Prieuré fontevriste du Paravis

Le prieuré du Paravis

Commune Feugarolles (47230)

Canton Lavardac

Arrondissement Nérac

Lot-et-Garonne

Diocèse d’Agen, puis de Condom en 1317

Fondé sous Pétronille de Chemillé

A mes amis Marcel et Annie Mazars, propriétaires de Saint-Jean-de-L’Habit du Paravis, qui ont restauré passionnément le seul prieuré de moines fontevristes qui existe encore en France.

st-jean-de-l'habit, paravis1

Vue aérienne de Saint-Jean-de-l’Habit, Le Paravis, Lot-et-Garonne. Photo de l’ Ass. du Paravis, 1995

 I – Sources manuscrites

 A.D. du Maine-et-Loire

 Série H

195 H 1. Réformation. Procédures. Reconstitution du domaine, 1522-1580

195 H 2. Administration intérieure du prieuré,  XVIe-1740

195 H 3. Droits féodaux. Présentation à la cure, 1566-1733

195 H 4. Domaines. Comptes, 1547-1668

195 H 5. Affaires criminelles du prieuré, 1625-1734

195 H 6. Procédures diverses, 1605 (cop.)-1725

 

A.D du Lot-et-Garonne

Série E supplément

E supplément 2784 : comptes de 1527-1528.

E supplément 2785

Série H

H 16

Série J

1 J 824

1 J 843 : Quittance pour duc de Navailles contre les religieuses du Paravis, 17 novembre 1670

Série L

L 43

L 722

L 726

Série Q

1 Q 177

1 Q 188, pl. n° 2-3 : plan du prieuré vers 1780, rez-de-chaussée, premier étage

1 Q 188, plan n° 9

Fonds de Raymond, n° 152.

Série Fi

7 Fi 122 : C. P. : Feugarolles, prieuré du Paravis

7 Fi 96/4 : C.P. : Feugarolles, Château du Paravis – Ancien monastère des filles nobles de l’ordre de Fontevrault en 1130 (Claverie éditeur à Feugarolles)

7 Fi 96/5 : C.P. : Feugarolles, Le Paravis – Métairie de l’Habit –Ancienne dépendance du monastère des filles nobles de l’ordre de Fontevrault en 1130 (Claverie éditeur à Feugarolles)

7 Fi 96/1 : C.P. Le Paravis, près Port-Sainte-Marie (L.-et-G.). Ruines du cloître de l’ancien monastère des dames de Fontevrault avec la galerie supérieur, tel qu’il était en 1895, Ed. Cliché Abbé Etienne

7 Fi 133/4 : C.P. Lamontjoie (Lot-et-Garonne – Eglise St-Louis. Le Sanctuaire. XVIIIe siècle. Ed. J. Barrieu Phot. Fleurance (Gers) et Astaffort (L.-et-G.)

2116 W 54, 53, 55, 75

 

II – Bibliographie

AUSSIBAL A., L’art fontevriste, Ed. du Zodiaque, 1987, pp. 53-54.

BARRERE abbé, Histoire religieuse et monumentale du diocèse d’Agen, Paris, Librairie Lecoffre, 1855, tome I, pp. 319-323.

BIENVENU Jean-Marc, Les premiers temps de Fontevraud (1101-1189). Naissance et évolution d’un Ordre Religieux, thèse pour le Doctorat D’État, Faculté des Lettres, Paris-Sorbonne, 1980, pp. 254 (n.310), 261, 262, 311, 312 (n.237), 325, 326, 343, 373 (n.116), 423, 522.

BIENVENU Jean-Marc, Abbaye royale de Fontevraud et ses divers prieurés, s.d, p. 3.

BIENVENU Jean-Marc avec la collaboration de FAVREAU Robert et PON Georges, Grand cartulaire de Fontevraud, Société des Antiquaires de l’Ouest, Poitiers, 1er tome-2000, 2e tome, 2005, charte. 642, p. 609 (tome II).

BOUROUSSE de LAFFORRE Jules, Notes historiques sur des monuments féodaux ou religieux du département du Lot-et-Garonne, Revue de l’ Agenais, 1880, pp. 96-99. (reprend Barrière)

CELLARIO Jean-Louis, Les établissements réguliers du diocèse d’Agen au Moyen Age, thèse de doctorat, Bordeaux, 1973.

CARBONNEL-LAMOTHE, Les retables sculptés du diocèse d’ Elne, Thèse de troisième cycle, université de Toulouse, Le Mirail, 1971

COQUARD Georges, Marie-Louise Thimbrune de Valence, 35e abbesse de Fontevraud, novice au Paravis en 1693, moniale en 1700, prieure du Paravis en 1747, abbesse de Fontevraud de 1753-1765, conférence donnée à l’abbaye de Fontevraud, 1989.

CORVISIER Christian, Ancien prieuré du Paravis ; Étude d’histoire architecturale, Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l’Albret, 2000, t. 2, pp. 9-25.

CROZET René, L’ancien prieuré du Paravis, Congrès archéologique de France, Agenais, Société française d’Archéologie, Paris, 1969, CXXVII, 127e cession, pp. 138-141.

DEPONTONT Frank-Louis, Feugarolles en Albret, Les Amis des Cotes de Buzet, 1975, n° 24, pp. 11-28.

DOLLOT Louis, Folles ou sages, les abbesses de l’ancienne France, Perrin, Paris, 1987, p. 289.

DONNEDEVIE Charles-Bernard, Histoire de la commune de Ligardes, Imprimerie Moderne, Agen, 1926, p. 80.

DUBOURG-NOVES Pierre, Guyenne romane, Ed. du Zodiaque ; 1969.

LARDIER Jean, Thresor de l’ordre de Font-Evraud, 1649, volume1, lettre P (Présentations de bénéfices), p. 370.

LARDIER Jean, Volume III de La Saincte Famille de Font-Evraud, 1650, pp. 340, 423, 560, 589, 598, 599, 646, 664, 665, 671, 675, 677, 681.

LAUZUN Philippe, Itinéraire de Marguerite de Valois en Gascogne, d’après ses livres de comptes (1578-1586), Picard et fils, Paris, 1902, pp. 15-73.

LEVRON Jacques, La Belle Angevine, Les feux du Paradis, Ed. du roi René, Angers, 1954, pp. 181-212.

LEVRON Jacques, Les feux du Paradis, Historama, 1972, pp. 96-102.

LUSSEAU Patricia, L’abbaye de Fontevraud aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ed. Hérault, 1986.

MAILLEUX Catherine, La réformation de l’ordre de Fontevraud, 1459-1534, Mémoire de maîtrise, Université François Rabelais de Tours, 1993.

MARBOUTIN Abbé J.R, L’autel du Paravis, Revue de l’ Agenais, 1909,  pp. 289-300.

MARBOUTIN Abbé J.R, Les reliques de Sainte Innocente et la Famille de Valence, Revue de l’ Agenais, t. 41, 1914, pp. 93-.

MARBOUTIN Abbé J., Le prieuré du Paravis, Revue de l’ Agenais, t. 1, 1923, pp. 78-79.

MARBOUTIN Abbé J.R, Le prieuré du Paravis, ordre de Fontevrault, Imprimerie Moderne, Agen, 1924, 234 p.

MARBOUTIN Abbé J.R, Vision d’Antoine La Puiade aux dames du Paravis, Maison d’Édition et Imprimerie Moderne, Agen, 1910.

NICQUET Honorat, Histoire de l’Ordre de Fontevraud, Paris, Michel Soly, 1642,  p. 444.

PAVILLON B., La vie du Bien-Heureux Robert d’Arbrissel, patriarche des solitaires de la France, et instituteur de l’ordre de Font-Evraud, Saumur-Paris, 1666, in 4°, preuves 69 et 70, p. 571 ; preuves 72 et 73, p. 572.

POIGNANT Simone, L’abbaye de Fontevrault et les filles de Louis XV, Nouvelles Editions Latines, 1966, p. 262.

POULAIN Jean, Dictionnaire de l’Ordre Fontevriste, C.C.O, Abbaye de Fontevraud, Janvier 2000, pp. 128-129.

QUATRE Marie-Sophie, Le prieuré du Paravis, prieuré fontevriste, Mémoire de maîtrise, université de Toulouse Le Mirail, U.F.R d’Histoire de l’Art et d’Archéologie, 1993.

Religieuses de Boulaur, Histoire de l’Ordre de Fontevrault, Cocharaux, Auch, 1911-1915.

SAMAZEUILH Jean-François, Dictionnaire géographique, historique et archéologique de l’arrondissement de Nérac, L. Durrey, Nérac, 1881, pp. 570, 571.

SAMAZEUILH Jean-François, L’abbaye du Paravis, Revue de l’ Agenais, 1881, pp. 88-90.

SIMON Pierre, Le domaine du Paravis (Lot-et-Garonne) au XIIIe siècle, Revue de l’ Agenais (Agen), 1987, année 1914, n° 4, pp. 303-324.

 THOLIN G., Supplément aux études sur l’architecture religieuse de l’ Agenais, 1883, p. 40.

prieuré fontevriste du paravis1

Vue aérienne du prieuré fontevriste du Paravis, Lot-et-Garonne. Photo de l’Asso du Paravis, 1995. En bas, le prieuré des moniales, en haut, le prieuré des moines appelé Saint-Jean-de-l’Habit

 

Le Paravis

Le prieuré du Paravis est établi dans la plaine inondable où la Garonne reçoit l’ Auvignon, à une vingtaine de Kms en aval d’Agen.

Le prieuré du Paravis fait partie du diocèse d’Agen jusqu’en 1317, date à partir de laquelle le pape Jean XXII décide de démembrer le diocèse d’Agen et d’ériger Condom en diocèse (bulle du 13 août 1317)[1].

Vingt religieuses du prieuré de Bragerac[2] près de Castelsarrasin, appelées à Fontevraud par l’abbesse, descendent la Garonne en vue de regagner l’abbaye-mère de Fontevraud[3]. Raymond Bernard, évêque d’Agen, retient les voyageuses et en avertit l’abbesse Pétronille de Chemillé (115-1149) en justifiant son initiative par le renom de Fontevraud, « pro famosa celebritate religionis vestrae». Il les installe, dès avant janvier 1131, sur un emplacement donné par les seigneurs du lieu, Amalvin du Paravis et un certain Fort de Vig ou Bic[4].

1131 : Le lieu du Paravis a été pour la première fois cité parmi les possessions de Fontevraud par le pape Innocent II le 16 novembre 1136[5].

Le Pape confirme les principaux lieux et membres dépendants de Fontevraud en particulier celui de « Paradis » et le don de Fort de Bic et d’ Amalvine de Paradis avec sa femme et ses enfants, avec l’accord de Raymond, évêque d’Agen[6] [7].

Au Grand Cartulaire il est fait mention d’une donation (avant 1136) d’une couture de terre in loco Paradisi par un certain Guinard de la Motte, Guinardus de Motta[8].

Quand, avant 1149, Arnaud de Vaupillon – au nord du diocèse d’Auch- prend avec sa femme et sa fille l’habit au Paravis, il fait don de tout ce qu’il possède en alleu à Vaupillon, entre les mains de Raymond Bernard, évêque d’Agen[9]. D’autres membres de sa famille accroissent sa donation et ainsi peut s’élever un autre prieuré à Vaupillon, évidemment issu du Paravis[10]. En 1153, le prieuré de Vopillon est bâti avec « les maisons et les murs d’enceinte »[11].

1209 : Des renseignements fournis par Jean Lardier nous apprennent que, vers 1209, la population du Paravis est de 59 religieuses, 3 prêtres avec le prieur, un clerc et 10 frères lais[12].

1216 : Arnaud de Rovignon, évêque d’Agen donne la dîme de Saint-Laurent[13] au prieuré du Paravis[14].

1246 : Guillaume du Paravis et ses hommes envahissent le prieuré et le pillent. Peu après regrettant son acte, il propose de réparer l’important dommage causé aux religieuses. Il cède une terre proche de son château de Feugarolles et décide d’affranchir les habitants du bourg du Paravis[15].

1249 : Mort de Raymond VII, comte de Toulouse, à Milhau le 27 septembre 1249. Il est embaumé et ramené à Toulouse. De Toulouse, par la Garonne, il arrive au prieuré du Paravis où il reste jusqu’au printemps, puis est transporté à Fontevraud par Guillaume de Puy-Laurens son chambellan[16]. Sous l’abbatiat de Mabile de La Ferté ou de Blois (1244-1265), il est inhumé aux pieds de sa mère Aliénor d’Aquitaine comme il l’avait demandé.

1253 : donation de Bonel, Guilhaume et Arnaud de la Serre, trois frères qui donnent l’église et ses dépendances et la dîme de Saint-Pierre de Lucbon[17] (Lubbon) à Dieu et aux dames du Paravis[18].

St pierre de lubbon

Saint-Pierre de Lubon, Les Landes

Au XIIIe siècle, de nombreuses donations sont faites au Paravis. Des seigneurs se retirent au prieuré du Paravis. Les moniales font de multiples achats, elles acquièrent des terres près de Primet à Mazères en 1243, des vignes à Mazères en 1252, de près situés dans la paroisse de Saint-Pierre de Meneaux et de Saint-Martin de Lozets en 1281 et achètent à un habitant de Port-Sainte-Marie une pièce de terre dans les paroisses de Meneaux et de Saint-Laurent (1292)[19].

1259 : Sous Mabile de la Ferté (1244-1265), une bulle du pape Alexandre IV ordonne aux prieurs à rendre compte à l’abbesse de leur administration et à se ranger sous son autorité, leur défend de vendre ou d’acheter des biens sans l’autorisation de l’abbesse et met sous la dépendance absolue de la maison Mère tous les couvents et prieurés de l’ordre et des religieux et religieuses.

1297 : le prieuré compte 14 sœurs de chœur et 10 frères[20].

1er décembre 1298 : Les Templiers établis à Port-Sainte-Marie sont des voisins gênants pour les religieuses et sont en conflits permanents avec elles. En 1298, une transaction met fin à cet antagonisme et les moniales deviennent propriétaires de l’église du Temple[21], avec les dîmes qu’ils avaient sur la paroisse de Saint-Laurent ; tous les livres ecclésiastiques, les calices et ornements de la chapelle, ainsi que les reliques, ils cèdent tout ce qu’ils ont dans la ville du Port-Sainte-Marie. Transaction faite en présence de la prieure dame Honorine, prieure, et du prieur Jean de Saint-Fort. En échange, le prieuré du Paravis donne la grange et l’église de Bonnefont, la grange et châtellenie de Lomiers, etc..[22]. Acte signé dans l’église Sainte-Marie du Paravis en présence de 11 moniales et 6 frères prêtres. Le frère Guy Adhémar, général du Temple et l’abbesse de Fontevraud, Marguerite de Pocey (1284-1309) ratifient cet acte en mai 1298[23].

1304 : visite de Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux (élu pape sous le nom de Clément V, l’année suivante).

 1317 : le pape Jean XXII par la bulle du 13 août décide de démembrer le diocèse d’Agen et d’ériger Condom en évêché. Le prieuré du Paravis passe dans l’évêché de Condom[24].

 

Guerre de Cent Ans (1337-1453)

L’appauvrissement général touche la France lors de la Guerre de Cent Ans et le manque de sécurité ne permet pas l’entretien ou la reconstruction des établissements religieux saccagés.

En plus, de nombreuses donations sont contestées par les héritiers : conflit entre les religieuses et Guillaume du Paravis pour une terre située à Romas, elles devront concéder la moitié de la terre à celui-ci. A sa mort, s’il n’a pas d’héritier mâle, cette terre reviendra aux religieuses[25].

1350 : Pendant la Guerre de Cent ans, le prieuré du Paravis « avoict este m’y en ruine par les Engloys »[26] dirigés par Gaubert de Beauville et Bertrand de Gout. Le 28 juin, Robert de Houdetot, chevalier et sénéchal d’ Agenais et de Gascogne, marche sur le Paravis et le reprend aux Anglais qui se retirent sur Bordeaux. Il prend aussi le château de Feugarolles qu’il fait raser.

1353 : le comte Jean d’Armagnac, vicomte de Lomagne, lieutenant du roi en Guyenne et Languedoc, décharge les religieuses du paiement de la somme de 240 livres en considération des pertes et dommages subits par le monastère[27].

1436 : sous Marie d’ Harcourt, abbesse de Fontevraud de 1431 à 1450, le frère Rémy Angrin est constitué doyen de Gascogne en la chapelle du Sépulcre de Fontevraud et est mis en saisine par la tradition de ses lettres et un annel d’or[28].

 

Réformation

En 1460, Marie de Bretagne (1457-1477), pour réformer tout l’ordre, donne au père Guillaume Bailleul, grand prieur de Fontevraud l’ordre de visiter tout l’ordre et de rapporter un compte exact du nombre de personnes religieuses qu’il trouvera dans chaque prieuré, l’état des maisons tant pour le spirituel que pour le temporel. La ruine des bâtiments, la perte des revenus à cause des guerres avec les Anglais provoque un grand désordre dans l’ordre.

Marie de Bretagne 002 - Copie

Marie de Bretagne (1457-1477). Tiré des sœurs de Boulaur, Auch, 1913, p. 170

Le prieuré du Paravis est pratiquement désert. La prieure avec une religieuse vivent seules dans le prieuré dont le revenu est seulement de 1800 livres. Il n’y a plus aucun religieux[29]. Ces données nous montre l’état pitoyable de l’ordre en général.

1471 : Marie de Bretagne nomme le frère Jean Perdriau, prieur de la Grâce-Dieu, afin de visiter les couvents de Gascogne[30].

Ce n’est qu’au début du XVIe siècle que la réforme est appliquée au Paravis. Cette réforme réduit l’importance des hommes, le titre de prieur est supprimé ; il n’existe plus qu’un confesseur. Les seuls moines vivent à l’abbaye mère et sont dirigés par un prieur.

Madame présente un religieux à l’évêque d’Agen pour la cure du Port-Sainte-Marie (1502). La cure de Sainte-Madeleine de Limon, dans le diocèse de Condon, est aussi une dépendance du Paravis.

La réforme est introduite très tard au prieuré du Paravis. C’est surtout du côté des religieux de L’Habit qu’il y a de la résistance

Renée de Bourbon, abbesse de Fontevraud (1491-1534), nomme son vicariat pour visiter tous les couvents de l’ordre tant réformés que non réformés. Elle nomme pour la province de Gascogne, en 1522, les frères Antoine de Burion et le frère Jérosme Paris. Après le décès du frère Louis François pour la Gascogne, elle nomme le frère Denys Chedeville.

1522 : Ce n’est qu’en 1522 que Renée de Bourbon entreprend la réformation du prieuré du Paravis, suite à l’arrêt du Grand Conseil. Auparavant, elle fait établir une enquête pour déterminer l’état du prieuré. Le procès-verbal rédigé par les procureurs de l’abbesse dit que « par arrest du grand conseille » la réformation est ordonnée au prieuré du Paravis. « Dix huict religieuses » réformées plus « six religieulx pour leur administrer le sacrement d’église » ainsi que le service divin sont envoyés au Paravis[31] le 23 juin 1522[32]. Ils doivent suivant la Règle vivre en maison séparée. Les religieux vivent dans la partie appelée « l’Habit » comme à l’abbaye-mère.

Ce couvent est déjà réformé quand Renée de Bourbon, le 20 septembre 1524, donne à sœur Marguerite de Caumont, prieure du Paravis, un ample vicariat pour les prieurés non réformés de la Gascogne[33].

Frère Louis Ducharge, soi-disant prieur, Thomas Bonin et Vidau Barbe détiennent la maison et tous les revenus du prieuré. Il est impossible de loger les nouveaux religieux et de faire vivre les religieuses et tout le personnel. Il faut recourir à l’autorité civile. L’arrêt prévoie « que les biens, revenuz et émolumens d’icelle religion seroient communs entre eulx et aussi seroient exploictés par leur vivre a contrement édiffice et répparacion des esglises et prieurés qui estoient en ruine commune »[34] . Finalement la vie régulière du prieuré reprend son cours, selon l’abbé Marboutin, on dénombre 30 religieuses en 1538. Marguerite de Caumont, prieure de la réforme, tombe malade et meurt en 1526. Son tombeau était dans la partie supérieure du chœur des religieuses et portait cette inscription « Ci-gist sœur Marguerite de Caumont dite de Lauzun, prieure reformeresse de cette maison, à qui elle a fait bien des services et augmenteresse d’icelle. L’an MDXXVI pour son âme ».

Vers 1515, la révolte protestante contamine la France. Dans cette partie du territoire, grâce aux complaisances de Marguerite d’Orléans, reine de Navarre, la nouvelle hérésie fait de nombreux adeptes. Autour du Paravis les protestants sont installés à Feugarolles et Port-Sainte-Marie. Le roi Charles IX, à la prière de sa cousine Louise de Bourbon, abbesse de Fontevraud de 1534 à 1575, lui accorde des lettres de sauvegarde et ordonnent à « tous ses officiers de protéger les dames du Paravis ». On apprend qu’elles sont « 40 filles vivant soulz closture perpétuelle ».

Fébronie Souchet, prieure, continue l’œuvre de restauration spirituelle et matérielle :

1530 : réparation des cloches[35] ; elles doivent être prêtent pour Pâques. L’horloge est refaite.

1534 : l’église des moniales est restaurée, l’évêque de Condom, Mgr Erard de Grossoles vient consacrer l’église et le grand autel le 27 septembre 1534. On dit dans le cartulaire que l’évêque renferme dans le maître-autel les reliques de Saint-Mathieu et de l’une des 11000 Vierges[36].

1546 : les moniales reçoivent la visite de la reine de Navarre, Marguerite d’Orléans. Le 13 septembre de l’année suivante, elle revient au Paravis et fait don de 56 livres pour divers travaux dont «  un escalier allant au dortoir à l’église et les vitres de la nouvelle chambre ; la chambre et l’escalier sont appelés « chambre et escalier de la Reine »[37]. Cette chambre, sans doute, est réservée dans le couvent aux hôtes de marque.

1552 : donation pour la maison de l’Habit de 150 livres par Jean de Capdequi, abbé de Saint-Jehan de Castelle, notamment pour le logis du Treuil à l’Habit, pour faire une cheminée à une chambre joignante le dit logis (Photo JGE 1996).

 

et pour faire un clocher sur la chapelle de l’Habit pour mettre l’horloge et les cloches. Il donne vers 1555, 75 livres pour la clôture de l’Habit et en 1558, il offre 12 livres 5 sols pour la maison des religieux. En échange les religieuses lui proposent d’être leur hôte jusqu’à la fin de ses jours Il aide surtout aux réparations de l’Habit où il vient régulièrement[38].

 

1570 : Ce n’est que le 14 mars 1570 qu’elles regagnent le prieuré à l’exception de 6 d’entre-elles, trop faible pour voyager[39]. Elle trouve le prieuré en triste état.

 Noël 1578 : Catherine de Médicis vient à Port-Sainte-Marie pour des affaires de pacification et découvre le prieuré du Paravis et le prend sous sa protection ; elle accorde aux religieuses le droit de faire mettre les armes royales sur la porte du monastère et des maisons qui en dépendent, en signe de sauvegarde. Elle a emmené avec elle sa fille Marguerite de Valois, la fameuse « Reine Margot », en signe de pacification, pour la présenter à son futur époux Henri de Navarre[40].

A la même date, la prieure du Paravis gère celui de Saint-Aignan alias Bragerac[41].

1580 : la reine Marguerite revient au Paravis, et au mois d’avril, le roi de Navarre accorde des lettres de sauvegarde et permet de mettre ses armes à l’entrée de la maison. Les dons faits par Catherine de Médicis et Marguerite de Valois permettent de restaurer progressivement le prieuré. A cette date 18 religieuses gèrent le prieuré [42].

1586 : Marie de Capdequi, prieure, construit deux ponts, l’un du côté de la grille et l’autre du lavoir. Reconstruction de l’aile ouest et peut-être l’aile nord, on trouve une date 1604, sous le règne d’Henri IV et sous le priorat de Marie de Montluc, fille du maréchal mémorialiste Blaise de Montluc.

pont sur l'auvignon

Pont sur l’ Auvignon dans le domaine du Paravis. Base Mérimée IA47000465

Selon un acte de 1586, ce pont, qui comporte une seule arche en plein-cintre enjambant un petit affluent de l’ Auvignon, est élevé sous l’autorité de Marie de Monluc, prieure du couvent du Paravis. L’arche en plein cintre est composée de claveaux réguliers et d’un blocage en maçonnerie. Le tablier ne comporte pas de garde-corps. Témoin de la mise en valeur du domaine du prieuré fontevriste du Paravis à la fin du XVIe siècle[43].

 

 XVIIe siècle

 Vers 1604 : le poète Antoine de la Puiade (de Lapujade) raconte que, pendant son sommeil, une ancienne religieuse du Paravis lui apparait. Elle est resplendissante de lumière et de beauté et porte toutes les marques des élus. Elle s’adresse au poète et nomme les religieuses qu’elle a laissées au monastère. Il comprend que c’est l’âme de Mme de Lauba, ancienne prieure, qui vient se manifester à lui Dans cette vision, le poète nous apprend qu’il a logé au Paravis avec la suite de la reine Marguerite, dont il était conseiller et secrétaire lors des séjours que cette reine y fit en mars 1579 et avril 1580[44].

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Cloître Sainte-Marie, Paravis, Lot-et-Garonne. Cliché Marboutin, fin XIXe siècle

Le cloître a été reconstruit en 1604, sous le priorat de Marie de Monluc, comme l’indique l’inscription que l’on voit au-dessus de la porte d’entrée dans l’intérieur du cloître. « NON PROSPER LOCUM/ GENTEM, SED PROPTER/ GENTEM DEUS LOCUM/ ELEGIT 2 MAC. 5/ FAICT LAN 1604 ».

 

Porte d’entrée à l’intérieur du cloître Sainte-Marie, aile Ouest, 1604. Photo JGE, 1996.

Hélène de Galard Terraube, fille de Bertrand de Galard, baron de Terraube, seigneur de Bordes, et de Diane de Dantré de Lusignan, succède à Marie de Monluc. Elle a été prieure du Paravis entre 1603 et 1612. Elle commande un autel pour le chœur de l’église qui est consacré par le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux en l’honneur de la Sainte-Vierge[45], en 1609.

1609 : le 4 mars, les religieuses du Paravis donnent l’église du Temple Saint-Vincent-du-Port-Sainte-Marie, pour le service de la paroisse de Saint-Vincent, dans laquelle elles ne font rien et qui est abandonnée. En 1551, l’évêque Jean de Valier ne peut y entrer et constate par les fenêtres l’abandon de cette église, y interdit de faire des offices[46].

1613 : L’évêque de Condom, Jean Duchemin, unit la paroisse de Sainte-Madeleine de Limon, comprise dans la commune de Feugarolles, au monastère du Paravis, à la demande de la prieure Hélène de Tarraube[47].

 

Madame Louise de Bourbon de Lavedan (1611-1637) présente un premier religieux du nom de Raymond Laffite (1612) à la cure de Limon [48].

1619 : La gestion du prieuré de Saint-Aignan était administré par un procureur laïque sous l’autorité de la prieure du Paravis. En 1609 dans un cahier de comptes on relève une note : « le 11 août 1609, la Garonne et les ruisseaux débordent ».

Saint-Aignan est rétabli ; une religieuse du Paravis est élue prieure de Saint-Aignan, Catherine de Pontac[49].

1629 : Françoise de Roquepine, prieure, fait réaliser un retable pour le chœur, elle le commande le 18 avril 1629 à Innocent Cochoy, menuisier parisien, et à Gaspart Dousset, sculpteur natif de Verdun en Lorraine[50] Sous le règne de Louis XIII (roi de France, 1610-1643), les progrès de la Contre-Réforme catholique a mis à la mode les retables baroques monumentaux.

Françoise de Roquepine: Fille de Bernard de Roquepine et Anne de Biran. Bernard a joué un très grand rôle durant les guerres de religion et la ville de Condom qu’il a gouvernée et défendue. Prieure durant 3 périodes de 1619-1621 ; 1625-1631 ; 1641-1643[51].

1647 : Puis en 1647, Dame Philippe Dolivier, prieure, le fait dorer. Elle s’adresse à Pierre Launet, maître doreur agenais. Le contrat est passé en présence de frère François Berthelot, religieux de l’ordre de Fontevraud, et confesseur dudit couvent[52].

 4 avril 1648 : Catherine de Calvimont, prieure, reçoit la quittance de Pierre Launay de la somme due de 1778 livres dues sur les 3000 livres du contrat[53].

1649 : de nouveaux troubles apparaissent, elles demandent des lettres de sauvegarde au Prince de Condé qui leur sont accordées. Louis de Bourbon les prend sous sa protection en 1651. Le comte d’ Harcourt leur accorde aussi des lettres de sauvegarde ; mais les soldats commettent divers dégâts au Paravis. Durant plusieurs semaines les religieuses doivent loger, nourrir, s’occuper de plus de 500 personnes. Puis la Fronde ayant pris fin, elles s’occupent de remettre le couvent en état, elles font construire une infirmerie en 1657 sous la prieure Philippe Dolivier[54]. Par la suite, elles décident de faire construire une guérite à l’Habit (1661)[55].

1664 : Françoise de Montpezat fait construire une voûte dessous le grand portail de l’entrée, dont la croix est faite en pierre, fait « carreler et la chambre qui respond à lad voûte et ouvrir une fenêtre à lad chambre ». Elle fait bâtir une tuilerie près de l’église de Meneaux, achète la métairie de Cap Blanc. La dernière année de son priorat (1668), la grêle ravage les propriétés du couvent.

1684 : Elles possèdent dans la paroisse de Mazères le lieu appelé La Rame, consistant en vieilles masures, maison, terre labourable, qui est uni à la manse abbatiale vers la fin du XVIIe siècle. Le prieuré du Paravis est chargé d’en gérer les intérêts. Il est chargé, de nouveau, aussi de Bragerac alias Saint-Aignan au XVIIe siècle[56].

 

XVIIIe siècle

Le relâchement dans la discipline amène de graves désordres

 1717-1724 : Incendie au Paravis

Grassiane Dubos, religieuse convers, met le feu au couvent. Le procureur fait enlever la dite sœur et la met en prison. Louise-Françoise de Rochechouart, abbesse de Fontevraud de 1704 à 1742, ne veut surtout pas que la justice séculière n’empiète sur ses prérogatives. Le visiteur envoyé par l’abbesse la condamne à « la prison étroite et à l’âpre discipline, au pain d’amertume et à l’eau de tristesse ». On s’aperçoit que la converse n’était que la complice d’adversaires déchainés qui s’étaient servis d’elle. Elle est ensuite rendue à la vie civile[57].

1726 : sous le priorat de Marie-Henriette de Péruse des Cars, le commandeur de Burgaud, à la demande de sa nièce et religieuse de chœur Marie-Louise de Valence[58], requiert et obtient du pape Benoît XIII, un des corps saints que l’on retire chaque jour des catacombes de Rome.

En 1728, les reliques de Sainte-Innocente sont remises au prieuré escortées par Henri-Bernard de Valence en faveur du prieuré du Paravis. C’est en grande pompe et en présence de plusieurs évêques qu’elles sont exposées à la vénération du public[59]. Une chapelle est édifiée contre l’abside par le père Élisée, supérieur des grands Carmes d’Agen. Henriette de Montferand fait appel à un  sculpteur d’Agen, Jean Galaud, pour faire un autel. Cet autel est orné de colonnes de marbre, d’une châsse soutenue par des anges. Sur une plaque enchâssée on peut lire « Ici repose le corps de Sainte-Innocente donné par Benoît XIII à la demande du seigneur Henri Bernard de Valence… et déposé le 15 juillet 1728 »

 1734 : Empoisonnement

Sous le priorat d’Henriette de Montferrand, Alexandre Le Saine, premier confesseur au Paravis et vicaire général de la province du Guyenne, mène une procédure criminelle contre sœur Jeanne Granier, jalouse de sœur Marie Girardeau qui lui avait pris sa chambre, coupable d’avoir empoisonné à trois reprises la sœur Marie Girardeau, novice converse, en lui mettant de l’arsenic dans son écuelle de soupe et dans les bouillons et d’avoir volé du linge à la communauté et à plusieurs religieuses ainsi que la clé de la cuisine. Marie Girardeau meurt de « vomissements affreux » et de « maux d’estomac très violents »[60]. Sœur Granier a été condamnée à faire amende honorable, devant la porte de l’église, en présence du visiteur et du couvent, sans porter le voile ni le surplis, les pieds nus, la corde au cou et tenant dans ses mains liées un cierge allumé, pesant deux cent livres et portant devant et derrière un écriteau, sur lesquels on lit « L’empoisonneuse ». S’agenouillant, elle demande pardon à Dieu, à Madame l’abbesse et à tout l’Ordre, et en particulier à la prieure et aux religieuses présentes, du scandale qu’elle a causé. Elle va au chapitre recevoir la discipline. Les converses, les unes après les autres, lui donnent 6 coups chacune, pendant la récitation du Miserere. Elle est condamnée à être enfermée à perpétuité en « prison étroite et close », n’ayant aucune communication si ce n’est avec celles désignées par la prieure pour lui apporter de la nourriture et une consolation spirituelle. En prison, habillée en séculière, elle est nourrie « de pain de douleur et de l’eau de tristesse » et jeûne au pain et à l’eau pendant 6 mois. Après ce temps, tous les lundis, mercredis et vendredis, elle reçoit la discipline régulière en présence de la prieure et des discrètes. Enfin elle fait amende honorable tous les 13 août avec son écriteau et reçoit la discipline dans les mêmes conditions que précédemment[61].

 

Marie-Louise de Timbrone de Valence, abbesse de 1735 à 1765

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Marie-Louise de Thimbrone de Valence, prieure du Paravis puis abbesse de Fontevraud (1753-1765). C.C.O, Fontevraud

 

Marie-Louise Timbrone de Valence ou Thimbrune de Valence (1753-1765) est née en 1681 de Jean-Emmanuel de Thimbrune, marquis de Valence et de Charlotte de la Rochefontenille.

Elle est entrée au couvent le 11 septembre 1693, à l’âge de 10 ans[62]. Élevée et éduquée par sœur Fébronie Souchet à titre, elle prononce ses vœux le 17 juillet 1700, son père donne à l’occasion la somme de 3000 livres d’aumône dotale et 600 livres pour l’ameublement et le trousseau de la religieuse. Vœux sous le priorat de Marie Gères de Gassies et Françoise de Flammarens, prieure du cloître, et 28 sœurs de chœur. Il est un des plus importants du Sud-Ouest ; il abritait une trentaine de religieuses de chœur et une dizaine de sœurs converses[63]

Elle est discrète de 1742 à 1747 avant de devenir prieure en 1747.

Elle est nommée prieure du Paravis[64] où elle exerce ses fonctions jusqu’en 1750, date à laquelle elle est appelée à l’abbaye-mère afin de remplacer, dans la charge de grande prieure, Marguerite d’ Andigné, morte le 3 juin de ladite année. Lorsque le roi donne l’abbaye de Pont-aux-Dames à Angélique de la Roche-Fontenille, cousine germaine de Mme de Valence, Mme de Valence l’accompagne à Paris[65]. Il semble que l’évêque de Mirepoix, Mgr de Champflour, a eu quelque influence dans le choix de Mme de Valence à la dignité abbatiale. Le roi la nomme abbesse en février 1754. Mme de Valence est bénite en l’abbaye royale de Saint-Cyr par Mgr de la Roche-Fontenille. Elle n’arrive à Fontevraud que le 9 juillet 1754.

On dit qu’elle prédit avant sa mort, les désastres de 1789. Elle rend l’âme dans la nuit du 6 au 7 mai 1765, à l’âge de 84 ans. Elle est inhumée le 10 mai suivant dans la crypte des abbesses en présence de Mgr Jacques de Grasse, évêque d’Angers. Son oraison funèbre est prononcée par Michel Testas, curé de Saint-Paul, ancien professeur de rhétorique au collège royal de Poitiers[66].

On inscrivit sur sa tombe une épitaphe : « Sa vie fut un martyre de l’austérité monastique. Elle ne voulut de repos que dans la tombe, d’autre gloire que celle de son austère pénitence[67]

Sous le priorat de Mme de Thimbrune de Valence, en 1748, nous apprenons en divers lieux de pêche dans un bail à ferme selon lequel les pécheurs doivent « donner au couvent un créac (esturgeon), un saumon, de ce qu’il y aura de plus beau, ou faute de poisson 40 livres pour le créac et 40 livres pour le saumon ». Ils fournissent toutes sortes d’aloses et de lamproies. Ces dames entendaient être bien servies. La chair délicate du saumon, nourriture appréciée pendant le Carême et les jours d’abstinence, et grâce à l’esturgeon, quelques dégustations de caviar devaient leur permettre de passer sans trop de peine ces périodes austères[68].

1738 : Françoise le Comte est élue prieure, elle entreprend des travaux : une maison pour loger les prêtres avec un appartement pour le confesseur, du curé de Meneaux.

plan, 18e

Plan du prieuré des moniales de 1780 . Dessin de Marboutin, 1923. Original aux A.D. de Lot-et-Garonne, 1 Q 188

 

 Révolution

La communauté se compose de 22 religieuses de chœur dont l’âge varie de 23 à 76 ans, d’une novice de chœur et de 12 sœurs converses (26 à 74 ans).

Le prieuré fait état d’un inventaire révolutionnaire en 1790. Le syndic visite les lieux en compagnie de la prieure Henriette Le Comte de la Tresne. Il fait état de 15 tableaux ou portraits de plusieurs abbesses ou prieures. Le couvent compte 49 chambres. Les meubles appartiennent aux religieuses.

1792 : Anne de Flamarens, ancienne religieuse du Paravis, se trouve en 1792 à l’abbaye de Fontevraud. Elle aurait dû succéder à Mme d’ Antin. Elle quittera l’abbaye peu avant Mme d’ Antin[69].

3 au 6 août 1790 : inventaire des biens du prieuré par Joseph Brescou (directoire de Nérac).

En1791 : Jacques Legrix, habitant de Bordeaux, acquiert le prieuré des moniales et le bâtiment dit des étrangers[70].

Juin 1792 : les cloches du monastère sont fondues.

Juillet 1792 : leur confesseur est assassiné par la populace de Clairac.

Octobre 1792 : les religieuses doivent quitter leur cloître. Celles qui survécurent à la tourmente se réunissent à Agen et forment une petite communauté. Elles avaient une petite chapelle autorisée par Mgr Jacoupy[71].

22 novembre 1792 : vente du mobilier ; il y a eu 7 séances jusqu’au 7 décembre 1792. En juillet 1794, il y a une nouvelle vente d’effets et de meubles qui dura 4 à 5 jours.

19 Fructidor an III (3 septembre 1795); vente d’un bénitier en marbre à Dudedat (205 livres), l’autel de la sacristie avec son marbre (165 livres) à Despouix de Port-Sainte-Marie, un petit autel doré à « carosse de marbre », deux chandeliers et un grand autel doré vendus à Fontanié de Feugarolles. Peu de temps après, il est racheté par Mr Drouilhet, prêtre constitutionnel à Lamontjoie. Il est à noter que l’autel se trouve toujours dans l’église de Lamontjoie.

Le « petit autel » soit l’autel de la chapelle de Sainte-Innocente est vendu à un curé constitutionnel, Jean Bax, qui l’installe dans sa paroisse à Ligardes en 1801.

L’orgue est transporté à Agen pour être installés dans l’église Saint-Caprais, devenue cathédrale. Il est remplacé en 1856 par un orgue neuf et aurait été transporté à Nérac[72].

La démolition de la chapelle Sainte-Innocente ainsi que l’aile Nord et Est du cloître est entreprise au XIXe siècle. Une partie des matériaux ont servi à la construction du couvent de Sainte-Anne de Feugarolles[73][74].

Vers 1800 : des démolitions sont entreprises aux bâtiments du prieuré. La « Maison des Étrangers » est aménagé par M. Legrix en maison de campagne.

 

Iconographie

 

I – Prieuré des moniales du Paravis

 

cloître paravis 1895

Cloître des moniales, Le Paravis, 1895. C.P. Abbé Etienne

Il reste :

  • une partie de l’église
  • la majorité de l’aile ouest (un parloir sur quatre, la loge de la portière, le bûcher, l’escalier à vis)
  • une partie du cloître
  • la maison dite des étrangers (les anciennes infirmeries)
  • la maison dite de l’Habit
cloître paravis

Cloître des moniales, Le Paravis, 1916

 

L’église[75] Sainte-Marie du Paravis

« L’église est la seule qui date de la fondation du prieuré. Elle se compose d’une nef  de quatre travées sans collatéraux, d’un chœur et d’une abside en hémicycle. Les différentes travées sont délimitées par des dosserets flanqués de colonnes engagées (les colonnes, les dosserets sont en pierre ; certains dosserets ont été renforcés en brique. L’église mesure 46 m / 9 m. Le chœur est plus étroit. Actuellement elle est à ciel ouvert. Elle est en pierre et en brique ; les murs sont en pierre grise pour l’essentiel. La voûte est en brique ».

« L’abside est voûtée en cul de four. Les murs sont recouverts d’un enduit. Des traces de peintures sont visibles par endroit. Thonin parle d’un personnage « conservé dans son entier[76]. L’une des ouvertures primitives existe, elle est ébrasée à l’intérieur (nord de l’abside) »

Fragments d’une peinture monumentale de la 2e moitié du 16e siècle (?), qui devait recouvrir l’hémicycle de l’abside et comprendre quatre figures supplémentaires (les Évangélistes avec Saint-Pierre et Saint-Paul ?. Le personnage à gauche est sans doute Saint-Matthieu (ou peut-être Saint-Jude Thaddée : la hallebarde est leur attribut de martyr), dont des reliques furent placées dans le maître-autel lors de la consécration de celui-ci en 1534. Une croix de consécration et son médaillon peint, datant peut-être du XVIIe recouvre partiellement la figure de Saint-Pierre

Paravis,objet mobilier(n°27)

Saint-Matthieu?, abside, église Notre-Dame, Le Paravis. IM 47000702

« Le chœur : en partie à ciel ouvert, le mur sud a disparu. La travée du chœur est délimitée par des dosserets flanqués de colonnes engagées. La première colonne sur le côté nord possède encore un chapiteau. Ce dernier comprend un astragale et deux rangées de feuilles lisses et en relief. Dans la travée du chœur se trouve un enfeu à arc brisé ».

 

« Lors d’une fouille une paire d’éperons et une épée ont été retrouvés au milieu d’ossements. L’épée a été remise au musée d’Agen. Marboutin parle d’un chevalier du XIIe ou début XIIIe siècle »

« La nef : La première travée comprenait une tribune où prenait la place de l’orgue. La deuxième travée était réservée aux religieuses. Deux rangées de 50 stalles en occupaient le fond et les côtés. Deux oculi ont été percés dans le mur nord et deux grandes fenêtres en anse de panier dans le mur sud.

La troisième travée comprenait deux portes se faisant face. L’une dans le mur sud permettait de se rendre dans la sacristie construite au XVe siècle.

La quatrième croisée était destinée au public. Cette porte surmontée d’une large fenêtre en plein cintre ».

« La chapelle Sainte-Innocente : l’église comprenait une chapelle de forme rectangulaire appuyée à l’abside. Elle avait été élevée au XVIIIe siècle pour abriter les reliques de Sainte-Innocente ».

1726 : sous le priorat de Marie-Henriette de Péruse des Cars, le commandeur de Burgaud, à la demande de sa nièce Marie-Louise de Valence, religieuse de chœur, requiert et obtient du pape Benoît XIII, un des corps saints que l’on retire chaque jour des catacombes de Rome. En 1728, les reliques de Sainte-Innocente sont remises à Henri-Bernard de Valence en faveur du prieuré du Paravis. Ce fut en grande pompe et en présence de plusieurs évêques qu’elles furent exposées à la vénération du public[77].

Dans l’église il reste un beau bénitier Renaissance en pierre surmonté d’un cadre de pierre également mouluré d’un quart de rond ».

 « Chapiteaux : ils étaient au nombre de dix. En 1926, six d’entre eux ont été vendus. Il en reste un en place, à l’entrée de l’abside caractérisé par de grandes feuilles grasses très simples à fort relief[78] de la deuxième partie du XIIe siècle ».

 « Le portail : roman qui s’ouvre vers le sud. Au XVIe siècle, il était muré et masqué par un petit édifice qui devait servir de sacristie. En 1926, il a été vendu. Nous en avons une description succinctes : « On y trouve un câble ou thore maillé, des pommes de pin, et chose remarquable, un poisson » et « la porte est ouverte au sud, ses pieds droits offrent une triple retraite et sa voussure en plein cintre a reçu les motifs les plus variés de décoration, des séries de boutons et de torsades, des patères, des têtes de clou, des zigzags, des dessins réticulés[79]».

église monialesParavis,

Eglise des moniales, voussure du portail roman sud, vers 1920, avant sa disparition, Le Paravis. Photo Moulis, A.D. Lot-et-Garonne, 2116W55

 « Enfeu à arc brisé : que l’on disait être celui d’ Amalvin du Paravis. Lorsque Dom Estiennot visite le Paravis, ce tombeau n’est plus visible. Dans les fouilles faites il y a quelques années (avant 1924) on a trouvé au milieu des ossements une paire d’éperons et une épée qui a été déposée au musée d’Agen[80] ».

Cloître, classé le 09/03/1928

cloître paravis XXe

Cloître des moniales, première moitié du XXe s., Le Paravis. C.P. J. T. A.

 « Entièrement reconstruit sous le priorat de Marie de Montluc et terminé en 1604. Vers 1830, il subsiste trois côtés. De nos jours il ne reste que deux côtés formant un angle, se situant le long du flanc nord de l’église ».

« Arcades en plein cintre, groupées par deux, solidaires d’une colonne à base attique et chapiteau dorique, galbée et cannelée. L’alternance des piliers et des colonnes confère une cadence aux différentes travées. Dans les écoinçons, nous trouvons des cartouches en forme de cuirs à enroulements multiples. Dans les piliers d’angle, des niches à coquilles, les jambages de ses niches sont ornés de grecques et de rosaces en caissons ».

Le cloître comprend cinq travées le long de l’église et quatre le long de l’aile ouest. Il mesure 32 m x 24 m.

Paravis A.D 47, 2116W53

Cloître des moniales, Le Paravis, 1ère moitié du XXe s.. Photo Moulis, A.D. 47, 2116 W 54.

« La clef des arcades est un long claveau saillant et montant jusqu’à l’entablement qui souligne l’étage. Le cloître comprend une galerie supérieure. Cette dernière avait des piliers carrés surmontés d’impostes sur lesquelles la toiture venait prendre appui ».

« Les religieuses accédaient au cloître par une très belle porte située dans l’aile ouest. Elle comprend de chaque côté un piédestal surmontée d’une colonne cannelée. Sur ces colonnes repose l’entablement dont la frise est ornée aux extrémités de pointes de diamant et au centre une plaque comportant une inscription :

DOMUM TUAM DECET

SANCTITUDO DOMINE

IN LONGITUDINEM DIERUM

PSAL. 93 »

Fait en 1604

« La sainteté est l’apanage de ta maison Seigneur pour la suite des temps »

Ornementation de la Renaissance

Il est terminé en 1604, comme l’indique l’inscription qui se lit au-dessus de la porte d’entrée dans l’intérieur du cloître.

« NON PROPTER LOCUM

GENTEM SED PROPTER

GENTEM DEUS LOCUM

ELEGIT 2 MAC 5

FAICT LAN 1604 »

Pérégrination du cloître :

1 – La galerie haute du cloître est vendue aux États-Unis en 1895 (Base Mérimée, Le Paravis)

2 – 1928 : Un des 2 enfants de M. Legrix de Tustal (Homme d’affaire de Bordeaux) a vendu sa partie ; le ½ cloître est vendu vers 1928 (les pierres chargées sur la Garonne à Port-Sainte-Marie)

3 – 1929 : propriétaire Camicas Zéphirin, demande l’autorisation de démolir les parties de l’église dont les pierres tombent sur les ouvriers

4 – Inondation de 1930 : à la décrue, la partie chœur de l’église est tombée

5 – Camicas Pierre, propriétaire, décède en 1994

6 – L’ensemble est vendu, terre agricole plus l’enclos à M. Sanz Dominique qui gère l’ensemble des domaines

Le site étant classé, M. Sanz décide de rénover la Maison des Étrangers : Malheureusement un incendie se déclare à la maison des étrangers à l’Ascension 2003

Enquête policière non aboutie. Assurance rembourse M. Sanz du montant des travaux

Les bâtiments de France demandent la reconstruction  en 2007-08

Réunion en octobre 2015 : Famille Sanz, la mairie de Feugarolles, les Bâtiments de France, le Conservateur régional, M. Planès : Injonction de faire les travaux et de commencer par enlever les bambous dans le cloître.

Décès de M. Sanz en 2016

2017 : les bambous sont coupés, mais non dessouchés

 

 La maison dite des étrangers

 Élevée au XVIIIe siècle. Il s’agissait de l’infirmerie. Au XIXe siècle, elle est reconstruite en maison de maître.

Maison des étrangers, paravis

Maison des Étrangers et ancienne infirmerie du prieuré fontevriste des moniales du Paravis, Lot-et-Garonne. C.P. Claverie, Feugarolles

Jeudi de l’Ascension 2003 : la maison des Étrangers a brûlé.

 

 

II – Saint-Jean-de-l’Habit[81]

l'Habit-Paravis

Saint-Jean-de-l’Habit (moines), prieuré fontevriste du Paravis, Lot-et-Garonne. C.P. Claverie, Feugarolles

Dépendant du prieuré de femmes du Paravis, dont il n’est séparé que de quelques mètres, le prieuré de Saint-Jean-de-l’Habit abritait les chapelains, confesseurs et directeurs de conscience des religieuses. Conformément aux statuts de l’ordre de Fontevrault, ces religieux étaient placés sous l’autorité de la prieure du Paravis. Fondé au début du XIIe siècle, Saint-Jean-de-l’Habit est remanié notamment aux XVIe et XVIIe siècles. Vendu comme bien national, il est transformé en ferme et subit de nouvelles transformations aux XIXe et XXe siècles[82].

 

 

Comme à Fontevraud, Saint-Jean-de-l’Habit est réservé aux religieux, l’ensemble des bâtiments se trouve à l’Ouest de l’église des moniales et doivent datés de la fondation. Les documents sont rares. Ceux-ci datent du XVIe siècle : travaux entrepris par l’abbé de Saint-Jehan de Castelle et Jean de Capdequi concernant d’un logis et d’une cheminée en 1552.

 

« Très jolie fenêtre quadrilobée, motif utilisé à l’époque gothique, donc du XIIIe siècle. Mais ici il s’agit d’un réemploi. En effet nous trouvons des meurtrières datant de la fin du XIVe siècle à l’étage inférieure dans la tour jouxtant le petit édifice où se trouve cette fenêtre. Les autres ouvertures sont de très jolies fenêtres Renaissance aux encadrements moulurés » (Photo JGE 2015).

aile sud-ouest, habit

Aile sud-ouest du monastère Saint-Jean-de-l’Habit, Le Paravis, Lot-et-Garonne. Photo JGE, 1996

 

 

 

aile sud-est habit

Aile sud-est du monastère Saint-Jean-de-L’Habit, Le Paravis, Lot-et-Garonne. Photo JGE 1996

 

 

 

 

 

 

 

tour escalier Habit

Tour d’escalier donnant accès à la pièce principale située à l’étage, prieuré de Saint-Jean-de-l’Habit, Le Paravis. Photo JGE

 

 

 

 

fenêtre tour escalier habit

Tour d’escalier, élévation nord, détail de la fenêtre du rez-de-chaussée, le prieuré fontevriste de l’Habit, Le Paravis. photo JGE 1996

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malheureusement le 27 septembre 2018 : Incendie à Saint-Jean-de-l’Habit

Pompiers de 15H à 20H30 sur la partie nouvellement modifié

La brique ancienne a résisté

 

III – Lamontjoie, Lot-et-Garonne

 Eglise Saint-Louis

Retable[83], classé le 01/06/1910

Sur le devant de l’autel, le Christ est entouré des 4 évangélistes : St Mathieu, St-Luc, St -Jean et St-Marc, 1629, église de Lamontjoie, provient du prieuré fontevriste du Paravis

autel Lamontjoie1

Autel provenant du prieuré fontevriste du Paravis avec le Christ entouré des quatre Évangélistes.                 Photo  JGE 2015

 

 

 

Dans cette église se trouve le retable du maître-autel de l’église du Paravis daté de 1629-1648.

retable lamontjoie2

Maître-autel, église de Lamontjoie, Lot-et-Garonne. provient du prieuré fontevriste du Paravis, Lot-et-Garonne. Photo JGE 2015

« Crozet note « retable en bois doré du XVIIe s décoré de colonnes de styles antiques et de statues de piété, a été tiré du monastère des religieuses du Paravis, par ces proportions et sa forme, il n’est pas en harmonie avec le style architectural de l’église » . Par son ordonnance générale, il ressemble à celui de Fongrave et comme lui, il a été commandé par les religieuses. S’il n’a pas cette richesse d’ornementation (fruits, cornes d’abondance, etc), qui fait celui de Fongrave un monument hors pair, celui du Paravis, du fait de sa sobriété, a un aspect moins lourd et plus élégant[84].».

 1629 : Françoise de Roquepine, prieure, fait réaliser un retable pour le chœur, elle le commande le 18 avril 1629, devant la grille du grand parloir, à Innocent Cochoy, menuisier natif de Paris et à Gaspart Dousset, sculpteur originaire de Verdun.

Innocent Cochoy, natif de Paris, est menuisier. Gaspart Dousset, originaire de Verdun, est sculpteur.

« Le dit Dousset promet de faire aud. Retable scavoir 3 vases quy sont au-dessus du couronnement du milieu les fleurons nécessaires pour les garnir »

« Par le dessous de la corniche dud. couronnement sera garni par luy de roses et de fleurons »

« Au milieu dud. Couronnement y fera Dieu le Père sortant de dedans des nuages avec des chérubins »

« A la corniche qui sera au dessous de Dieu le Père faira la mesme garniture de roses et de fleurons »

« A la frise de la mesme corniche y fera un chérubin au milieu avec des roses ainsi qu’il a crayonné »

« Dedans la niche dud. Couronnement y fera une image de Nostre Dame en rond de bosse avec le petit Jésus. »

« Sous les pieds de l’image de Nostre Dame et au dessous de la niche y fera un gros chérubin avec une grande rose de chaque costé », etc[85].

Puis en 1647, Dame Philippe Dolivier, prieure, le fait dorer. Elle s’adresse à Pierre Launet, maître doreur agenais. Le contrat est passé en présence de frère François Berthelot, religieux de l’ordre de Fontevraud, et confesseur dudit couvent.

« Il comprend quatre grandes colonnes qui en rythment la composition. Chacune de ses colonnes repose sur un piédestal orné d’un bas relief représentant une forme féminine. Ces figures féminines, au nombre de quatre, symbolisent les différentes vertus cardinales et sont autant d’allégories reconnaissables à leurs attributs :

  • L’allégorie de la Justice tenant dans sa main droite le sceptre et dans sa main gauche une balance
  • L’allégorie de la Tempérance tenant un vase dans chaque main
  • L’allégorie de la Prudence, tenant un miroir dans sa main gauche et un serpent dans sa main droite
  • L’allégorie de la Force, se tenant à une colonne et portant un casque
colonne Lamontjoie

« Le fût des colonnes est décoré de rameaux de vigne dans sa partie inférieure et cannelé dans sa partie supérieure. Photo JGE 2015

Les chapiteaux supportent un entablement dont la frise est ornée de têtes d’anges.

« La corniche à modillons est surmontée de chaque côté d’un fronton curviligne interrompu. Au centre du fronton, deux anges allongés. Le fronton de droite comprend également une statue en son centre. Elle représente « un prêtre en surplis aux larges manches et à collet montant, les bras croisés sur la poitrine, il est entouré de deux anges. Les volets du retable renferment deux niches à coquille. Ces niches situées entre les grandes colonnes abritent chacune une statue. A gauche, celle de Saint-Jean l’ Evangéliste bénissant de la main droite un calice qu’il tient à la main gauche et à droite celle d’un Saint appuyé sur la crosse abbatiale est-ce Robert d’Arbrissel ou Saint-Benoît?

 

 

 

« Le couronnement du retable se compose de deux colonnes supportant un entablement. Ce dernier est surmonté d’un fronton curviligne. Le tympan du fronton représente Dieu le Père.

fronton retable lamontjoie

Fronton curviligne avec Dieu de Père et deux anges allongés. Retable provenant du prieuré fontevriste du Paravis, Lot-et-Garonne. Photo JGE 2015

« Une niche à coquille située entre les deux colonnes abrite une statue de la Vierge tenant l’Enfant Jésus sur son bras gauche (photo JGE 2015).

Vierge à l'Enfant Lamontjoie

« Au centre du retable, se trouve un tableau représentant une crucifixion : le Christ au centre, à sa droite la Vierge, Saint-Jean à sa gauche, Marie-Madeleine au pied de la croix. Tableau peint par Antoine Barthélémy en 1635 (Photo JGE 2015).

crucificion Lamontjoie2

« Le retable comprend en son centre un très beau tabernacle doré à l’or fin, entouré de deux anges.

« Vendu à La Révolution pour 5700 livres à un particulier et il est racheté par l’abbé Bruilhet de Lamontjoie et transféré dans cette église après la Révolution.

 

IV –  Ligardes, Gers

Eglise de Lialores

L’autel de Sainte-Innocente[86]

 Autel de Sainte-Innocente

retable ligardes

Maître-autel de Ligardes, Gers. Provient du prieuré fontevriste du Paravis, Lot-et-Garonne. Photo JGE 2015

 

1726 : sous le priorat de Marie-Henriette de Péruse des Cars, le commandeur de Burgaud, à la demande de sa nièce Marie Louise de Valence, religieuse de chœur, requiert et obtient du pape Benoît XIII, un des corps saints que l’on retire chaque jour des catacombes de Rome. En 1728, les reliques de Sainte-Innocente sont remises à Henri Bernard de Valence en faveur du prieuré du Paravis. Les reliques sont remises au prieuré escortées par Henri Bernard de Valence. Ce fut en grande pompe et en présence de plusieurs évêques qu’elles furent exposées à la vénération du public[87].

Le « petit autel » soit l’autel de la chapelle de Sainte-Innocente est vendu à un curé constitutionnel, Jean Bax, qui l’installe dans sa paroisse à Ligardes en 1801.

En 1827, trois anciennes religieuses du Paravis amènent les reliques de Sainte-Innocente au couvent des Filles de Marie à Agen où elles se trouvent toujours ». (à rechercher)

« L’autel est construit en fonction du reliquaire (c’est-à-dire de manière à diriger et concentrer les regards vers le reliquaire) »

« Le tombeau de l’autel comprend cinq panneaux « sculptés à jour de motifs Louis XV dorés ». Sur le gradin se trouve le tabernacle. En retrait prend place un petit retable divisé en quatre panneaux se répartissant de part et d’autre du tabernacle. Les panneaux situés aux extrémités sont ajourés. En revanche, les 2 autres sont consacrés à l’histoire de la Vierge. Ils représentent l’Annonciation et la Visitation (Photo JGE 2015).

 

 

 

Au-dessus du retable, 2 anges un bras levé pointant vers le reliquaire semblent le soutenir »(Photo JGE 2015).

 

 

« L’ensemble est surmonté d’un fronton en arc surbaissé. Le fronton repose sur l’entablement ; ce dernier est porté par deux groupes de colonnes couplées. Le marbre nécessaire à la réalisation de l’autel a été acheté à Toulouse. Les dépenses occasionnées par ces divers travaux n’ont été soldées qu’en 1749 sous le priorat de Marie-Louise de Valence ».

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Que sont devenus :

  • le petit autel de la sacristie acheté par M. Despouix de Port-Sainte-Marie
  • les deux petits autels du chœur acquis par M. Maisonnie de Vianne
  • les stalles et la grande boiserie du chœur achetés par M. Dubrouil d’Aiguillon

à la Révolution lors de la vente du 3 septembre 1795.

Faut-il espérer qu’ils soient installés dans les églises paroissiales de ces villages ?

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Liste des prieures

 

Noms date
Brune XIIe s. Marboutin, p. 229
Guiraude 1229 Marboutin, p. 229
Raymonde 1236 Marboutin, p. 229
Guillaumette de Beauville 1247, 1248,

1254

Marboutin, p. 229,

Quatre, p. 23

Alanis 1276 Marboutin, p. 229
Graffine 1296 Marboutin, p. 229
Dame Honorine 1297 Quatre Sophie, p. 27
Viguera 1318 Marboutin, p. 229
Sibille de Rovignan 1333 Marboutin, p. 229
Contor de Faudas 1342 Marboutin, p. 229
Catherine de Ferrière 1462 Marboutin, p. 229
Marie de Capdequi 1462, 1468 Marboutin, p. 229
Jacquette de la Majourie 1490 Marboutin, p. 229
Marie d’Avoise 8-7-1505 Lardier, Ste Famille, p.589
Marguerite de Caumont 1505,

1507

Lardier, Ste Famille, p.589, Marboutin, p. 229
Marguerite de Caumont + 1526 20-9-1524 Lardier, Ste Famille, p.599
Fébronie Suchet (Souchet) 1526-1531 Marboutin, p. 229
Hélène Auve 1532-1537 Marboutin, p. 229
Fébronie Suchet (Souchet) 1537-1543 Marboutin, p. 229
Anne Bernard 1544-1547 ; 1553-1556 ; 1562-1565 Marboutin, p. 229
Fébronie Suchet 1547-1552 ; 1557-1562

1569, Avant 1586

Marboutin, p. 229

Corvisier, p. 17

Marie de Capdequi 1575-1581

1585-1591

Marboutin, p. 230

 

Marie de Montluc 1598 Quatre Sophie, p. 34
Marie de Montluc 1601-1606 Lardier, Ste Famille, p.646
Renée Terraube 1606 Lardier, Ste Famille, p.646
Renée Terraube 1613 Lardier, Ste Famille, p.664
Alice de Cours 1616 Lardier, Ste Famille, p.665
Françoise du Boucher 1619 Lardier, Ste Famille, p.671
Béatrice Calmeth 1622 Lardier, Ste Famille, p.675
Françoise de Roquepine 1625 Lardier, Ste Famille, p.677
Françoise de Roquepine 1629, 1630 Quatre, p. 35, Marboutin, p. 184
Anne de Nozières 1631-1633 Quatre, p. 35
Catherine de Calvimont 1633 Lardier, Ste Famille, p.681
Philippe Dolivier 1647 Quatre Sophie, p. 69
Adrienne de Chalais 1669-1670 Quatre Sophie, p. 35 et 89
Louise de Xantrailles 1676,1698-1700 Marboutin, p. 230, Quatre Sophie, p. 36
Anne Daste 1707-1709 Marboutin, p. 230
Marie Françoise de Flamarens 1710-1712 Marboutin, p. 231
Jeanne d’Estignols de Lancre 1713-1716 Marboutin, p. 231
Anne Daste 1717-1719 Marboutin, p. 231
Henriette de Montferrant 1720-1725 ; 1729-1734 Marboutin, p. 231
Marie-Henriette de Péruse des Cars 1726-1728 ; 1735-1737 ; 1741-1747 ; 1753-1759 Marboutin, p. 231
Françoise le Comte de la Trésne 1738-1740 Marboutin, p. 231
Marie-Louise de Timbrune de Valence  (abbesse de Fontevraud ensuite) 1748-1752 Marboutin, p. 231
Marie de Montesquieu 1756-1759 Marboutin, p. 231
Anne de Noë 1760-1765 Marboutin, p. 231
Henriette Le Comte 1766-1771 ; 1778-1784 Marboutin, p. 231
Marie d’Alesme 1772-1777 : 1785-1788 Marboutin, p. 231
Henriette Le Comte 1789-1791 Marboutin, p. 231
Henriette Le Comte de la Tresne (âgée de 76 ans) 1791-1792 Corvisier Christian, p. 22

 

 

Liste des prieurs

 

Prieur date
Prévost 1229 Marboutin, p. 20
Raimond de Lavaur 1240 Marboutin, p. 20
Jean de Saint-Fort 1297 Marboutin, p. 40
P. Dasquéry 1453 Marboutin, p. 55

[1] MARBOUTIN, Le prieuré du Paravis.., p. 47.

QUATRE Marie-Sophie, Le prieuré du Paravis…, p. 14.

[2] Prieuré fontevriste de Bragerac ou Saint-Aignan, Commune Saint-Aignan, Tarn-et-Garonne.

[3] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 254. Clypeus, t. II, p.63  et PAVILLON B., preuve n°72, p. 572 : lettre de Raymond Bernard, évêque d’Agen à Pétronille de Chemillé : Viginti Dominas ordinis vestri quas prior Brageracensis, secundum quod dictaveratis ei, ad vos mittebat per fluvium Garumniae, qui et in nostro episcopatu est, transeuntes retinuimus

[4] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 312.

[5] BIENVENU Jean-Marc, FAVREAU Robert, PON Georges, Grand Cartulaire de Fontevraud, Société des Antiquaires de l’Ouest, Poitiers, t. 1, 2000 ; t. 2, 2005, p. 609.

[6] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 312 : Locum Paradisi ex dono Fortis de Bic et Amauvis de Paradiso cum uxore et filiis suis, concedente hoc Raymundo Agennense episcopo.

[7] LARDIER Jean, La Saincte Famille…, p. 340.

[8] BIENVENU Jean-Marc, Grand cartulaire de Fontevraud, ch.642, p. 609.

[9] PAVILLON, preuve n°69, p. 571 ; Clypeus, t.II, pp. 63-64.

[10] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p.262. PAVILLON B., Vie de Robert d’Arbrissel, p. 571 : Arnaldus de Volpilloz cum uxore et filia sua se Deo et Beatae Mariae de Paradiso obtulit.

[11] CORVISIER, Ancien prieuré du Paravis…., p. 10.

[12] LARDIER Jean, La Saincte Famille…, p. 423.

[13] Paroisse du diocèse de Condom.

[14] MARBOUTIN, op. cit., p. 213. A.D. de Lot-et-Garonne, H.16.

[15] QUATRE Sophie, p. 25.

[16] NICQUET Honorat, p. 444.

[17] Canton de Gabarret dans le département des Landes

[18] A. D. Lot-et-Garonne, H 16

[19] QUATRE Sophie, op. cit., pp. 23-24.

[20] QUATRE Sophie, op. cit., p. 27.

[21] MARBOUTIN, op. cit., p. 217.

[22] MARBOUTIN, op. cit., pp. 40-41

[23] MARBOUTIN, op. cit., p. 46.

[24] QUATRE Sophie, op. cit., p. 28.

[25] QUATRE Sophie, op. cit , p. 25.

[26] A.D.M&L, 195 H 1.

[27] MARBOUTIN, op. cit., p. 54. A.D. Lot-et-Garonne, H 16

[28] LARDIER, La Sainte Famille, p. 543.

[29] LARDIER Jean, Volume III de la Saincte Famille de Font-Evraud, 1650, p. 560.

[30] LARDIER, op. cit., p. 562.

[31] MAILLEUX Catherine, La réformation… , p. 84.

[32] LARDIER Jean, op. cit., p. 598.

[33] LARDIER Jean, op. cit., p. 599.

[34] A.D. M&L, 195 H 1.

[35] QUATRE Sophie, op. cit., p. 31. A.D.L&G, E supplément 2784, comptes de 1526.

[36] SAMAZEUILH Jean-François, L’abbaye du Paravis, Revue de l’ Agenais, 1881, pp. 88-90.

[37] QUATRE Sophie, op. cit., p. 32

[38] MARBOUTIN, op. cit., p. 76.

[39] QUATRE Sophie, op. cit., p. 32. MARBOUTIN, op. cit., p. 81.

[40] CORVISIER Christian, Ancien prieuré du Paravis, p. 17

[41] Prieuré fontevriste de Saint-Aignan ou Bragerac, commune de Saint-Aignan, Tarn-et-Garonne.

[42] QUATRE Sophie, op. cit., p. 33.

[43] Base Mémoire.

[44] MARBOUTIN Abbé J.R, Vision d’Antoine La Puiade aux dames du Paravis.

[45] QUATRE Sophie, op. cit., p. 34. A.D.L&G, E supplément 2785.

[46] MARBOUTIN Abbé J.R, op. cit., p. 226.

[47] MARBOUTIN Abbé J.R, op. cit., p. 191.

[48] LARDIER Jean, Thresor de Font-Evraud …, p. 370.

[49] QUATRE Sophie, op. cit., p. 35.

[50] QUARTE Sophie, op. cit., p. 35.

[51] MARBOUTIN Abbé J.R, L’autel du Paravis, Revue de l’ Agenais, 1909,  pp. 289-300.

[52] MARBOUTIN Abbé J.R, L’autel du Paravis, Revue de l’ Agenais, 1909,  pp. 289-300.

[53] MARBOUTIN Abbé J.R, L’autel du Paravis, Revue de l’ Agenais, 1909,  pp. 289-300.

[54] MARBOUTIN, op. cit., p. 104.

[55] QUARTE Sophie, op. cit., p. 35.

[56] MARBOUTIN, Le prieuré du Paravis.., p. 109.

[57] DOLLOT Louis, Folles ou sages, les abbesses de l’ancienne France, p. 179. LEVRON Jacques, Les feux du Paradis

[58] Marie-Louise de Valence, religieuse de chœur au Paravis devient abbesse de Fontevraud de 1753 à 1765.

[59] QUATRE Sophie, op. cit., p. 36.

[60] DOLLOT Louis, Folles ou sages, les abbesses de l’ancienne France, p. 180.

[61] LUSSEAU Patricia, op. cit., pp. 179-180. A.D. Maine-et-Loire, 195 H 5.

[62] QUATRE Sophie, p. 37.

[63] MARBOUTIN Abbé J.R, Les reliques de Sainte Innocente et la Famille de Valence, p. 95.

[64] POIGNANT Simone, L’abbaye de Fontevrault…, p. 262.

[65] POIGNANT Simone, op. cit., p. 105.

[66] COQUARD, conférence prononcée à Fontevraud en 1989.

[67] LUSSEAU Patricia, L’abbaye de Fontevraud…, p. 39. (abbé Edouard, p.535 ; tiré du Ms, P. Bénard, p. 18).

[68] DOLLOT Louis, op. cit., p. 181.

[69] DOLLOT Louis, Folles ou sages, les abbesses de l’ancienne France, p. 289.

[70] M. Planès, propriétaire du moulin du Paravis.

[71] MARBOUTIN, op. cit., p. 152.

[72] CORVISIER, op. cit., p. 23.

[73] CORVISIER, op. cit , p. 23.

[74] QUATRE Sophie, op. cit., p. 42.

[75] QUATRE Sophie, op. cit., pp. 46-57.

[76] QUATRE Sophie, op. cit p. 46. THOLIN G., Supplément aux études sur l’architecture religieuse de l’ Agenais, 1883, p. 40.

[77] QUATRE Sophie, op. cit., p. 36.

[78] CORVISIER Christian, Ancien prieuré du Paravis ; Étude d’histoire architecturale, Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l’Albret, 2000, t. 2, pp. 9-25.

[79] THOLIN G., op. cit.,, p. 40.

[80] MARBOUTIN, op. cit., p. 157.

[81] QUATRE Sophie, op. cit., p. 66.

[82] Base Mémoire.

[83] QUATRE Sophie, op. cit , p. 70 et suite.

[84] MARBOUTIN Abbé J.R, L’autel du Paravis, Revue de l’ Agenais, 1909,  pp. 289-300.

[85] MARBOUTIN Abbé J.R, L’autel du Paravis, Revue de l’ Agenais, 1909,  pp. 289-300.

[86] QUATRE Sophie, op. cit., pp. 74-75.

[87] QUATRE Sophie, op. cit., p. 36.

 

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