Prieuré fontevriste de Momères

Momères

Canton et Arrondissement de Tarbes

Hautes-Pyrénées (65)

Diocèse de Tarbes

Fondé entre 1149 et 1189

 

A donné naissance à un village

momères 

 

I – Sources manuscrites

 

A.D. Maine-et-Loire

Série H

183 H – 1. : Administration intérieure du prieuré      1611-1741

183 H – 2. : Administration du domaine                   1581-1727

 

A.D. Hautes Pyrénées

Série E

313 E dépôt 2, 1791-An II : registres de délibérations du Conseil municipal de Momères

 Série C

1 C 276/9 : Cahiers des doléances arrêtées en assemblée générale de la communauté de Momères, 1789

C 264 : liste des moniales de Momères en 1789

Série H : les archives n’en conservent que de rares actes, une quarantaine postérieure au XVe siècle. Le reste a disparu pendant les Guerres de religion et la tourmente révolutionnaire.

H 461-464

H 328-355      1429-1790

H 346 : terrier de Momères de Pierre Pourtant, 1722

Série L

L 134 : revenu de Momères en 1792.

Série Q

Q 303 : vente du prieuré

Minute de Noguès, p. 32.

 Série T

T 385, monographie communale des instituteurs : CENAC, Momères, 1887.

 Série V

V-359 : Inventaire de biens dépendant de la fabrique de Momères, 1906.

 

II – Bibliographie

BIENVENU Jean-Marc, Les premiers temps de Fontevraud (1101-1189). Naissance et évolution d’un Ordre Religieux, thèse pour le Doctorat d’État, Faculté des Lettres, Paris-Sorbonne, 1980, pp. 261, 340.

CAUZERAN abbé Jean-Marie, Monsieur le comte de Mun : son origine, antiquité de sa famille, Ed. V. Palmé, 1876, pp. 55, 58.

CERTIAT Monique, ZAPATA Nicole, sous la direction de, Des moulins et des canaux, Archives Municipales de Tarbes, Musée Massey, 2010-2011.

DEGERT C.A, La désolation des églises, monastères et hôpitaux de Gascogne (1356-1378), Revue de Gascogne, Tome V, 1905.

DESPLAT Christian, Economie et société rurales en Aquitaine aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1980.

Dictionnaire topographique de la France, Dictionnaire des Hautes-Pyrénées, CTHS

FERRAS Frère Vincent, Momères : le prieuré Sainte-Marie de l’ordre de Fontevraud, Bulletin de l’abbaye d’En-Calcat, 1991, p. 81. (de Notre-Dame de Tournay pp. 79-86.)

FRANCEZ Jean, Le prieuré des Dames de Fontevrault à Momères. Notes et documents, Bulletin de la Société Académique des Hautes-Pyrénées, Imprimerie tarbaise, Tarbes, 1970-1971, pp. 28-35.

JUBINAL Achille, Catalogue du Musée de Tarbes, 1908, n° 1M 48-49, p. 111.

LARDIER Jean, La Saincte Famille de Font-Evraud, 1650, p. 560, 600, 623, 666, 671, 685.

MAURAN Guillaume, Sommaire description du païs et comté de Bigorre .., Ed. E. Champion, 1887, p. 124. (Bnf gallica)

MELOT Michel, L’abbaye royale de Fontevraud de sa réforme à nos jours. Etudes archéologiques, Thèse de L’École des Chartes, Paris, 1967.

NICQUET HONORAT, Histoire de l’ordre de Font-Evraud, Ed. Michel Soly, 1662, pp. 518-519.

POULAIN Jean, Dictionnaire de l’Ordre Fontevriste, C.C.O, Abbaye de Fontevraud, Janvier 2000, p. 116.

Société académique des Hautes-Pyrénées, Communautés religieuses, novembre 1904, pp. 420-431.

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Vue aérienne de Momères, Hautes-Pyrénées. C. P.

 

Prieuré de Momères

Maumeres (XIIIe siècle) ; Momeres (1285, Montre Bigorre), De Momeriis, latin (1313), S. Christophorus de Momeriis (1342) ; Mongas de Momeras de la Ordi de Fontebrault (1295) ; Prior monasterii monialium de Memoriis (1389) ; Momeras (1429, Censier Bigorre), les sors Menoredas de Momeriis (1465) ; conventus Momeriarum (1507) ; le prieur de Montemere (1626) ; le prieur de Mommères (1635), Momeres (fin 18°s. Carte de Cassini).

Surnom des habitants de Momères: Los cròca-michetas « les croque-miches ». Rosapelly (vers 1910), l’explique ainsi : « Il y avait à Momères un couvent de dames de l’ordre de Fontevrault, qui faisaient, une fois par semaine, une distribution de miches de pain aux indigents : De là le sobriquet de croque-miches« .

Aux origines du bourg de Momères, il semble que ce fut un désert

Les bâtiments du prieuré se situaient avant la Révolution entre l’Adour, le chemin de Tarbes à Bagnères et le chemin de Momères à Bernac-Debat. Le prieuré est placé sous le vocable de Notre-Dame. Les canaux du moulin et de la Gespe dérivent de l’Adour.

L’Adour est le cours d’eau qui traverse Momères qui est situé sur le piémont pyrénéen.

Il existe déjà en 1200. En effet une requête adressée en 1707 par dame Jeanne de Rieutort, prieure de Momères à François de Poudenx, évêque de Tarbes fait état de trois décimaux perçus sur la paroisse de Momères ; sur quatre portions, le prieuré en recevait trois et le curé une : « ce qui auroit esté observé depuis sept cent ans et plus, qui est le temps de la fondation du prieuré »[1].

La comtesse Peyronne ou Pétronille de Bigorre fait des donations au couvent, leur baille plusieurs fiefs au terroir de Forgues[2]. C’est l’une des bienfaitrices de Momères.

1209 : 60 religieuses, 1 chapelain, 20 lais[3][4]

 

XIVe siècle

Le prieuré souffre des guerres civiles qui déchirent la Bigorre et les pays voisins. Les religieuses quittent le prieuré et se réfugient à Tarbes dans le quartier de Martiac-lez-Monges[5], englobé dans la ville actuelle où elles possèdent un moulin et d’autres biens sur le canal occidental, avant d’être placées dans d’autres couvents de l’ordre. Elles y sont installées depuis peu quand Innocent VI, par une bulle du 18 octobre 1361, leur accorde le privilège de l’autel portatif[6].

 

Guerre de Cent Ans (1337-1453)

Un document pontifical de l’année 1386 indique que les dames de Momères sont très pauvres[7].

1 octobre 1397 : un accord est passé entre Raymond G de certaines maisons et terres du village de Forguesarcie de Lavedan, seigneur de Castelloubon et frère Dominique de Vieuzac, prieur, à propos de Horgues. Le prieur affirme que ces immeubles appartiennent au prieuré parce que la comtesse Pétronille a donné autrefois la totalité de ses droits sur ces mêmes immeubles[8].

 

Réformation

La ruine des bâtiments, la perte des revenus à cause des guerres avec les Anglais provoque un grand désordre dans l’ordre.

1460, Marie de Bretagne, pour réformer tout l’ordre, donne au père Guillaume Bailleul, grand prieur de Fontevraud l’ordre de visiter tout l’ordre et de rapporter un compte exact du nombre de personnes religieuses qu’il trouvera dans chaque prieuré, l’état des maisons tant pour le spirituel que pour le temporel.

Le prieuré de Momères est pratiquement désert. Une prieure et 7 religieuses se trouvent encore dans le prieuré avec 200 livres de rentes[9].

26 août 1525 : Mme Renée de Bourbon (1491-1534) nomme sœur Jeanne Petit prieure de Momères[10].

1541 : Olivier Guescelin, prieur de Momères, jure, la main sur la croix posée sur le missel, d’être un loyal sujet et vassal du comte de Bigorre.

1548 : Un accord est fait entre l’abbesse et Jacques de Lavedan soit disant prieur de Momères[11].

 

Guerre de religion

Août 1569 : Les troupes de Montgomery qui viennent au secours de Jeanne d’Albret, se dirigent vers Montgaillard, passent l’Adour. Ils sont enveloppés par les gens de cheval conduits par messire Jacques de Lavedan, prieur de Momères et vicaire général de l’évêque de Tarbes[12]. Le prieuré et les archives de ce prieuré sont brûlés et volés

Le même jour, l’église paroissiale de Momères est incendiée.

Les moniales quittent leur monastère. Durant plus de 50 ans le monastère est géré par l’abbesse Eléonore de Bourbon avec l’aide de Jacques de Lavedan et à la mort de celui-ci par des procureurs religieux de l’Ordre  de Fontevraud.

 

XVIIe siècle

Le diocèse de Tarbes comprend deux importantes communautés religieuses : une des Ursulines à Tarbes et une autre des dames fontevristes à Momères.

Momères devient un simple domaine affermé au vicomte de Lavedan et au baron de Barbazan-Debat dans les années 1580.

Le prieuré est rétabli officiellement en 1617, mais effectivement en 1619[13].

1617 : les États du Pays de Bigorre chargent Jean-Michel Montaut Saint-Sévié, abbé de Saint-Savin, de demander à la nouvelle abbesse « le rétablissement du couvent de Momères » en priant de désigner dame de Bégole, ou telle autre religieuse qu’elle voudra « pour rétablir Momères »[14].

1617 : Mme Louise de Bourbon de Lavedan (1611-1637) donne pouvoir de rétablir le prieuré de Momères[15].

Le 3 octobre, Louise de Bourbon de Lavedan (1611-1637) retire Momères de la manse de l’abbesse et le remplit de religieuses et restitue le service divin[16][17]. Elle donne obédience à sœur Isabeau de Massencôme, prieure antique du Breuil[18], (de Brouille dans l’archidiocèse d’Auch[19]). Elle est accompagnée par deux religieuses. Mais ce n’est que pendant la première moitié de l’année 1619 qu’Isabeau de Massencôme[20] s’établit définitivement à Momères, accompagnée de Louise de Massencôme boursière et d’une autre religieuse. La nouvelle prieure s’efforce de récupérer les biens du prieuré, elle donne procuration à Jacques Duflour, curé de Bours, pour demander, prendre et recevoir tous les fruits du prieuré et contraindre les débiteurs. Comme le prieuré était tombé en ruines par la suite de l’incendie de 1569 et de l’incurie des divers fermiers, la prieure se voit dans l’obligation de le reconstruire. Le 11 juin 1619, elle demande au maçon Pascal Bernicolle de construire une partie des murs de la bâtisse du prieuré ; elle traite encore avec lui en 1623.

1619 : Marie de Médicis et Louis XIII viennent à Fontevrault présider à l’installation de Marie de Bourbon qui devait remplacer la grande prieure Françoise de Malignon nommée coadjutrice de la Trinité de Poitiers. La reine donne une somme considérable destinée à la restauration des prieurés de Sainte-Croix-de-Volvestre (Ariège), Saint-Aignan (Tarn-et-Garonne) et Momères (l’abbaye a 40 000 livres de dettes[21]).

La même année : Madame Louise de Bourbon de Lavedan, abbesse de Fontevraud (1611-1637), rétablit le service divin, « sa piété ayant su trouver moyen de les remplir d’un juste nombre de religieuses qui en avaient été destitués depuis longtemps »[22].

La prieure récupère des biens telle la seigneurie de Lalanne et des revenus du quartier de Sestias qu’elle afferme pour 120 livres par an.

Brandelys de Saint-Lary, prend la succession d’Isabeau de Massencôme. Elle songe à restaurer le moulin que les dames de Momères possèdent à Tarbes « aux fauxbourgs appelés de Martiac, appelé des Monges » et qui est en très mauvais état. Elle l’afferme pour 6 ans à Bertrand Dupont à condition de recouvrir le moulin avec « trois charretées d’ardoise fournie par le prieuré » ; de bâtir un bâtiment joignant le dit moulin pour y loger le meunier et il doit refaire le plancher de sapin, à fournir une meule blanche appelée boulant à récurer le canal du moulin[23. Ce moulin est vendu le 6 août 1791à Louis Bellegarde, prêtre, pour 14 600 livres. Ce moulin par faute d’entretien s’écroule en 1908[24].

Début XVIIe siècle, Alexandre Demun donne sa fille Marguerite de Mun au prieuré de Momères elle devient prieure en 1655[25].

 

XVIIIe siècle

28 octobre 1705 : les revenus et charges du prieuré sont connus grâce à un « Estat des biens et revenus », produit par Jeanne de Rieutort, prieure. A Momères se trouvent 40 maisons habitées, un moulin, la ferme des champs et prés, la ferme au quartier de Beyrède, moulin de Tarbes, le verger de Momères, la communauté de Lalanne, la terre de Mazerolles, la métairie de Sarriac. Le prieuré a un capital de 20 000 livres qui rapporte 1000 livres par an. Les charges sont nombreuses. Il compte en général 22 religieuses professes, 8 sœurs lais et 4 servantes. Pour chaque religieuse, la dépense s’élève à 30 livres ; pour chaque sœur lai, à 10 livres ; pour chaque servante, à 15 livres. La dépense du confesseur, du valet et du cheval monte à 300 livres.

27 février 1722 : arpentage de Momères par Pierre Pourtant sur la réquisition des consuls terroir de contenance de 770 journaux ¾. Il fait deux livres, un pour la communauté et l’autre pour les dames « Seigneurésses »[26]. Les dames possèdent un canal pour amener l’eau au moulin.

1735 : Charles-Antoine de Laroche-Aymon, évêque de Tarbes, ne vécut pas en harmonie avec les moniales de Momères. Il prétend avoir le droit d’examiner lui-même la vocation des novices avant la profession religieuses, sous peine de nullité des vœux. Le R.P. Lasaine, visiteur en Gascogne de l’abbesse de Fontevrault, conseille à la prieure « d’aller toujours son train sans faire aucun cas de ce que led. Prélat lui mande et de ne point hésiter de faire faire profession » aux novices, « parce que les évêques n’ont rien à voir » dans les monastères de l’Ordre de Fontevrault « qui sont indépendants de leur juridiction »[27].

1738 : Elles ont quelques difficultés avec leur « petit moustier » de Bagnères de Bigorre avec l’évêque de Tarbes, Mgr Charles Antoine  de Laroche-Aymon; démêlés du dit évêque avec la prieure de Momères et le visiteur de Gascogne. « Je suis averti, monsieur, que deux religieuses de Momères doivent aller à Bagnères, si elles n’y sont déjà, sans ma permission et qu’elles doivent même refuser de montrer celle qu’elles ont obtenu, si tant qu’elles en ayent, ce que j’ignore. Lorsqu’elle leur sera demandée de ma part, vous aurez la bonté de les aller trouver et de leur dire l’article premier du chap. XV qui se trouve à la page 83 des ordonnances synodales et de leur déclarer que les regarde comme excommuniées ; je ne puis ni ne dois permettre qu’elles reçoivent les sacrements, ni à aucun prêtre de dire la messe devant elles ; et qu’afin qu’aucun des séculiers et religieux ne l’ignore, je vous pris de les assembler tous et de leur dire le susdit article des ordonnances et de déclarer à tous quels qu’ils soient que non content de priver de tous pouvoirs ceux qui transgresseroient cette loi si sage et si nécessaire pour le bon ordre, je ferai procéder contre eux par les voyes de rigueur… etc » [28].

La cure de Saint-Christophe de Momères dépend des moniales, la prieure nomme le desservant. Elle est seigneur du village. Elle conserve ce droit jusqu’à la Révolution.

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Eglise paroissiale Saint-Christophe, Momères, Hautes-Pyrénées, XVIIe-XVIIIe siècles. C.P. Jedo, cliché Alix

1750 : Marie-Thérèse de Castelbajac devient prieure : « Donation par Manaud de Castelbajac, seigneur de la garde et de dame d’ Asson d’ Argellur, son épouse, la somme de 2000 livres aux dames du monastère de Momères et s’engage à payer annuellement une pension viagère à la dite demoiselle de Castelbajac, sa fille et ce durant sa vie ». les armes de Castelbajac se trouve dans l’église.

1780 : le fief des Cauats au prieur de Momères (canton Castelnau-Rivière-Basse), moulin des religieuses de Momères à Tarbes (actuellement le moulin de Lacaussade, le fief de Dingou au prieur de Momères à Horgues, le fief de Palanca au prieuré de Momères à Momères, le fief de Serrat au prieur de Momères à Horgues, le fief de Tuscarère au prieuré de Momères à Horgues, le fief de las Baiches au prieuré de Momères, le fief de la Devèze au prieur de Momères à Horgues[29].

 

Révolution Française

En 1789, la prieure dame Marie de Torné de Campan dirige 15 professes, 4 converses.

Les moniales se réfugient dans leurs familles et se dispersent dans le pays.

La vente du prieuré est faite le 22 février 1791. L’adjudication définitive a lieu le 8 avril 1793[30] par le Directoire du district de La Plaine à Claude Carrère de Momères pour 2400 livres[31]. Le 12 avril 1793, Il va « donner en ferme » la maison prieurale pour loger le curé de Momères.

27 mai 1791 : M. le maire a proposé d’acheter le moulin appartenant aux ci-devant religieuses.

Le moulin est adjugé, le 16 août 1791, pour 5000 livres à Claude Carrère de Momères au profit de la communauté. Il est affermé à Pierre Daré le 27 décembre de la même année.

10 octobre 1791 : Le maire cherche un nouveau pasteur après la mort de François Lartigue, dernier titulaire qui viendra prendre possession de l’église le 27 novembre 1791 et dira une messe paroissiale en présence du peuple assemblée. Il a prêté « serment en la forme prescrite par la loi »[32]. Ce moulin sur le canal occidental, propriété de la famille Clarac, fabrique toujours de la farine.

14 février 1792 : Josephe Lalanne, religieuse de l’Ordre de Fontevrault du lieu de Momères, déclare à la municipalité de Momères vouloir changer de maison pour raison de santé et ayant l’agrément de ses supérieures, de se rendre au Brouilh, maison du même ordre, dans le Gers.

19 août 1792, le conseil décide d’aller le dimanche 26 août d’aller à la chapelle de Pietat comme de coutume.

27 septembre 1792 : les Fontevristes de Momères voient leur revenu net liquidé par le département à la somme de 9 779 livres, 1 sol, 2 deniers[33]

Les 15,23 et 27 octobre sont vendus aux enchères tous les objets mobiles le tout pour 1463 livres et 4 sols.

Pour toucher leur pension, certaines prêtent le serment de liberté et d’égalité, mais ensuite, elles sont astreintes aussi à jurer sous peine de ne plus toucher leur pension à partir du 29 décembre 1793. 3 religieuses de chœur et converses font le serment devant le Conseil général de Tarbes.

21 Pluviôse an II (9 février1794): enlèvement de l’argenterie des églises à l’exception d’un ciboire et d’un calice

21 Ventôse an II (11 mars 1794): Marianne Courtade et Marie Broca, domiciliée à Momères, ci-devant converses, prêtent le serment de l’égalité et de liberté et de maintenir la république

3 Floréal an II (22 avril 1794): transport des fers de l’église, de la cure à Tarbes. Le prêtre Dominique Lacaze a déclaré qu’il a cessé ses fonctions depuis le 6 germinal et qu’il a remis les clefs de l’église et de la sacristie, qu’il s’est retiré au sein de sa famille pour y jouir de la qualité de citoyen et vivre sous l’obéissance de la loi.

20 floréal an II (9 mai 1794) : réquisition pour les hôpitaux des linges des églises et demande de remettre l’or et l’argent des églises ; tous les vases en argent de l’église et les linges seront remis au district de Tarbes[34].

 

Iconographie

 

Eglise paroissiale de Saint-Christophe, XVIIe-XVIIIe s.

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Eglise paroissiale Saint-Christophe de Momères, Hautes-Pyrénées. Photo JGE, 2002

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chevet de l’église paroissiale Saint-Christophe, Momères, Hautes-Pyrénées. C.P.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur une plaque apposée sur le mur extérieur de la nef de l’église « FONTEVRAULT ET MOMÈRES.

« Le couvent des Dames de Fontevrault existait déjà à Momères au XIIéme siècle. Au XIVéme il fut pillé par les guerres civiles, incendié en Août 1569 par les troupes huguenotes. En 1614, le Prieuré fut restauré. En 1622 les recrues affluent de toute la Gascogne. Après la suppression des ordres religieux et les lettres patentes du 19 Février 1790, l’adjudication du Prieuré eut lieu le 8 Avril 1793.

Subsistent du Prieuré des Dames Fontevristes de MOMÈRES, le Maitre Autel et le tabernacle en bois polychromé de notre Eglise paroissiale et quelques pans de murs dans les constructions baties sur son emplacement dans le quartier du COUVENT 

Saint BENOIT Priez pour Nous »

plaque commémorative, Momères

Plaque commémorative sur le mur de l’église paroissiale de Momères. Photo JGE, 2002

Dans l’église, il existe trois autels : le maître-autel avec à gauche une statue de Saint-Joseph, à droite une statue de Saint-Paul et une statue de la Vierge ; un autel latéral avec une statue de Sainte-Catherine ; des fonds baptismaux en marbre et un bénitier en marbre. Tous les objets sont revendiqués par différentes personnes de la paroisse. Le curé de Momères M. Cénac a donné lecture de la protestation suivante : « J’entends n’assister à cet inventaire qu’en qualité de témoins. Je fais toutes les réserves nécessaires quant aux conséquences qu’il pourrait avoir par rapport aux droits de propriété et d’administration appartenant au Conseil de fabrique »[35]. Tous les objets susnommés sont encore dans l’église de Momères.

Maître-autel

maître-autel, momères

Maitre-autel et retable provenant de l’ancien prieuré fontevriste de Momères, XVIIe siècle. Eglise paroissiale de Saint-Christophe, Momères, Hautes-Pyrénées. Photo JGE, 2002

 

 

 

Retable

retable, momères

Retable provenant de l’ancien prieuré fontevriste de Momères, XVIIe siècle. Eglise paroissiale Saint-Christophe, Momères, Hautes-Pyrénées. Photo JGE, 2002

 

 

Différents détails du retable provenant de l’ancien prieuré fontevriste de Momères. Eglise paroissiale Saint-Christophe, Momères, Hautes-Pyrénées. Photo JGE, 2002.

On ne sait si c’est Nicolas Liesse qui a sculpté le retable de Momères. Le sculpteur marseillais s’établit à Momères. Le 9/12/1679, dans le parloir du prieuré, Gabrielle Lacaze, prieure et 17 religieuses professes, vendent à Nicolas Liesse une maison couverte d’ardoise et une borde couverte de paille, avec le parc et le jardin, pour 550 livres. De plus, il s’engage à « faire quatre grands vases assortis et remplis de fruits et fleurs et autres ornements pour leur église, et pour être placés … sous le dai de la corniche ». Le 20 mars suivant, il délaisse l’immeuble des religieuses. Est-ce lui qui a sculpté l’autel et le tabernacle de l’église paroissiale de Momères ?[36].

Bénitier en marbre, provient-il de l’ancien prieuré fontevriste de Momères?

bénitier1

 

Musée Massey, Tarbes

 -Chapiteau de colonne du XIIe siècle, don du marquis de Palaminy, N° 48-49, provenant de l’ancien prieuré de Momères détruit en 1793[37].

 -Le moulin des Dames de Momères à Tarbes, huile sur toile de François Lastate[38], 1858.

moulin momères tarbes

François Lastate, « Moulin des Dames de Momères à Tarbes », huile sur toile, 1858. Tiré de « Des Moulins et des Canaux« , Musée Massey, Tarbes, 2010-2011.

 

 

Les restes du prieuré sont emportés par les inondations et coulée de boues de juin 1988, décembre1999 et janvier 2009.

pan de mur, momères1

Rares pans de murs qui restent du prieuré de Momères. Photo JGE, 2002.

 

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Personnage important

Bernadette Soubirou prend des vacances à Momères du lundi 3 octobre au samedi 19 novembre 1864, avant son départ pour Nevers.

 

 

 

Prieures

Jeanne de Rieutort 1200 Francez
Jeanne Petit 1525 Lardier, p. 600
Isabeau de Massencôme 1619 Francez
Brandelys de Saint-Lary

Ancienne prieure du Brouilh

1624 Francez
Gabrielle Lacaze, prieure et 17 religieuses professes 1679 Francez
Jeanne de Rieutort 1707 Francez
Marie-Thérèse de Castelbajac 1750
Marie de Torné de Campan 1789

 

Prieurs

Domenge de Vieuzac 1397
Jean de Baudéan 1493
Arnaud Guillaume de Baudéan 1505
Olivier Guesselin 1530
Jacques de Horgue-Lavedan 1544-1579

 

Liste des moniales à la Révolution[39]

Nom Lieu de naissance
Anne Cazaux de Mieussens Lascazères
Antoinette Sentilhes, converse St Martin de Bigorre
Barrière,converse Laloubère
Catherine Pécune Tarbes
Diana d’ Abadie, converse Bernac-Debat
Domengea de Peyret Tarbes
Elisabeth de Lussy Maubourguet
Gaudence de Binos de Bertren St Bertrand de Comminges
Henriette Abadie Tournay
Jacquette Sentilhes, converse St Martin de Bigorre
Jeanne Barrière Lascazères
Jeanne de Balen Horgues
Jeanne de Broca St Aunis
Jeanne de Pujo Vic Bigorre
Josèphe de Lassus Trébons de Bigorre
Marguerite de Binos St Bertrand de Comminges
Marianne Pène Salles-Adour
Marie de Torné Campan (prieure)
Marie Sorbet Villecomtal
Renée de Mérens St Sever de Rustan

 

Nombre de religieuses

 

1209 60 religieuses, 1 chapelain, 20 lais
1679 17 religieuses professes
1705 22 professes, 8 converses et 4 servantes 20 000 livres
1791 16 moniales, 4 converses 9779 livres

 

[1] FRANCEZ Jean, Le prieuré des dames de Fontevrault à Momères, p. 1.

[2][2] FRANCEZ Jean, op. cit., p. 1.

[3] BIENVENU, Thèse, p. 261.

[4] BIENVENU Jean-Marc, Thèse, p. 361.

[5] FERRAS Frère Vincent, Momères : le prieuré Sainte-Marie de l’ordre de Fontevraud, p. 81.

[6] DEGERT C.A, La désolation des églises, monastères et hôpitaux de Gascogne (1356-1378), Revue de Gascogne, Tome V, 1905.

[7] Archives du Vatican : Collectioriae, t. 36, fol. 189, verso.

[8] FRANCEZ Jean, op. cit., p. 1.

[9]LARDIER Jean, op. cit., p. 560.

[10] LARDIER, op. cit., p. 600.

[11] LARDIER, op.cit., p. 623.

[12] MAURAN Guillaume, Sommaire description du païs et comté de Bigorre, p. 124.

[13] POULAIN Jean, Dictionnaire de l’Ordre Fontevriste, p. 116.

[14] FRANCEZ Jean, op. cit., p. 5.

[15] LARDIER Jean, op. cit., p. 666.

[16] NICQUET, Honorat, Histoire de l’ordre de Font-Evraud, pp. 518-519.

[17] LARDIER Jean, La Saincte-Famille de Font-Evraud, p. 671.

[18] LARDIER Jean, La Saincte-Famille de Font-Evraud, p. 666.

[19] FRANCEZ Jean, op. cit., p. 5.

[20] Fille d’André de Monluc de Massencôme

[21] MELOT Michel, L’abbaye royale de Fontevraud de sa réforme à nos jours. Études archéologiques, Thèse de l’École des Chartes, Paris, 1967.

[22] LARDIER Jean, op. cit., p. 671.

[23] FRANCEZ Jean, op. cit., pp. 6-7.

[24] Des moulins et des canaux, Archives Municipales de Tarbes, Musée Massey, 2010-2011.

[25] CAUZERAN abbé Jean-Marie, Monsieur le comte de Mun : son origine, antiquité de sa famille, pp. 55, 58.

[26] A.D. Hautes Pyrénées, H 346 : terrier de Momères de Pierre Pourtant, 1722.

[27] FRANCEZ Jean, op. cit., p. 9.

[28] FRANCEZ Jean, op. cit., p. 9. A.D. M&L, 183 H 1.

[29] Dictionnaire topographique de la France, Dictionnaire des Hautes-Pyrénées, CTHS

[30] FERRAS Frère Vincent, op. cit., p. 82.

[31]FRANCEZ Jean, op. cit., p. 11. A.D. Hautes Pyrénées, Q 303.

[32] Registre de délibération du Conseil municipal de Momères, 1791-an II.

[33] A.D. Hautes Pyrénées, L 134.

[34] A.D. Hautes-Pyrénées, 313 E dépôt 2, 1791-An II : Registres de délibérations du Conseil municipal de Momères.

[35] A.D. Hautes-Pyrénées, V-359 : Inventaire de biens dépendant de la fabrique de Momères, 1906.

[36] FRANCEZ Jean, op. cit., p. 8.

[37] JUBINAL Achille, Catalogue du Musée de Tarbes, 1908, p. 111.

[38] Lastate François, 1812-1900.

[39] FERRAS Frère Vincent, op. cit., p. 82. A.D. Hautes-Pyrénées, C 264. Communauté religieuse, Société académique des Hautes-Pyrénées, pp. 420-431.