3.

[42] TRINQUANT Louis, Abrégé des Antiquitéz de Loudun, pp. 38-39.

[43] BOISSONADE P, Histoire de Poitou, p. 142.

[44] B.N. ms n° 3. TRINCANT Louis, Abrégé des Antiquitéz de Loudun et païs de Loudunois, Ed. Firmin Loudun, 1994, pp. 38-39.

[45] A.D.Vienne, 2H5 liasse17. Trinquant, op.cit., p. 39.

[46] GRELIER Françoise, Le temporel….., p. 158. A.D. Vienne, 2 H 5, liasse 17

[47] DUMONT Jacques, Le prieuré de Guesnes, Picton, n° 69, 1988, pp. 50-58.

[48] LARDIER, Ste Famille, p. 561.

[49] NICQUET (H), Histoire de l’Ordre de Fontevrault……, p. 479.

[50] LARDIER, op. cit., p. 628.

[51] A.D.Vienne, Papier de recette (1770-71) 2H5 liasse 17.

[52] A.D. Vienne, liasse 17. Inventaire des titres du prieuré de 1789 fait par Magdelaine Vallette de Champfleury, boursière.

[53] A.D.Vienne, 2H5 liasse 17,  droit d’armoiries.

[54] A.D.Vienne, 2H5 liasse 17.

[55] A.D.M&L, 151 H 1

[56] A.D.Vienne, 2H5 liasse 17.

[57] A.D.M&L, 151 H 2.

[58] A.D.Vienne, 2H5 liasse 17.

[59] A.D.Vienne, 2H5 liasse 14.

[60] DURAND (Philippe) et ANDRAULT (Jean-Pierre), Châteaux, Manoirs et Logis. La Vienne, p. 76.

[61] A.D.Vienne, 2H5 liasse 17.

[62] A.D.Vienne, 2H5 liasse 17. A.D.M&L, 151 H 2.

[63] A.D.M&L, 151 H 7.

[64][64] A.D.M&L, 151 H 1. Debrou est marchand boucher à Loudun.

[65] A.D.M&L, 151 H 2

[66] A.D.Vienne, 2H5 liasse 14.

[67] A.D.Vienne, 2H5 liasse 14.

[68] A.M. de Guesnes, Registres paroissiaux, 1757, 1764

[69] Prieuré fontevriste, commune de Journet, canton de la Trimouille, diocèse de Poitiers.

[70] A.D. Vienne, 2H5 liasse 14.

[71] Baptisée à Langeais le 31 mai 1739, fille d’Urbain Despagne, greffier au tribunal de Langeais. Le 24 août 1792  prête serment à la Nation (loi du 14 août). 30 messidor An VI, domiciliée à Monts. Taille 4 pieds 10 pouces, cheveux gris, sourcils châtains clairs, visage coloré (A.D. Vienne L 258-2). Ex-religieuse

[72] Baptisée à St-Pierre d’Epieds le 10/11/1743, fille de maître Clément Jean Vallette de Champfleury, capitaine d’infanterie. Serment à la Nation le 24 septembre 1792 (ex-religieuse). Certificat de résidence à Guesnes ; taille 5 pieds, cheveux et sourcils gris blonds, yeux bleus, nez pointu, bouche moyenne, visage coloré, le 30 messidor An VI (A.D. Vienne L 258-2).

[73] Le 30 messidor AN VI, ex-religieuse domiciliée à Monts, a prêter le serment à la Nation le 24 septembre 1792 (A.D. Vienne L 258-2).

[74] Fille des défunts Paul Gaudineau et Chefdevergue, demeurant à Guesnes.

[75] Baptisée le 24 avril 1731 à Notre-Dame de Berthegon, fille de Charles Latus, a prêter le serment, jure d’être fidèle à la Nation, le 24 septembre 1792 (municipalité de Guesnes), ex-converse, réside à Guesnes, pensionnaire de la République,le 30 messidor An VI ; de petite taille, cheveux et sourcils noirs, nez gros, bouche moyenne, menton rond, cicatrice à la joue gauche (A.D. Vienne L 258-2).

[76] Baptisée paroisse de St-Clémentin de Civray le 27/02/1735. Serment à la Nation le 24/09/1792. Le 30 messidor An VI, résidence à Guesnes (A.D. Vienne L 258-2).

[77] Naissance paroisse St-Pierre d’Airvault, le 10/09/1727, fille de René Boullard cordonnier. Domiciliée à Guesnes. Serment à la Nation le 24 septembre 1792. Pension de 466 livres 13 sols et 4 deniers (A.D. Vienne L 258-2). Ex-affiliée.

[78] A.D. Vienne L 223.

[79] A.D. Vienne L 223.

[80] BROQUEREAU Michel, Un guide des derniers moulins à vent de la Vienne, Bull. Soc. Ant. Ouest et des Musées de Poitiers, 1963/07-1963/09, p. 173. (Bnf gallica)

[81] A.D. Vienne Q2 31

[82] A.D. Vienne, Q2 31.

[83] Mairie de Guesnes.

[84] A.D. Vienne, L 258/2.

[85] A.D. Vienne, 1 Q 268 argenterie de la Vienne, district de Loudun.

[86] LABANDE (Edmond-René), Histoire de l’abbaye Ste Croix de Poitiers…, p. 443.

[87] A.D. Vienne, Q2 31, art.564 et 677.

[88] DURAND (Philippe) et ANDRAULT (Jean-Pierre), Châteaux, Manoirs et Logis. La Vienne, Association Promotion Patrimoine, Ed. Patrimoine et médias, 1995, p. 76.

[89] SALVINY J, Guesnes, communication à la séance du 17 février 1938, Bull. S.A.O, 3°S, t. XI, 1936/38.

[90] DECOUDIN Dominique, NELBELSZTEIN Virginie, Les églises du Loudunais aux XIe et XIIe siècles, Architecture et sculpture, Mémoire de D.E.A, Université de Poitiers, 1998.

[91] CROZET René, L’art roman en Poitou, p. 97.

[92] CROZET René, op. cit., p. 114.

[93] CROZET René, op. cit., p. 120.

[94] CROZET René, op. cit., p. 173.

[95] CROZET René, op. cit., p. 176.

[96] GRELIER Françoise, op. cit., p. 179.

[97] NEBELSZTEIN Virginie, Catalogue de la collection Henri Aymard, avant-propos.

[98] NEBELSZTEIN Virginie, op. cit., p. 36.

[99] NEBELSZTEIN Virginie, op. cit., pp. 56-58.

[100] NEBELSZTEIN Virginie, op. cit., pp. 74-76.

[101] NEBELSZTEIN Virginie, op. cit., pp. 76-79.

[102] DURAND (Philippe) et ANDRAULT (Jean-Pierre), op. cit., p. 76

[103] DURAND (Philippe) et ANDRAULT (Jean-Pierre), Châteaux, Manoirs et Logis. La Vienne, p. 76.

[104] BOUVARD Patrick, DEA, p. 37.

[105] A.D.Vienne 2 H 5 liasse 17.

[106] Inventaire, sap83_86w00147.

[107] Inventaire, sap83_86w00148.

[108] ROUSSEL J. P., Les tabernacles classiques de la Vienne, Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, XVII, 1984, pp. 560, 561.

[109] B.N. ms. lat. 12755 f. 377.

[110] GRELIER, op.cit., pp. 227, 232. B.N. ms. lat. 12755 f. 377.

[111] LARDIER Jean, Ste Famille, p. 306.

[112] BIENVENU Jean Marc, cartulaire, charte n. 694.

[113] BIENVENU Jean Marc, cartulaire, charte n. 379.

[114] A.M Loudun, GG 224.

[115] A.M Guesnes, registres paroissiaux, 1764.